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Anne Weber
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Biographie
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Prix littéraire Heimito von Doderer (en) ()
Prix Kranichsteiner (en) ()
Prix Johann-Heinrich-Voß pour la traduction ()Voir et modifier les données sur Wikidata
Anne Weber

Anne Weber, née en 1964 à Offenbach, est une écrivaine allemande qui vit à Paris depuis 1983. Elle écrit toujours deux versions, française et allemande, de ses livres. Elle est aussi traductrice littéraire dans les deux langues[1].

Sommaire

Œuvres en langue françaiseModifier

  • Ida invente la poudre, Le Seuil, Paris 1998
  • Première personne, Le Seuil, Paris 2001 = Erste Person. Frankfurt am Main 2002
  • Cerbère, Le Seuil, Paris 2003 = Besuch bei Zerberus. Frankfurt am Main 2004
  • Cendres & Métaux, Le Seuil, Paris 2006, 124 pages (ISBN 978-2-02084744-5)
  • Chers Oiseaux, Le Seuil, Paris 2006
  • Tous mes vœux Arles : Actes sud, 2010 = Luft und Liebe. S. Fischer Verlag, Frankfurt am Main 2010
  • Auguste Paris : Le Bruit du temps 2010 = August. Fischer Verlag, Frankfurt am Main 2011
  • Vallée des merveilles, Le Seuil, Paris 2012
  • Vaterland, Le Seuil, Paris 2015, 234 pages (ISBN 978-2-02-121-878-7)[2],[3],[4],[5]
  • Kirio, 2017, Le Seuil, 224 pages (ISBN 2021348156)

Œuvres en langue allemandeModifier

  • Ida erfindet das Schiesspulver, Suhrkamp, 1999
  • Im Anfang war, Suhrkamp, 2000
  • Erste Person, Suhrkamp, 2002
  • Besuch bei Zerberus, Suhrkamp, 2004
  • Gold im Mund, Suhrkamp, 2005
  • Luft und Liebe, S. Fischer Verlag, 2010
  • August, S. Fischer Verlag, 2010
  • Tal der Herrlichkeiten, S. Fischer Verlag, 2012
  • Ahnen, S. Fischer Verlag, 2015 (à paraître)

Traductions (choix)Modifier

Du français vers l'allemand :

  • Pierre Michon, Leben der kleinen Toten (Vies minuscules), Suhrkamp, 2004
  • Pierre Michon, Rimbaud der Sohn (Rimbaud le fils), Suhrkamp, 2008,
  • Marguerite Duras, Hefte aus Kriegszeiten (Cahiers de la guerre), Suhrkamp, 2007
  • Georges Perros, Luftschnappen war sein Beruf (Une vie ordinaire), Matthes & Seitz, 2012
  • Eric Chevillard, Krebs Nebel (La nébuleuse du Crab), diaphanes Verlag, 2013
  • Julia Deck : Viviane Elisabeth Fauville, Klaus Wagenbach Verlag, 2013
  • Pierre Michon : Körper des Königs (Corps du roi), Suhrkamp Verlag, 2015 (à paraître)

De l'allemand vers le français :

  • Jacob Burckhardt, Démétrios, Le preneur de villes, Le Promeneur, Gallimard, 1992
  • Hans Mayer, Walter Benjamin : Réflexions sur un contemporain, Le Promeneur, Gallimard, 1995
  • Melissa Müller, Anne Frank : biographie, Perrin, 2001
  • Birgit Vanderbeke, Devine ce que je vois, Stock, 2001
  • Wilhelm Genazino, Un parapluie pour ce jour-là, Christian Bourgois, 2002
  • Sibylle Lewitscharoff, Harald le courtois, Le Seuil, 2002
  • Wilhelm Genazino, Un appartement, une femme, un roman, Christian Bourgois, 2004
  • Wilhelm Genazino, La Stupeur amoureuse, Christian Bourgois éditeur, 2007
  • Peter Handke, entretien avec Peter Hamm, Vive les illusions !, Christian Bourgois éditeur, 2008
  • Wilhelm Genazino, Léger mal du pays, Christian Bourgois éditeur, 2008
  • Wilhelm Genazino, Le Bonheur par des temps éloignés du bonheur, Christian Bourgois éditeur, 2010
  • Marie-Luise Scherer, L'Accordéoniste, Actes Sud, 2010
  • Wilhelm Genazino : Une petite lumière dans le frigo, Christian Bourgois éditeur, 2012
  • Peter Handke : Une année dite au sortir de la nuit, Le Bruit du temps, 2012
  • Peter Handke : Souterrain-Blues : Un drame en vingt stations, joué dans la trad. d'A. Weber à la Comédie de Valence, dans une mise en scène de Christophe Perton, en 2012

