Aimé-François Legendre

explorateur français
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Aimé-François Legendre
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Aimé-François Legendre, né le , décédé le , est un médecin et explorateur français de la Chine.

BiographieModifier

Le Dr Aimé-François Legendre est né le à Saint-Quay Portrieux (22), fils de Jean-Marie Legendre et de son épouse, née Anne-Marie Botrel..

Il suit les cours et devient diplômé de l'école de Santé navale (École principale du service de santé de la Marine) de Bordeaux. Par la suite, il est d’abord médecin des troupes coloniales et sert au Tonkin.

Il est ensuite détaché en Chine, au consulat de France à Chengdu (Tchen Tu ou Tchentou en français de l'époque), capitale de la province du Sichuan. Là, avec le soutien du consul de France, il fonde une École de médecine impériale, dans laquelle une mission médicale française permanente, comptant de nombreux médecins militaires, sera maintenue jusqu’en 1927. Parallèlement, pendant environ dix années (1902-1912), Il explore l’ouest chinois : Sichuan, Kientchang et Lolotie, Yunnan et massif du Kin-Ho, explorations qu'il décrira ensuite dans trois livres (cf infra), dont certains ont été réédités en français ou en anglais. L'époque est extrêmement troublée, le pays étant régulièrement ravagé par des bandes armées. En - année de la nouvelle république de Sun Yat-sen - il est sauvé de la mort avec ses compagnons, grâce à l'intervention auprès des autorités du Père Bourgain, provicaire du vicariat apostolique du Kientchang.

En 1911, il lance aussi la fondation du premier établissement de l'Institut Pasteur en Chine, également à Chengdu.

Le journaliste et écrivain Lucien Bodard, dans le premier livre de sa trilogie familiale, Monsieur le consul, à propos de ses souvenirs d'enfance et de son père qui était consul de France en Chine, décrit ainsi avec humour les médecins français qui étaient détachés à Chengdu, comme le furent Aimé-François Legendre puis son frère Jean:

«….Les docteurs sont de bons lurons. Ils dirigent un institut français qui fabrique des sérums, au-delà des remparts. Que vient faire, dans ce Sseu Tchouan si éloigné de tout, cet établissement caractéristique de la bonne France coloniale de la IIIe République ? Sans doute a-t-on pensé que là, à Tcheng Tu, dans la Chine la plus profonde, la Chine la plus chargée d’hommes, il devait y avoir beaucoup d’épidémies. C’était l’occasion de faire le bien en attendant de faire le chemin de fer. On a donc envoyé de « bons savants » qui sont en fait des toubibs de l’armée ou de la marine. Logique française. Et quand éclate le choléra ou la variole, quand les cadavres abandonnés deviennent une gêne, mon père va chaque fois offrir au Seigneur de la guerre les services de l’Institut ! Chaque fois le maréchal (titre que se donne le Seigneur de la guerre - NDL) refuse d’un hochement de tête : « il faut que les gens meurent, il y en a trop ». Logique chinoise. Et d’ailleurs, mon père l’approuve :

- Ce serait l’effroi et la révolte si l’on obligeait les chinois à se faire piquer par des diables d’étrangers. Ils croiraient à une mauvaise sorcellerie. Ils pourraient même tuer nos toubibs. Et comme ça nous n’aurions plus de partenaire au bridge.

