Ouvrir le menu principal

Arnaud Rykner

écrivain français
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Rykner.

Arnaud Rykner est un romancier, dramaturge, metteur en scène et essayiste français né en . Il est l'auteur de romans, de pièces de théâtre, ainsi que de plusieurs essais sur la littérature ou le théâtre parus chez José Corti et aux éditions du Seuil. Il est par ailleurs professeur à l'université Sorbonne-Nouvelle (Paris) après avoir longtemps dirigé le laboratoire L.L.A. « Lettres, Langages et Arts » de l'université de Toulouse[1],[2]. Spécialiste du nouveau roman, il a mené à bien plusieurs éditions critiques de l'œuvre de Nathalie Sarraute[3] et de celle de Marguerite Duras[4]. Ancien assistant, dramaturge et traducteur de Claude Régy, il est également metteur en scène (il a notamment monté des œuvres de Nathalie Sarraute, Dominique Hubin, Maurice Maeterlinck et Bernard-Marie Koltès). Il a été membre junior de l'Institut universitaire de France de 2002 à 2007, et en est membre senior depuis 2017.

BiographieModifier

Ancien élève de l'École normale supérieure, agrégé de Lettres, il publie à 22 ans Théâtre du Nouveau Roman (José Corti, 1988), son premier essai consacré aux œuvres de Robert Pinget, Marguerite Duras et Nathalie Sarraute[5]. La même année, quelques pages sur l'auteur d'Enfance, envoyées à Denis Roche (Le Seuil), qui lui passe commande d’un volume sur l’écrivain, vont permettre sa rencontre avec Sarraute. Leur amitié durera onze ans. Il sera l'un des collaborateurs de l'édition de son œuvre complète en dans la Bibliothèque de la Pléiade, où il édite son théâtre. C'est elle qui lui présente le metteur en scène Claude Régy, dont il connaît les mises en scène depuis longtemps. Il commence par retraduire avec lui Chutes de Gregory Motton et sera son assistant six ans durant, avant de monter ses propres spectacles.

Son premier roman, intitulé Mon roi et moi, paraît en 1999. Il sera suivi de Je ne viendrai pas (2000), aux éditions du Rouergue. Les deux livres, entre prose poétique, onirisme, fantastique, brouillent les frontières. Blanche, puis Nur (roman d’amour éperdu, « texte bref, fulgurant, volontiers incantatoire, s'écoute autant qu'il se lit », Michel Abescat, Télérama[6]. Le roman a été finaliste du deuxième Prix France-Culture/Télérama[7]), et Enfants perdus ouvrent une veine plus réaliste, jusqu’au Wagon (2006) qui nous plonge dans l’horreur de la déportation, éclairant en retour certains pans sombres des œuvres précédentes.

La Belle Image s'inspire de la rencontre réelle avec un ancien détenu qui, sorti de prison, subit une forme de double peine, qui le renvoie à son propre sentiment d'enfermement[8]. Dans la neige, paru en 2016, s'inspire « lointainement des derniers mois de l'écrivain suisse Robert Walser », dont il tente de restituer la fascination pour le « quelque chose de merveilleux à devenir idiot ». Comme l'écrit Muriel Steinmetz dans L'Humanité : « À lire Dans la neige, bref récit produit par une identité vacillante, on peut songer à Hölderlin dans sa tour, au Nerval d’Aurélia et pourquoi pas à la fin tragique de Kleist. Ce personnage saisi à bout touchant par Arnaud Rykner ne se prénomme pas Joseph par hasard. N’est-il pas celui qui, dans la Bible, fut vendu par ses frères ? Dans le roman, c’est sa sœur qui est la cause de l’enfermement. Le texte constitue une prouesse littéraire dans la mesure notamment où, au cours du mouvement d’oscillation de la psychose, sont mêlés les pronoms personnels. Celui qui dit rarement « je » passe donc sans crier gare du « on » au « il », voire à un verbe sans sujet propre »[9]).

Arnaud Rykner est lauréat de la Villa Kujoyama à Kyoto pour l'année 2019.

