Affaire French Bukkake

Affaire French Bukkake
Chefs d'accusation Traite d'êtres humains aggravée, viols en réunion
Pays Drapeau de la France France
Ville Paris
Date 2020-202?
Jugement
Statut Instruction en cours

L'affaire French Bukkake concerne une information judiciaire ouverte le à Paris pour « traite d'êtres humains aggravée, viol en réunion ou proxénétisme aggravé » contre la plateforme de vidéos pornographiques French Bukkake. Elle a conduit à la mise en examen de 12 hommes. Trois autres hommes ont été placés en garde à vue le [1].

Déroulement des faitsModifier

Deux producteurs travaillant pour la marque Jacquie et Michel et pour son principal concurrent Marc Dorcel, sont mis en examen pour viol, proxénétisme aggravé et blanchiment de proxénétisme aggravé, blanchiment de fraude fiscale, traite d’êtres humains aggravée, diffusion de l’enregistrement d’images relatives à la commission d’une atteinte volontaire à l’intégrité de la personne et exécution d’un travail dissimulé[2]. Ils sont placés en Détention provisoire le . Selon le directeur général de Jacquie & Michel, Thibault Piron, en 2018, le premier, Pascal Ollitrault[3], dit « Pascal OP[4] » (prononcé [paskalope]), dont le site French Bukkake[5] est fermé dans la foulée, ne travaillait pour la marque que de façon clandestine, lorsqu'il parvenait à convaincre une fille de tourner : il n'apparaissait plus dans les vidéos comme acteur, ni dans les génériques, en raison de sa mauvaise image, qui risquait de rejaillir sur celle de la marque. Le second producteur, Mathieu Lauret dit « Mat Hadix »[6], était le principal producteur de la marque depuis 2013, et s'était vu à partir de 2015 confier l'organisation des soirées en discothèque. En 2017, un article de Jacquie & Michel Le Mag le présente comme « l’incontournable ambassadeur de la marque » Selon les témoignages, les deux hommes partageaient leur matériel et leurs décors, de sorte que les actrices ne savaient pas toujours pour qui elles tournaient.

De graves atteintes au consentement pour des scènes dégradantes et très violentes sont mentionnées par les plaignantes, soutenues par le mouvement du Nid, et le réquisitoire du Parquet ferait état de viols répétés, de mensonges et intimidations, de l'utilisation de drogues[7] quelquefois à leur insu, de tests VIH falsifiés, et de racket pour retirer les vidéos pornographiques.

Deux autres personnes, un assistant cadreur et un rabatteur — se faisant passer pour une femme sur Facebook afin de manipuler à long terme les cinq plaignantes et les amener à accepter des tournages —, sont aussi mis en examen et placés sous contrôle judiciaire. Ils seront suivis en 2021 par quatre acteurs ayant participé aux bukkakes et gang bangs non consentis, reconnaissant, eux aussi, devant les enquêteurs avoir commis des viols[8]. Les deux producteurs nient les faits qui leur sont reprochés[9]. Plus d'une cinquantaine de victimes sont identifiées et huit personnes mises en examen, pour « viol en réunion », « traite aggravée d’êtres humains », « proxénétisme aggravé », « blanchiment », « travail dissimulé » et « diffusion de l’enregistrement d’images relatives à la commission d’une atteinte volontaire à l’intégrité de la personne »[10].

Les deux producteurs nient les faits qui leur sont reprochés[11]. Michel Piron, qui « conteste formellement » les charges de proxénétisme et traite d'être humain, n’est pas mis en cause dans l'affaire « French bukkake », mais les enquêteurs soulignent que son rôle n'était pas seulement de diffuser les vidéos, il aurait pu valider des casting et financer des tournages[12].

Notes et référencesModifier

  1. Catherine Fournier, « Violences sexuelles dans le milieu du porno : ce que l'on sait de l'affaire "French Bukkake" », sur France Info, 289 septembre 2022.
  2. « Un célèbre acteur et producteur de porno français placé en détention provisoire pour "viol et proxénétisme aggravé" », sur Public.fr (consulté le )
  3. Lénaïg Bredoux, Youmni Kezzouf, Valentine Oberti, « Amelia veut révéler l’envers du porno en France », sur Mediapart (consulté le )
  4. « Industrie du porno : quatre mises en examen à Paris pour « viol, proxénétisme et traite d'être humain » », sur LEFIGARO, (consulté le )
  5. Ronan Folgoas, « « Tu seras moins naïve la prochaine fois » : les dessous sordides de l’enquête sur le roi du porno amateur », sur leparisien.fr, (consulté le )
  6. « Le producteur X « Mat Hadix » placé en détention provisoire pour « viols » », sur www.20minutes.fr (consulté le )
  7. « Faits divers. Acteurs pornos mis en examen pour viol : c’est quoi, l’affaire "French Bukkake" ? », sur www.ledauphine.com, (consulté le )
  8. « «Il fallait tout le temps faire plus hard» : la chute de Joe, Eddie, Étienne et Tonyo, acteurs X mis en examen pour viols », sur leparisien.fr, (consulté le )
  9. Robin d’Angelo, « Une enquête pour traite des êtres humains expose les pratiques de l’industrie du porno », sur Mediapart, (consulté le )
  10. « Violences sexuelles dans le porno : trois nouvelles gardes à vue dans le dossier « French Bukkake » », Le Monde.fr,‎ (lire en ligne, consulté le )
  11. Robin d’Angelo, « Une enquête pour traite des êtres humains expose les pratiques de l’industrie du porno », sur Mediapart (consulté le )
  12. Guillaume Gendron et Laurent Léger, « «Jacquie et Michel»: le porno dans de sales draps », sur Libération (consulté le )

Voir aussiModifier

Articles connexesModifier

Liens externesModifier