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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bonnet.
Amédée Bonnet
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Cimetière de Loyasse - Amédée Bonnet.jpg
Vue de la sépulture.

Amédée Bonnet (1809-1858) est un médecin français, chirurgien de l'Hôtel-Dieu de Lyon, membre de l’Académie de médecine ; il est l’un des précurseurs de la chirurgie orthopédique.

Sommaire

BiographieModifier

Amédée Bonnet est né à Ambérieu-en-Bugey (Ain) le  ; après des études au collège de Belley (Ain), il s’installa à Lyon, où il obtint en 1825, le titre de bachelier ès lettres, puis à Grenoble, l’année suivante où il décrocha le baccalauréat ès sciences.

Suivant une tradition familiale - son père Joseph Bonnet (1760-1839) était médecin, juge de paix et percepteur à Ambérieu)- il s’orienta vers la médecine ; à l’issue d’une année préparatoire à Lyon, il gagna la capitale où il est accueilli par Richerand, chirurgien à l'hôpital Saint-Louis et ami du père d'Amédée : externe des Hôpitaux de Paris en 1827, interne en 1828 (il est major de la promotion et n'a alors que 19 ans), il obtint en 1831 le Grand Prix, la médaille d’or, de l’École pratique. Cette distinction attira l’attention sur lui et en particulier celle d’Armand Trousseau qui le choisit comme collaborateur.

Le 18 août 1832, il soutint sa thèse de doctorat intitulée « Recherches sur quelques points de physiologie et de pathologie, tels que la surdité, les luxations, le mouvement des cotes, le siège des rhumatismes ». Il la dédiait non seulement à Trousseau mais aussi à Richerand et Récamier qui, en toute solidarité bugiste, l'avaient aidé au cours de ses études.

Muni de son diplôme de docteur en médecine, Amédée Bonnet continua à étudier à Paris, lorsque le poste de chirurgien-major de l’Hôtel-Dieu de Lyon[1] fut mis au concours[2] en mai 1833 ; à l’issue des épreuves, A. Bonnet fut nommé chirurgien aide-major de l’Hôtel-Dieu, pour remplacer M. Bajard, dont les fonctions prenaient fin le 31 décembre 1837.

Alors qu'il est jeune chirurgien aide-major, au moment de la deuxième révolte des canuts en 1834, il n'hésite pas à braver l'interdiction de quitter l'Hôtel-Dieu écrite dans le règlement et à risquer une révocation, pour aller soigner les insurgés blessés et réfugiés dans l'église Saint-Bonaventure. Il y reste deux jours avant de s'opposer à l'entrée des soldats dans l'église[3].

Chirurgien-major depuis le , il fut nommé à la même date professeur de clinique chirurgicale à l’École Préparatoire de Lyon ; malgré une intense activité chirurgicale et les obligations liées à ses cours, il trouva le temps de publier de nombreux mémoires : « Fractures du col du fémur et de l’humérus 1839 », « Cure radicale des varices 1839 », « Lithotritie 1842 ».

Après la fin de ses fonctions de chirurgien-major en 1843, il poursuivit son activité hospitalière en qualité de professeur de clinique chirurgicale et cela jusqu'à sa mort en 1858. Il avait une passion pour l'enseignement « /.../ personne ne se lassait d’un enseignement toujours préparé avec soins, clair, méthodique et dans lequel on récoltait sans fatigue le fruit d’une raison supérieure et d’une vaste expérience (J. Garin)[4]. »

C’est à l’issue d’un séjour à Naples en 1858, à l’invitation de l’un de ses collègues, le professeur Palacciano, qu’il ressenti les premières douleurs lombaires qui devaient aboutir à une paraplégie courant novembre ; la nouvelle, répandue dans toute la ville, causa une consternation générale. À la nouvelle de la maladie d'Amédée Bonnet, le maréchal de Castellane lui-même, gouverneur de la ville, et dont le quartier général était proche du domicile du célèbre médecin, fit étendre de la paille dans les rues avoisinantes pour assourdir le bruit des sabots des chevaux et supprimer les sonneries du clairon du salut aux couleurs[5]. Le malade trouve la force de signer sa lettre de remerciements le 26 novembre[6]. Amédée Bonnet meurt à 49 ans, le , à Lyon.

Tous les journaux scientifiques consacrèrent des articles au chirurgien disparu et dans toutes les sociétés savantes dont il était membre, des éloges furent prononcées.

 
Statue d'Amédée Bonnet

Une souscription publique fut ouverte pour élever un monument à sa mémoire : le 2 juillet 1862, fut inaugurée dans la cour Saint-Martin de l'Hôtel-Dieu la statue en pied d’Amédée Bonnet[7], réalisée par le sculpteur Guillaume Bonnet (1820-1873). En 2018, après les nouveaux aménagements de l'Hôtel Dieu, une place portant le nom du chirurgien est créée avec sa statue au centre. Le 6 juin 1909, une plaque commémorative fut apposée sur la maison d’Ambérieu, où il vit le jour : un émouvant hommage lui fut rendu à cette occasion. Un buste du médecin est disposé à la mairie de la commune[7].

On connaît également l'existence d'un médaillon en plâtre à son effigie. Il a été réalisé par le sculpteur François-Felix Roubaud en 1857 et se trouve aujourd'hui au musée des Beaux-Arts de Lyon[8].