ŒuvreModifier

RomansModifier

ThéâtreModifier

EssaisModifier

  • Théâtre du Nouveau Roman : Sarraute, Pinget, Duras, Paris, José Corti Éditions, coll. « Les Essais », , 314 p. (ISBN 2-7143-0280-7)
  • Nathalie Sarraute, Paris, Éditions du Seuil, coll. « Les contemporains no 10 », , 205 p. (ISBN 2-02-010650-7)
  • L'Envers du théâtre. La dramaturgie du silence, de l'âge classique à Maeterlinck., Paris, José Corti Éditions, coll. « Les Essais », , 367 p. (ISBN 2-7143-0582-2)
  • Maurice Maeterlinck, Paris, Rome, Éditions Mémini, coll. « Bibliographie des écrivains français », , 657 p. (ISBN 88-86609-16-7)
  • Paroles perdues : faillite du langage et représentation, Paris, José Corti Éditions, coll. « Les Essais », , 318 p. (ISBN 2-7143-0734-5)
  • Pans : liberté de l'œuvre et résistance du texte, Paris, José Corti Éditions, coll. « Les Essais », , 232 p. (ISBN 2-7143-0838-4)
  • Nathalie Sarraute et la représentation, Lille, France, Roman 20-50 ( (ISSN 0295-5024)), coll. « Actes », (ISBN 978-2908481310)
    En collaboration avec Monique Gosselin-Noat
  • Penser par les images : Autour des travaux de Georges Didi-Huberman, Nantes, France, Éditions Cécile Defaut, , 204 p. (ISBN 978-2350180267)
  • « L’univers quantique de Marguerite Duras et la critique des dispositifs », dans Eva Ahlstedt et Catherine Bouthors-Paillart, Marguerite Duras et la pensée contemporaine, Göteborg, Suède, Romanica Gothoburgensia, (lire en ligne), p. 181-193.
  • Arnaud Rykner, « La pantomime comme réponse théâtrale aux nouvelles images dans la seconde moitié du XIXe siècle », dans Pierre Piret, La Littérature à l'ère de la reproductibilité technique. Discours, image, dispositif,, Paris, L'Harmattan, (ISBN 9782296056435), p. 151-167.
  • Arnaud Rykner (dir.), Pantomime et théâtre du corps. Le jeu du hors-texte, Rennes, France, Presses Universitaires de Rennes, coll. « Le spectaculaire. Série Théâtre », , 245 p. (ISBN 978-2-7535-0760-9)
  • Les Mots du théâtre, Toulouse, France, Presses Universitaires du Mirail, , 128 p. (ISBN 978-2-85816-961-0)
  • Corps obscènes. Pantomime, tableau vivant et autres images pas sages suivi de Note sur le dispositif, Paris, Orizons, coll. « Universités. Comparaisons », , 250 p. (ISBN 978-2-336-30021-4)

TraductionModifier

Mise en scèneModifier

  • Tropismes d'après Nathalie Sarraute, Cie Théâtre de l'Escalier, Théâtre du Maillon - Strasbourg (Festival "Turbulences"). Création 1995.
  • Aucun regard de Dominique Hubin, Cie Théâtre de l'Escalier, Théâtre National de Toulouse/Théâtre de la Cité - Toulouse. Création 1999.
  • Les Aveugles de Maurice Maeterlinck, Cie Théâtre de l'Escalier, Théâtre national de Toulouse/Théâtre de la Cité - Toulouse. Création 2001 [14].
  • Dans la solitude des champs de coton de Bernard-Marie Koltès, Compagnie Les Vagabonds, Théâtre Du Pave - Toulouse. Création 2010[15].

FilmographieModifier

  • Arnaud Rykner : Le Silence des mots. Réalisation : Hervé Gouault et Chris Thorp, 2012, 52 min[16].

Notes et référencesModifier

  1. « Laboratoire L.L.A. « Lettres, Langages et Arts » », sur lla-creatis.univ-tlse2.fr (consulté le 28 novembre 2010)
  2. « Source », sur lla-creatis.univ-tlse2.fr (consulté le 8 juillet 2010)
  3. Arnaud Rykner, Théâtre Notice générale. In Nathalie Sarraute. Œuvres complètes, Paris, Éditions Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1997
  4. « Arnaud Rykner : « L’œuvre de Duras change la vie » », sur radio.cz/fr (consulté le 14 décembre 2010)
  5. Source principale : Le Matricule des anges, Emmanuelle Laugier « Blanche », sur lmda.net (consulté le 17 décembre 2011)
  6. « Nur », sur telerama.fr (consulté le 16 décembre 2011)
  7. « Prix du livre France Culture-Télérama », sur evene.fr (consulté le 16 décembre 2011)
  8. https://www.lemonde.fr/livres/article/2013/09/25/arnaud-rykner-derriere-les-barreaux-mon-alter-ego_3484584_3260.html
  9. « Retour sur les pas effacés de Robert Walser », sur L'Humanité (consulté le 21 mars 2016)
  10. « Compagnie des Limbes, "Enfants perdus" d'Arnaud Rykner », sur compagniedeslimbes.free.fr (consulté le 15 novembre 2010)
  11. « Pierre Assouline, "Arnaud Rykner dans l'antichambre de la mort". », sur passouline.blog.lemonde.fr (consulté le 15 novembre 2010)
  12. « Le prix Jeand’Heurs à Arnaud Rykner », sur republicain-lorrain.fr (consulté le 28 novembre 2011)
  13. « Arnaud Rykner, "Pas savoir" », sur solitairesintempestifs.com (consulté le 15 décembre 2010)
  14. Lionel Ruffel, "Le reste en scène". In Alternatives théâtrales, n°73-74, Bruxelles, juillet 2002, p. 100-101.
  15. « La Solitude Des Champs De Coton à Toulouse », sur 31.agendaculturel.fr (consulté le 8 juillet 2010)
  16. http://www.midipyrenees.fr/IMG/pdf/PROGRAMME-VL-2013.pdf

Liens externesModifier