Archives secrètes de La Charité-sur-Loire

Les archives secrètes de La Charité-sur-Loire sont les archives secrètes du Grand quartier général français (GQG) découvertes par hasard le , en pleine déroute française, par les troupes allemandes, dans un train abandonné à La Charité-sur-Loire (voir : affaire de La Charité-sur-Loire).

HistoriqueModifier

Après la percée du front de l'Aisne le 9 juin 1940 et l'occupation de Rouen, le GQG effectue un mouvement de repli de La Ferté-sous-Jouarre à La Charité-sur-Loire.

Devant l'avancée allemande, le Quai d'Orsay et le GQG font transporter loin de Paris leurs archives et documents diplomatiques secrets[1], qui arrivent pour une partie dans 5 camions à Montrichard le 10 juin[2], une autre partie arrivant par train à Briare le 15 juin. Ce dernier envoi est séparé en 5 échelons : le premier échelon transportant des archives par camions et 4 autres par train, ayant pour départ Gien, qui devaient passer par Briare et La Charité-sur-Loire pour être ensuite dirigés vers Vichy.

Le dernier train, qui devait partir le 16 juin à h 10, ne part qu'à h 45 en raison de difficultés techniques. L'encombrement des voies rendant la marche extrêmement lente, il n'arrive à La Charité-sur-Loire qu'à 15 h, où il se trouve bloqué par les attaques de l'aviation allemande contre les ponts ferrés de la région. À 18 h 45, les blindés allemands arrivent à la gare et se saisissent du train[3].

Ils alertent alors le général-major Ulrich Liß (de) (Ulrich Liss)[4],[5], chef de la 3e section du GIc, l'un des services secrets de la Wehrmacht, qui fouille minutieusement le convoi et s'empare d'un butin stupéfiant : des documents confidentiels et secrets qui auraient dû être détruits, et dont le contenu est ensuite envoyé par l'occupant à Berlin.

Ces archives sont portées disparues à Berlin en 1945 avant de refaire surface près de 80 ans plus tard à Moscou dans celles du gouvernement russe.[réf. nécessaire]

Contenu des archivesModifier

Le volume 4 tome II des Documents diplomatiques français de 1940, publié par le ministère des Affaires étrangères, indique que la liste des documents saisis a été dactylographiée le 5 novembre 1940 sous le no 476/CFT. Parmi ces documents on peut citer :

  • le texte d'accord de la coopération de l'armée française avec l'armée belge daté du  ;
  • le détail de la couverture des troupes de l'Escaut daté du  ;
  • le programme d'action et les identités des agents spéciaux français en Roumanie, dirigés par Léon Wenger de la Pétrofina, chargés de détruire les installations pétrolières ravitaillant le Reich ;
  • les codes utilisés par les Alliés ;
  • une note confidentielle sur la conduite de la guerre, en particulier sur l'attitude à observer envers les pays neutres aidant l'Allemagne nazie comme la Suède en l'occurrence ;
  • une convention militaire française, secrète, avec la Suisse :
  • une note de l'attaché militaire de l'Ambassade de France de Moscou en 1940 sur la destruction des archives dans l'hypothèse d'une rupture des relations diplomatiques avec l'U.R.S.S. .

Notes et référencesModifier

  1. « Dossiers de La Charité-sur-Loire » [PDF] (consulté le ).
  2. « Moscou et nos archives » [PDF] (consulté le ).
  3. Documents diplomatiques français : 1940, tome II, volume 4, publié par le Ministère des Affaires étrangères, pages 869 à 87.
  4. (de) Rolf Düsterberg, Soldat und Kriegserlebnis : Deutsche militärische Erinnerungsliteratur (1945--1961) zum Zweiten Weltkrieg. Motive, Begriffe, Wertungen, Walter de Gruyter, , 395 p. (ISBN 978-3-11-096075-4, présentation en ligne)
  5. Il sera par la suite commandant de la 304e division d'infanterie.

Voir aussiModifier

Article connexeModifier

BibliographieModifier

  • Pierre Accoce et Pierre Quet, La Guerre a été gagnée en Suisse : l'affaire Roessler., Paris, Librairie académique Perrin, (réimpr. 1976), 317 p. (OCLC 462138706).
  • Documents diplomatiques français : 1940, tome II, volume 4 publié par Ministère des Affaires étrangères.

Lien externeModifier