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Approches épistémologiques de la sociologie

Article général Pour un article plus général, voir Sociologie.

On distingue à l'origine deux types d'approches méthodologiques en sociologie, l'approche holiste par opposition à l'approche ou atomiste. Il s'est toutefois dégagé un troisième type d'approche refusant d'adopter exclusivement la première ou la deuxième, mais jouant sur les deux niveaux d'analyse, l'interactionnisme structural. Ces différentes approches méthodologiques découlent de conceptualisations différentes de la société et de l'individu.

Sommaire

L'approche holistiqueModifier

Schématiquement, cela consiste à partir du général pour aller vers le particulier.

Comme représentants de l'approche méthodologique holistique, on reconnait Émile Durkheim et Karl Marx.

Pour Durkheim, et ceux qui se réclament de son héritage, la société est un holon, un tout qui est supérieur à la somme de ses parties, elle préexiste à l’individu et les individus sont régis par elle. Dans ce cadre, la société s'impose aux individus.

Selon ce point de vue, l'objet des recherches sociologiques est le fait social, qu'il faut traiter comme une réalité, sa cause devant être cherchée dans des faits sociaux antérieurs. Le fait social, qui fait l'objet d'une institutionnalisation, est extérieur à l’individu et exerce une contrainte sur ce dernier. Les individus sont donc encastrés dans des institutions qui elles-mêmes s'encastrent dans des structures encore plus vastes et anciennes. La sociologie est alors la science des régularités sociologiques dans lesquels se situent les phénomènes observables.

Marcel Mauss imprimera une inflexion significative à cette doctrine en arguant de la nécessité de décrire complètement et dans leur totalité les formes dans lesquelles le phénomène apparaît. Analyser le concret interdit de négliger la sensibilité au vécu.

L'approche atomistiqueModifier

Schématiquement, cela consiste à partir du particulier pour aller vers le général.

Développée par Max Weber qui induit que chaque individu est un atome social. Les atomes agissent en fonction de motifs, intérêts, d’émotions propres et sont liés aux autres atomes. Un système d'interactions constantes entre les atomes produit et reproduit la société, qui est un équilibre plus ou moins stable trouvé entre les individus, via la contingence des actions sociales.

Selon ce point de vue, l'objet des recherches sociologiques est le sens donné par l'acteur à son action sociale. Les acteurs n’agissent pas de façon mécanique, mais selon leur propres raisonnements. L’accent est porté sur la cause des actions sociales et le sens donné par les individus à leurs actions. On ne cherche plus des arrangements d’institutions mais un horizon de significations qui servent de références. L’institution est là mais elle sert les motifs et les intérêts des acteurs sociaux : c'est la « cage de fer » de la bureaucratie.

Vision contemporaineModifier

La plupart des études récentes en sociologie dépassent cette opposition entre holisme et atomisme, en étudiant l'articulation entre les deux (comment l'individu crée de l’institution et comment institution influence l'individu). Les courants actuels (sociologie pragmatique, ethnométhodologie, en sociologie des organisations, analyse des réseaux sociaux etc.) proposent autant de manière de penser ensemble atomisme et holisme.

De plus en plus de recherches varient les échelles d'analyse, passant du microsociologique, au mesosociologique et au macrosociologique[1].

Notes et référencesModifier

  1. Michel Grossetti, « L'espace à trois dimensions des phénomènes sociaux. Échelles d'action et d'analyse », SociologieS, Association internationales des sociologues de langue française (AISLF),‎ (ISSN 1992-2655, lire en ligne)

Voir aussiModifier