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Anomalocaris
Description de cette image, également commentée ci-après
Reconstitution d'un Anomalocaris par Nobu Tamura.
Classification
Règne Animalia
Embranchement Arthropoda
Classe  Dinocarida
Ordre  Radiodonta
Famille  Anomalocarididae

Genre

 Anomalocaris
Whiteaves, 1892

Espèces de rang inférieur

  • Anomalocaris saron
  • Anomalocaris canadensis
  • Anomalocaris briggsi
  • Anomalocaris lineata

Anomalocaris (littéralement « étrange crevette ») est un genre éteint d'arthropodes de la famille des Anomalocarididae. Le genre est présent dans le registre fossile de l’ère Paléozoïque, durant le Cambrien moyen, il y a environ 505 Ma.

Anomalocaris est le premier prédateur connu de l'histoire du vivant, et aussi le premier à disposer d'organes visuels complets.

Reconstrucción de Anomalocaris, según Allison C. Daley and Gregory D. Edgecombe (2014).jpg
Reconstruction d’Anomalocaris,
selon Allison C. Daley et Gregory D. Edgecombe (2014).
Burgess scale Cor.png
Taille d'Anomalocaris
par comparaison avec un humain.

Sommaire

FossilesModifier

Des restes d’Anomalocaris ont été découverts dans les schistes de Burgess (Faune de Burgess, Colombie-Britannique) au Canada, en Chine et en Australie.

 
Bouche et appendices préhensiles d’Anomalocaris.
Maquette de reconstitution.
 
Appendice préhensile antérieur d’Anomalocaris,
initialement interprété comme l'abdomen d'une crevette.
 
Fossile d’Anomalocaris en entier.

Historique et étymologieModifier

Les premiers fossiles découverts en 1886 et décrits en 1892 par J. F. Whiteaves furent classés dans des catégories différentes en raison de leur dispersion sur le site canadien : la bouche fut interprétée comme le corps d’une méduse et l’un des appendices préhensiles antérieurs comme un abdomen de crevette (d’où la dénomination Anomalocaris, « crevette étrange », caris signifiant crevette en grec)[1]. Les sclérites tégumentaires du corps furent pris pour ceux d’un concombre de mer. Rangés séparément en collection, ces fossiles y restèrent des décennies avant que Harry Whittington et Derek Briggs découvrent qu’ils étaient les organes d’un même animal de grande taille dans les années 1980[1],[2]. Depuis, des fossiles d’Anomalocaris plus complets et en connexion ont été découverts.

Le genre comptait des espèces pouvant atteindre un mètre de longueur, mais un genre voisin, les hurdidés de l’Ordovicien de Fezouata, Maroc, atteignait deux mètres[3]. Les anomalocaridés ont pu être soit prédateurs, soit charognards, soit omnivores. Dans le premier cas, cela ferait d'eux le premier gros prédateur de l'histoire car ils pouvaient atteindre près d'un mètre de longueur[4].

Évolution et morphologieModifier

Le bond évolutif de l’Explosion cambrienne a doté Anomalocaris des premiers organes visuels de grande taille : des yeux composés. Dotés de 16 000 facettes, longs de deux à trois centimètres[5], les yeux composés de l'anomalocaris sont remarquables pour leur grande taille.

Le corps long et étroit, recouvert d'un exosquelette sans minéraux, mais avec certains sclérosés[Quoi ?] (tels que ceux des appendices et des tissus de la bouche), est doté d'une bouche avec des dents, de pattes flexibles, de 28 nageoires latérales réparties par paires[6] et d'une longue queue en forme de V constituée de trois paires de lobes en position dorsolatérale, assurant probablement à l'animal une propulsion rapide dans l'eau[7].

Dans la culture populaireModifier

Dans la série Sur la terre des géants de la BBC (reconvertie en un téléfilm documentaire), la première partie présente des Anomalocaris et leur particularités évolutives, un combat entre deux individus est montré.

Dans la première partie du documentaire Voyage aux origines de la Terre de Yavar Abbas (2010), un Anomalocaris est vu en train de chasser des trilobites.

Dans l'univers Pokémon, Anorith et son évolution, Armaldo, sont inspirés de cette créature.

Dans le jeu Endless Ocean 2 (2009), les protagonistes peuvent débloquer la possibilité de voir cette créature après avoir terminé la sous-quête « Système Solaire », la troisième sous-quête de la quête « Voix du ciel nocturne ». Une voix dira d'aller dans la galerie sous-marine du château de Valka avec G.G, l'anomalocaris pourra dès lors être vu à travers les vitres aux emplacements B-2 et C-2. Dans le premier jeu, Endless Ocean (2007), l'Anomalocaris était déjà évoqué en tant que fossile en objets récupérables

L'Anomalocaris est présent dans l'application sur mobile « Jurassic Park Builder ».

L'Anomalocaris est présent dans le jeu Estrian Odyssey (2007).

Notes et référencesModifier

  1. a et b Stephen Jay Gould (trad. de l'anglais par Marcel Blanc), La vie est belle : Les surprises de l'évolution [« Wonderful Life »], Éditions du Seuil, , 469 p. (ISBN 978-2-02-035239-0), partie 3, « Anomalocaris ».
  2. Anne Lefèvre-Balleydier, Sur les traces des premiers êtres vivants, Science & Vie hors série no 245 Les Origines de la Vie, 2008, p. 21-27
  3. Les hurdidés étaient planctonophage filtreurs : découverts en 2011, ils sont décrits dans Nature de février 2015, sur [1]
  4. (en) C. Nedin, « Anomalocaris predation on nonmineralized and mineralized trilobites », Geology, vol. 27, no 11,‎ , p. 987–990 (DOI 10.1130/0091-7613(1999)027<0987:APONAM>2.3.CO;2)
  5. J.R. Paterson, D.C. García-Bellido, M.S.Y. Lee, G.A. Brock, J.B. Jago & G.D. Edgecombe, Acute vision in the giant Cambrian predatorAnomalocaris and the origin of compound eyes, Nature, Vol. 480, p.237, 2011. lire en ligne
  6. La vue perçante de l'ancienne terreur des mers , le Figaro.fr, publié le 07/12/2011.
  7. (en) H.B. Whittington, D.E.G. Briggs, « The largest Cambrian animal, Anomalocaris, Burgess Shale, British Columbia », Philosophical Transactions of the Royal Society B, vol. 309, no 1141,‎ , p. 569–609 (DOI 10.1098/rstb.1985.0096)

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

OuvragesModifier

"Préhistoire des dinosaures aux premiers hommes" de Tim Haines.

FilmographieModifier