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Adénopathie
Description de cette image, également commentée ci-après
Adénopathie cervicale antérieure chez un patient atteint de mononucléose infectieuse
Spécialité AngiologieVoir et modifier les données sur Wikidata
CISP-2 B02Voir et modifier les données sur Wikidata
CIM-10 I88, L04, R59.1
CIM-9 289.1-289.3, 683, 785.6
DiseasesDB 22225
MedlinePlus 001301
eMedicine ped/1333 
MeSH D008206

Wikipédia ne donne pas de conseils médicaux Mise en garde médicale

L'adénopathie (ADP) désigne l’état pathologique d’un nœud lymphatique, aussi appelé ganglion lymphatique (du grec Adéno Adên, Adenos, « glande »), qui a augmenté de volume (plus d'un centimètre). Le plus souvent, l'adénopathie est d’origine infectieuse ou tumorale.

Les signes cliniques, le bilan biologique (et parfois radiologique minimum), les résultats d'une éventuelle ponction ganglionnaire orientent le diagnostic d'une maladie.

Sommaire

PhysiopathologieModifier

Les ganglions sont des organes de drainage et de filtration de la lymphe provenant d'un territoire anatomique. Ils mettent précocement en contact les antigènes et les lymphocytes, assurant une veille immunitaire permanente.

L'architecture normale du ganglion montre des follicules de lymphocytes B, et des zones interfolliculaires de lymphocytes T, le tout limité par une capsule. La prolifération tumorale remanie totalement cette architecture.

L'hypertrophie ganglionnaire fait suite à :

  • une prolifération lymphocytaire réactionnelle due à une stimulation antigénique locale (infectieuse ou tumorale) ou générale (infectieuse ou dysimmunitaire)
  • une prolifération tumorale primitive du tissu lymphoïde (lymphome hodgkinien ou pas)
  • une accumulation de cellules pathologiques filtrées par le ganglion (bactéries ou cellules tumorales).

Diagnostic cliniqueModifier

AdénopathiesModifier

L'adénopathie est palpée au niveau des aires ganglionnaires superficielles. Les voici :

  • jugulo-carotidienne
  • sous-mandibulaire
  • cervicales postérieures
  • sus-claviculaire
  • axillaire
  • épitrochléenne
  • inguinale
  • rétrocrurale

Si le diagnostic est simple, déterminer leur nature pathologique est plus difficile. Les caractères en faveur sont :

  • une taille supérieure à 1 cm
  • souvent isolé
  • l'unilatéralité
  • la fermeté, voire la dureté et plus rarement la fixation au plan profond évoquant une origine maligne
  • la sensibilité, voire l'inflammation, orientant vers une cause infectieuse.

Il faut savoir que les adénopathies inguinales bilatérales sont banales et fréquentes chez l'enfant et l'adolescent[réf. souhaitée], ainsi que les adénopathies axillaires bilatérales de la femme préménopausée[réf. souhaitée].

Certaines localisations cervicales plus profondes peuvent bénéficier d'une échographie. Les caractères précédents sont pris en défaut s'il s'agit d'un ganglion banal et la ponction est alors pratiquement impossible. Si le doute persiste, l'enquête étiologique et une surveillance évolutive sont indiquées.

La découverte d'une adénopathie entraîne la palpation systématique de toutes les aires ganglionnaires, la recherche d'une hépatosplénomégalie et un examen ORL (amygdales). Cela se termine par un schéma notifiant toutes les constatations exprimées en centimètres.

Dès le départ, il faut préciser le caractère isolé ou groupé, la taille, l'évolution et la symptomalogie associée :

  • existence d'une porte d'entrée infectieuse dans le territoire de drainage
  • signes généraux comme une fièvre, un prurit, des sueurs, un amaigrissement

Diagnostic différentiel cliniqueModifier

Éléments paracliniques d'orientationModifier

BiologieModifier

  • La formule leucocytaire peut montrer une lymphocytose voire une hyperlymphocytose, un syndrome mononucléosique, une lymphoblastose ou une polynucléose.
  • La recherche d'un syndrome inflammatoire est classique.
  • La cytoponction est simple et permet une orientation diagnostique rapide. Elle permet aussi la culture microbiologique, de la tuberculose par exemple.