Sur quelques livresModifier

Cendres & MétauxModifier

Cendres & Métaux est le nom de l'entreprise de matériel d'odontologie, installée dans une petite métropole suisse, où travaille (peut-être) dans un bureau paysager la narratrice anonyme. Divers événements surviennent qui troublent les pensées ou divagations du personnage : vues, sons (matériel électronique, conversations téléphoniques, sonneries, bâillements, éternuements), fenêtres, portes, soleil, directeur, voisins de bureau, oiseaux, lanternes, œuf brouillé décoratif, visages publicitaires, haricots sauteurs, or, cafard(s), ficus, fourmilière, hirondelles, hérisson, justice, hiérarchie, vent, lapin de Pâques, lecteur (attentes du), non-lecteur, auteur, Zurich, Dortmund, Chalon-sur-Saône, Clermont-Ferrand, capitalisme, cravate, boîtier de montre, écrivains renommés, lecteurs questionneurs en festival littéraire, page de livre, personnages de fiction...

VaterlandModifier

Une femme allemande, vivant en France depuis longtemps, née dans les années 60 (48 ans) à Offenbach, fait des recherches sur ses ancêtres, dont son père, déjà vieillard, ne lui a pratiquement pas parlé. Le texte accompagne les recherches (internet, archives), les interrogations, les visites, les questionnements aux historiens, aux amis et au père.

L'arrière-grand-père, Florens Christian Rang (1864-1924), ici surnommé Sanderling (bécasseau), docteur en droit à Cologne, muté en 1890 à Posen (Poznań), alors Ostmark (Marche de l'Est saxonne), région de Pologne annexée par la Prusse en 1815, fait partie de ces fonctionnaires de la germanitude et de la germanisation (Drang nach Osten) de ce peuple arriéré et inférieur (p. 33). Il ne parle pas polonais au début, s'amourache d'une polonaise, puis d'une allemande, puis épouse Emma. Le doyen protestant de Posen le persuade de faire des études de pasteur à Greifswald, auprès du professeur de théologie Hermann Cremer. Il finit par se faire muter au village de Połajewo. Il a des amis juifs, comme Martin Buber, Walter benjamin, Gershom Scholem, Franz Rosenzweig, Hugo von Hofmannsthal, les Gutkind... Il a publié un essai sur Kleist, une Fabrique allemande (Deutsche Blauhütte, 1924), et commencé un essai inachevé, Règlement de comptes avec Dieu. Il a passé ses dernières années, à partir de 1920, à Braunfels-an-der-Lahn, près de Hadamar, dont l'hôpital psychiatrique a été par la suite centre d'euthanasie (Hadamar (Aktion T4)).

De ses trois fils, l'aîné, Wilhelm, est mort à la guerre en Champagne en 1915. Des deux cadets jumeaux, nés vers 1895, l'un est revenu tuberculeux de la guerre, un peu plante, universitaire, rétrogradé simple professeur de lycée, et l'autre, le grand-père, docteur en philosophie, directeur de la bibliothèque municipale de Bielefeld, avec accointances à la SA et aux services secrets de la SS : mouillé jusqu'à l'os (p. 90), nazi convaincu, ardent nazi, pas un suiveur.

Le père, né en 1928, mobilisé en 1944, arrêté, interné, libéré après une année de camp, ne se fait plus d'illusion ni sur son père (trop diabolisé) ni sur son grand-père (trop idéalisé).

Dans cette famille de lettrés, on se réfère à Nietzsche, Schopenhauer, Cervantès, Flaubert, Hölderlin, Kleist, Novalis, Chamisso, Mickiewicz, Czeslaw Milosz, B. Traven, Susan Sontag, Gottfried Keller, Hermann Hesse, Gutenberg, Kafka, Stefan George, Otto Dov Kulka, Mâitre Eckarrt, Ernst von Salomon, Ernst Jünger, Gerhart Hauptmann, Goethe, Roman Rolland, Darwin, Max Scheler, Stefan Lohner, mais aussi à Mozart, à Chaplin, à Shoah (film), à La Grande Illusion de Jean Renoir, à August Sander, à Wilhelm Leibl, à la Melanchoilia (pl) de Jacek Malczewski.

L'enquête personnelle creuse la part obscure de l’âme allemande (nous), véritable Janus, prêt à une soif de sang cannibale, ou à suivre telle procession des morts, de tous les morts sans partage.

KirioModifier

Kirio est un personnage réputé réel, dont la biographie par divers narrateurs réputés réels (sa mère, un professeur, Clémentine Ordinaire, Héloïse Pasquier, Marcel Détrais, Brice Délisse...), et un narrateur général assez rétif. Kirio est tout et rien, ange, marginal, saint, simplet, faiseur de roue, joueur de flûte, sauteur de fond, marcheur sur les mains, donneur de paroles (aux pierres, aux chauves-souris, propagateur de joie (p. 120)[6],[7]...

NotesModifier

Voir aussiModifier

BibliographieModifier