Albert Féquant

aviateur français

Albert Féquant
Naissance
9e arrondissement de Paris
Décès

Mort au combat
Origine Drapeau de la France France
Arme infanterie
Grade capitaine
Années de service 1905-1915
Conflits Première Guerre mondiale

Albert Féquant, né le [1] dans le 9e arrondissement de Paris et mort pour la France le entre Sarrebruck (Allemagne) et Nancy (Meurthe-et-Moselle)[2],[3], était un militaire français, pionnier de l’aviation.

BiographieModifier

Albert Féquant est né le à Paris (Seine). Il est le fils de Rémy Féquant et de Berthe Chartier de la Touche, domiciliés 12 rue de la Victoire à Paris. Il appartient à la classe 1906, et est inscrit au recrutement du 3ème bureau de la Seine sous le numéro matricule 1308[2],[4].

Admis à l'École spéciale militaire de Saint-Cyr[1], dans la promotion 1905-1907[3], il souscrit, comme la réglementation l’impose alors, un engagement volontaire comme simple soldat le . Il est nommé caporal, le , et sergent le . À l’issue de sa scolarité, il est nommé sous-lieutenant[1] et affecté au 145e régiment d'infanterie, le . Il est nommé lieutenant le [2],[4].

Il fait partie, en , du tout premier contingent d’officiers volontaires pour recevoir une formation de pilote. Dix volontaires sont recrutés parmi les officiers des différentes armes : trois pour l’artillerie (Louis Madiot, Félix Marie[réf. nécessaire][pas clair] et Georges Bellenger), trois pour l’infanterie (Pierre Clavenad, René Jost et Albert Féquant), un pour l’infanterie coloniale (Marcel Sido), et trois pour le Génie (Albert Étévé, Paul Aquaviva et Félix Camerman). Ils sont dirigés vers les écoles de pilotage civiles existantes[4]. Albert Féquant apprend, à l'école Farman de Châlons[1], le maniement des appareils achetés par l'armée. Il obtient le son brevet de pilote civil (numéro 63)[1] décerné par délivré par l'Aéro-Club de France[5] et reçoit les félicitations du Ministre de la Guerre, le . Il recevra le brevet de pilote militaire (numéro 49) le [4]. Il est affecté comme observateur dans une escadrille de bombardement[3], la VB 102 qui vole sur avions Voisin frères[5].

Pilote de recordsModifier

En 1910, le lieutenant Féquant prend part au meeting de Reims, au Circuit de l'Est et à la Semaine de Bordeaux. Il y remporte les prix réservés aux militaires[5].

Il bat le record du monde de distance parcourue à deux sans escale le . Ayant déjà volé, le , au-dessus de la campagne de Mourmelon sur 98 km avec un passager, Albert Féquant réalise son record du avec comme passager le capitaine Charles Marconnet[1]. Les aviateurs relient Mourmelon (camp de Châlons) à Vincennes, soit 160 km en 2 heures 30 minutes de vol[3],[5]. Détail important : n'y avait pas de place pour un passager sur cet avion. Le capitaine Marconnet s'est donc assis derrière le pilote en s'accrochant comme il pouvait[3].

Ce raid, accompli sans incident et au cours duquel furent prises les premières photographies de reconnaissance aérienne[1], a un grand retentissement, et il contribua au développement de l'aviation militaire naissante. À la suite de cet exploit, le lieutenant Féquant et le capitaine Marconnet sont faits chevaliers de la Légion d'Honneur. Ce sont les deux premiers aviateurs militaires décorés. De plus, l'Aéro-Club de France leur décerne sa grande médaille d'or[1],[5].

Première Guerre mondialeModifier

Albert Féquant reste dans l'aviation jusqu'en 1913[5]. Il est affecté au 144e régiment d'infanterie, le , puis affecté au 25e bataillon de sapeurs aérostiers du 1er régiment du génie, et placé en position de hors cadre aéronautique le . Il est affecté au 72e régiment d'infanterie, le , et au 2e groupe aéronautique de Reims, le [4].

Il reprend ensuite du service dans l'infanterie, mais dès le début de la guerre, on fait appel à lui pour effectuer des reconnaissances stratégiques en Belgique[1]. Il découvre et signale le le mouvement des armées allemandes qui, après avoir franchi la Meuse, traversent la Belgique en colonnes denses pour déborder la gauche des armées françaises[1]. Il joue ensuite un rôle important en contribuant à l'organisation des unités de bombardement[1]. Pendant la première bataille de la Marne, il fait ressortir l'efficacité des bombardements aériens en lançant des obus sur des formations de la garde royale prussienne, dont une compagnie entière fut décimée par un de ses projectiles presque sous les yeux du Kronprinz, à Revigny[1],[5].

Il reçoit deux citations à l'ordre de l'armée, la première en date du , la seconde en date du . Affecté comme observateur à l'escadrille VB 2 / VB 102 de au , il est nommé capitaine à titre définitif, le [4]. Il prend part à tous les bombardements à longue portée qui eurent lieu en 1915 sur Ludwigshafen, Karlsruhe, etc[1]|[5].

DisparitionModifier

Il est tué le [1] de trois balles dans la tête au cours d'un combat aérien contre deux Aviatik, au retour d'un bombardement sur Sarrebruck (Allemagne)[1], entre Sarrebruck et Nancy (plateau de Malzéville). L’avion est sauvé par l’intervention du frère d’Albert Féquant, le capitaine Philippe Féquant (futur général et Chef d'état-major de l'Armée de l'air en 1936-1938), qui sert dans l’escadrille VB 101 basée sur le même terrain. Son mitrailleur abat un des Aviatik et met l’autre en fuite. Le pilote du capitaine Albert Féquant (sergent-pilote Niox) réussit à ramener au terrain son appareil, en agrippant le corps de son chef pour éviter qu’il bascule dans le vide. Le capitaine Féquant est descendu de son avion devant ses subordonnés consternés. Un tableau exposé au Musée des Invalides reproduit la scène de ce tragique retour[4],[5],[6]. Il est cite à l'ordre de l'armée, à titre posthume, le [4].

DistinctionsModifier

  •   Chevalier de la Légion d'honneur (décret du )[2],[3],[4].
  • Grande médaille d'or de l'Aéro-Club de France[5].
  • Deux citations à l'ordre de l'armée de son vivant ( et )[4].
  • Citation à l'ordre de l'armée, à titre posthume, le [4].

Notes et référencesModifier

  1. a b c d e f g h i j k l m n et o Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 375.
  2. a b c et d « LH/955/8 », sur base de données Léonore (Légion d'honneur) (consulté le 21 août 2018).
  3. a b c d e et f « Albert FEQUANT (1886-1915) Officier d'aviation », sur Histoire d'Ancêtres. Recherches généalogiques, (consulté le 21 août 2018).
  4. a b c d e f g h i j et k Albin Denis, « Les débuts de l'aviation militaire française – Année 1909 » (consulté le 21 août 2018).
  5. a b c d e f g h i et j « Féquant Albert », sur As oubliés 14-18, (consulté le 21 août 2018).
  6. « Un drame dans les airs », Les Annales politiques et littéraires, no 1720,‎ , p. 674-675 (lire en ligne).

BibliographieModifier

  • Bernard Marck, Dictionnaire universel de l'aviation, Tallandier, , 1129 p. (ISBN 2-84734-060-2), p. 375.
  • « Un drame dans les airs », Les Annales politiques et littéraires, no 1720,‎ , p. 674-675 (lire en ligne).

Liens externesModifier