PublicationsModifier

 
Amédée Bonnet, Collection de portraits, Edition Deschiens, s.d., Photographe : Dolard

Le premier ouvrage important fut publié en 1841 : « Traité des sections tendineuses et musculaires ». Ce traité fit sensation à l’époque, car il évoquait la possibilités de traiter des pathologies qui ne menaçaient pas l’existence et qui étaient considérées jusqu’alors au-delà des ressources thérapeutiques, ce qui est le cas du strabisme, des pieds bots ou les déformations des genoux. C’est à partir de 1843, dégagé de plusieurs fonctions, qu’il élabora ses ouvrages sur les « Maladies articulaires » ; le premier de ces ouvrages lui valut la croix de chevalier de la Légion d’Honneur (25 avril 1847), le second fut couronné par l’Académie des Sciences et lui permit d’obtenir le titre de membre correspondant de l’Institut le 23 avril 1854, en succédant à Mathieu Orfila. Ses travaux, en particulier ceux concernant les immobilisations articulaires ont jeté la base de la chirurgie orthopédique ; Louis Léopold Ollier (1830-1900), qui est considéré comme le créateur de la chirurgie orthopédique moderne fut l’un de ses élèves. (Il occupa d’ailleurs le poste de chirurgien-major de l’Hôtel-Dieu de Lyon à partir de 1860).

Déjà membre correspondant de l’Académie Royale de Médecine depuis 1840, il devint associé national de l’Académie Impériale de Médecine, le 16 août 1857. En août 1858, la Société de Chirurgie de Paris, le nomma membre correspondant.

À côté de ses activités médicales, A. Bonnet fut élu président de l’Académie des sciences, belles-lettres et arts de Lyon en 1856 et 1857 et nommé membre correspondant ou associé de diverses sociétés savantes européennes.

Il publia de nombreux articles dont « Influence des lettres et des sciences sur l’éducation » en janvier 1855 : « Du vrai au bien dit-il, il n’y a qu’un pas, tant le rapprochement est intime entre ce qui éclaire notre esprit et ce qui moralise notre cœur » : cette pensée éclaire les nobles aspirations de toute sa vie et il qualifiait cette partie de son œuvre de « médico-morale ». Un second discours, daté de juin 1858 (« De l’oisiveté de la jeunesse dans les classes riches ») constituait un avertissement à la jeunesse dorée et « nul n’a mieux prouvé que là où la vie est oisive, il y a des risques d’instabilité et de ruine (M. Patel)[9]. »

Notes et référencesModifier

  1. Un seul chirurgien-major, suppléé par un aide-major, s'occupe de quatre cents lits de chirurgie ; il est chargé de la surveillance des 17 élèves-internes, y compris ceux de médecine. Celui-ci doit rester célibataire le temps de sa fonction (jusqu'en 1879), et doit loger à l'hôpital (logement libre en ville à partir de 1885).
  2. Les épreuves se déroulèrent du 20 au 28 mai 1833 ; les candidats étaient au nombre de trois (Bonnet, Cobral et Pieffer) ; première question: De l'anthrax et de la pustule maligne, seconde question: De la phlébite, troisième question : Description des vois urinaires ; épreuve : Désarticulation de l'épaule.
  3. H. Pansu, ouvrage cité, T. II, p. 388-389.
  4. Journal l’Illustration 28 janvier 1859
  5. D'après Maurice Patel, lettre à l'Académie de Lyon, 1954.
  6. Cette lettre et la réponse du maréchal sont publiées dans D. Pézerat et J. Galard, Petite chronique de la famille Bonnet, p. 50-51.
  7. a et b Fischer 1996, p. 449
  8. Barbillon, Claire, et Musée des beaux-arts (Lyon, France),, Sculptures du XVIIe au XXe siècle : Musée des beaux-arts de Lyon (ISBN 9782757212691 et 2757212699, OCLC 1007810976, lire en ligne)
  9. Biographies médicales no 7 (juillet 1935)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • Joseph Garin, Le Docteur Bonnet : sa vie et ses funérailles, Lyon, A. Vingtrinier, 1859 (OCLC 492628107).
  • Collectif, Inauguration de la statue du docteur Bonnet à Lyon en 1862 : Discours prononcés à cette cérémonie, 1862 (OCLC 37444312).
  • Jacques de Fourmestraux, Histoire de la chirurgie française : 1790-1920, Masson & Cie, Paris, 1934.
  • Maurice Patel, « Amédée Bonnet : 1809-1858 », extrait de Biographies médicales : notes pour servir à l'histoire de la médecine et des grands médecins, 9e année, no 7, juillet 1935, Paris, J-B. Baillère et fils, 1935 (OCLC 495441457).
  • Jules Guiart, L’École médicale lyonnaise : catalogue commenté de la section régionale du musée historique de la faculté mixte de médecine et de pharmacie de Lyon, Paris, Masson & Cie, 1941.
  • M. Charotte, Biographie d'Amédée Bonnet, novateur de la chirurgie ostéo-articulaire 1809-1858, Thèse de médecine, Lyon 1980, inspirée par L. Fischer.
  • Henri Pansu, Claude-Joseph Bonnet : Soierie et société à Lyon et en Bugey au XIXe siècle, t. 1, 2003 (ISBN 2-9508612-4-5), p. 150-153 et t. 2, 2006, (ISBN 2-9508612-7-X), p. 388-397, Lyon et Jujurieux.
  • Louis P. Fischer, « Amédée Bonnet : Chirurgien major de l'Hôtel-Dieu de Lyon, novateur de la chirurgie ostéo-articluaire et homme de lettres », Histoire des sciences médicales, t. XXX, no 4,‎ , p. 449-458

Liens externesModifier