Les docteurs ne sont pas accablés de travail. De famille non plus car ils sont tous obligatoirement célibataires. Alors, ils sont les ornements de la vie mondaine de Tcheng Tu. Si les missionnaires étaient pour moi synonymes de poils, eux l’étaient de bottes. Toujours bottés d’un cuir qui s’évase, qui s’étend à toute leur personne, qui est comme une seconde peau. Tous ils ont le genre de petits moustachus pète-sec, sautillants, galants, empressés, d’une sociabilité de garnison. Le Sseu Tchouan ne les épate pas. Tous plus ou moins de la coloniale ils en ont vu d’autres. Ils vivent dans leur Institut comme dans un Romorantin, à quelques détails près. Pas de bêtise mais en vieux blasés. Manquant de clubs, ils vont dans les consulats. Des convives permanents, serviables, rigolards, poussant la chansonnette, tapant le carton, engouffrant le bordeaux chez mon père et le whisky chez les britanniques. Les histoires chinoises de mon père les rasent. Ils aiment beaucoup ma mère. Mais ils préfèrent le consulat d’Angleterre. De la trahison selon le consul de France qui leur bat froid de temps en temps. Ils s’en moquent. Et puis on se réconcilie. La conversation ce sont les tuyaux venus de Shanghai et de Han Kéou, les bals, les courses, les adultères, les nominations, les coups de bourse de la vie civilisée. Finalement, à table, l’immense Chine est un petit trou où tout se sait, sauf ce qui se passe chez les Chinois. Braves toubibs ! Ils ont pourtant comme amis quelques milliardaires jaunes chez lesquels ils font de petites fêtes, mais ils n’en parlent jamais devant ma mère. Ils boivent le vin de messe des curés et se soûlent chez le pasteur protestant. Mon père trouve qu’ils manquent de patriotisme, mais en tout cas ils sont là au [1] et au [2]

À la suite de ces expériences en Chine, et après être rentré en France, Aimé-François Legendre se consacra majoritairement aux études sur la Chine, écrivant divers articles et livres.

FamilleModifier

Aimé-François Legendre était marié avec Hélène Simonot, originaire de Brest, avec laquelle il eut un fils, Olivier.

HommageModifier

Une rue de Saint-Quay-Portrieux est baptisée au nom du Docteur Aimé-François Legendre.

ŒuvresModifier

  • Le Far West chinois. Deux Années au Setchouen, Plon, Paris, 1905.
  • Le Far West chinois. Kientchang et Lolotie, Chinois, Lolos, Sifans, Plon, Paris, 1910.
  • Le Far West chinois. AU Yunnan et dans le massif du Kin-Ho, Plon, Paris, 1913.

Les trois livres précédents ont été réédités par Kailash Éditions - Livres sur l'Asie, Paris, en 1993 et 1994.

  • L'élevage des vers à soie dans la haute vallée du Yalong, 1913
  • Massif sino-thibétain. Provinces de Setchouen, du Yunnan et Marches Thibétaines. Contribution à l'étude géologique de ce massif. Preliminaires géographiques, par A. F. Legendre. Description géologique des itineraires par Aimé-Francois Legendre et Paul Lemoine (Larose, Paris, 1916).
  • Tour d'Horizon Mondial - Quo Vadis Europa, Atque America?, par le Dr A.-F. Legendre, préface de M. Michel Revon, professeur à la Sorbonne, ancien professeur de droit à l'université de Tokio, Payot & Cie, Paris, 1920.
  • La Civilisation Chinoise moderne, Paris, Payot, 1926.

Le Docteur Aimé-François Legendre a également publié divers articles dans des revues spécialisées, dont, entre autres[3] :

  • « Les grands courants commerciaux du far-west chinois et notre chemin de fer du Yunnan », Bulletin de la Société de Géographie Commerciale, Paris, 1910, p. 697.
  • « Explorations dans la Chine occidentale, Kientchang-Lolotie et massif des Oua-pao-chan », La Géographie, XXIII, n° 4, 15 avril 1911, p. 249-262.
  • « Récente exploration du Dr legendre (Lettre de Mienning du 31/07/1911) », La Géographie, XXIV, n° 6, 15 décembre 1911, p. 345-354[4].
  • « Exploration dans la Chine occidentale et les marches tibétaines », La Géographie, XXVI, n° 6, 15 décembre 1912, p. 365-375[5].

Notes et référencesModifier

  1. Fête nationale de la République française
  2. Anniversaire de la mort de Louis XVI
  3. Ces articles accessibles via le site Gallica de la Bibliothèque Nationale de France
  4. Il s’agit du début de l’exploration relatée dans l’ouvrage ‘Au Yunnan….’
  5. Fin de l’exploration relatée dans l’ouvrage ‘Au Yunnan…’

Liens externesModifier