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André Bolduc

économiste canadien

BiographieModifier

Né en Beauce, Bolduc entreprend des études en sciences économiques à l'Université Laval. Étudiant stagiaire pour la Quebec Power en plein débat public sur l'étatisation des compagnies privées d'électricité, à l'automne 1962 — un débat qu'il dit avoir vécu «intensément» —, il obtient un poste au siège social d'Hydro-Québec dès la fin de ses études, en 1963. Sous la direction du commissaire Jean-Paul Gignac, il travaille d'abord à l'élaboration de la politique d'achat de la société d'État. Il se joint ensuite au service des Études de marché de l'entreprise, où il touche à l'analyse régionale, aux prévisions de ventes et de revenus et aux études de marché[1].

En 1969, il dirige les Éditions Commerce, une maison spécialisée dans l'édition d'ouvrages économiques et de techniques administratives. Parallèlement à cette activité, il enseigne l'économie politique à l'École des hautes études commerciales de Montréal, puis devient responsable de la planification à la Régie de l'assurance maladie du Québec[1].

De retour à Hydro-Québec en 1975, il est affecté au bureau du vice-président Information et Affaires publiques de la société d'État, Marcel Couture. À ce titre, il coordonnera les comparutions des dirigeants aux commissions parlementaires de l'Assemblée nationale et à la préparation des rapports annuels de l'entreprise. À la même époque, il commencera sa collaboration au magazine FORCES, dirigé par Couture.

Québec, un siècle d'électricitéModifier

Toujours employé de la vice-présidence Information et Affaires publiques d'Hydro-Québec, Bolduc collaborera avec l'ancien journaliste du Devoir, Clarence Hogue, et l'économiste Daniel Larouche, à la rédaction de la première édition de Québec, un siècle d'électricité, dont la parution coïncide avec la mise en service de la centrale La Grande-2 à la fin de 1979. Le livre, «qui connut une diffusion relativement grande»[2], suit l'évolution de l'industrie électrique québécoise depuis ses origines, vers la fin de la décennie 1870 jusqu'aux années 1970.

Dans une recension de l'ouvrage publiée dans la Revue d'histoire de l'Amérique française, Pierre Lanthier de l'Université du Québec à Trois-Rivières note une cassure entre la partie de l'ouvrage consacrée aux prédécesseurs de la nationalisation, rédigée par Hogue, et celle Bolduc et Larouche, qui décrit l'histoire d'Hydro-Québec depuis sa création. Il écrit:

« D'ailleurs, le présent ouvrage constitue en lui-même un fidèle reflet de cette mutation sociale et idéologique: en passant d'une section à l'autre et, donc, du premier des auteurs aux suivants, ne voit-on pas se succéder deux mentalités fort distinctes, celle de la petite bourgeoisie canadienne-française méfiante vis-à-vis de l'«étranger», et celle de la bureaucratie québécoise, fière de ce qu'elle a accompli, mais accablée par les lourdeurs administratives qui créent une distance entre elle et la population? »

— Lanthier 1980, p. 457

Ce livre fait «la transition entre les deux grandes périodes de l'historiographie de l'électricité québécoise», souligne l'historien économique Claude Bellavance (1994) dans la monographie qu'il consacre à la Shawinigan Water and Power Company. L'auteur note par ailleurs que la partie de l'ouvrage rédigée par Bolduc et Larouche, consacrée aux réalisations d'Hydro-Québec depuis 1944, ouvre un champ de recherche relativement nouveau dans le champ des études sur l'hydroélectricité au Québec[3].

Après le décès de Hogue en 1980, le livre sera réédité à deux reprises: en 1984, à l'occasion du 40e anniversaire de la création d'Hydro-Québec et cinq ans plus tard, sous un nouveau titre : Hydro-Québec: l'héritage d'un siècle d'électricité. Dans leur préface à la troisième édition «condensée et mise à jour», Bolduc et Larouche conviennent avec Lanthier de la coupure entre les deux parties de l'ouvrage et avouent qu'ils étaient conscients de l'ambiguïté provoquée par le fait qu'ils étaient fonctionnaires de l'entreprise publique. Les auteurs soulignent toutefois que la haute direction d'Hydro-Québec a encouragé la publication de l'ouvrage «sans en avoir sanctionné le contenu, sans même l'avoir connu au préalable»[4].

ŒuvresModifier

Notes et référencesModifier

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

BibliographieModifier

  • Claude Bellavance, Shawinigan Water and Power (1898-1963) : Formation et déclin d'un groupe industriel au Québec, Montréal, Boréal, , 446 p. (ISBN 2-89052-586-4)
  • Pierre Lanthier, « HOGUE, Clarence, André BOLDUC et Daniel LAROUCHE, Québec, un siècle d’électricité. Montréal, Éditions Libre Expression, 1979. 415 p. $65.00. », Revue d'histoire de l'Amérique française, vol. 34, no 3,‎ , p. 454-457 (lire en ligne)

Liens externesModifier