ImagerieModifier

Elle permet la recherche des adénopathies profondes, médiastinales, abdominales ou pelviennes inaccessibles à l'examen clinique. On réalisera, dans un premier temps, une radiographie pulmonaire, une échographie abdominale, voire un scanner thoraco-abdomino-pelvien.

Biopsie ganglionnaireModifier

Ses indications sont développées dans les causes et devraient être élargies. Elles permettent une étude immunohistologique, cytogénétique ou bactériologique.

Démarche du diagnostic étiologiqueModifier

Adénopathie aiguë isoléeModifier

Leur diagnostic est le plus souvent évident : elles sont inflammatoires, sensibles et se situent dans le territoire de drainage d'un foyer infectieux.

Polyadénopathies bénignesModifier

Elles surviennent en contexte infectieux évocateur : ce sont surtout les adénopathies de la mononucléose infectieuse (MNI), de la rubéole et de la toxoplasmose. L'existence d'adénopathies cervicales post et spinales, leur caractère inflammatoire et sensible sont évocateurs.

Le diagnostic est assuré par la formule hémoleucocytaire et les sérodiagnostics, en sachant que pour la toxoplasmose seule la présence d'IgM permet d'affirmer une infection récente.

En cas de suspicion de leucémie aiguë lymphoblastique chez un enfant, on peut éliminer cette suspicion en l'absence de blastes dans la formule hémoleucocytaire.

On retrouve aussi des polyadénopathies bénignes dans les infections à cytomégalovirus (CMV) et à HSV 2.

Adénopathie chronique isolée sans point d'appel évidentModifier

Devant ce tableau, il convient de rechercher « méthodiquement » une lésion dans le territoire de drainage.

a) Adénopathie cervicale haute ou sous-mandibulaire

Le panoramique dentaire recherche une infection dentaire chronique de même que des radiographies des sinus recherchent une sinusite chronique, toutefois elles peuvent mettre en évidence une tumeur cutanée céphalique, en particulier l'exceptionnel mélanome malin du cuir chevelu.

b) Adénopathie cervicale basse

Elles sont évocatrices des tumeurs du larynx, du pharynx, de l'œsophage et de la thyroïde.

c) Adénopathie sus-claviculaire, dont l'orientation diagnostique selon la latérisation n'a pas de valeur formelle

  • À gauche, c'est le ganglion de Troisier pouvant témoigner de tous les cancers digestifs, rénaux, testiculaires, pelviens et des lymphomes abdominaux.
  • À droite, s'il s'agit de lymphomes médiastinaux et de cancers bronchiques : notons alors l'importance de la radiographie pulmonaire.

d) Adénopathies axillaires

On doit penser d'abord au cancer du sein. Une recherche négative fait rechercher un mélanome malin du membre supérieur. Enfin, une hypothèse est la possibilité de minimes plaies chroniques du travailleur manuel.

e) Adénopathies inguinales…

Adénopathies chroniques disséminéesModifier

Après la recherche systématique d'un certain nombre d'infections par sérologie (toxoplasmose, brucellose, syphilis, etc.) et d'une leucémie lymphoïde chronique par numération formule plaquettes, la clé du diagnostic est la biopsie chirurgicale en privilégiant les localisations cervicales voire axillaires.

Au terme d'un bilan négatifModifier

...il s'agit de refaire une nouvelle biopsie chirurgicale en vérification d'un problème tumoral.

CausesModifier

Hémopathies malignesModifier

a) Maladie de Hodgkin

b) Lymphomes malins non hodgkiniens

c) Leucémie lymphoïde chronique ganglionnaire

d) Leucémies aiguës tumorales

e) Leucémie myéloïde chronique

Métastases ganglionnaires des cancers solidesModifier

Dans le cas où la recherche du cancer primitif est négative, il est inutile de la poursuivre car les adénopathies indiquent une tumeur métastasée. La chimiothérapie sera orientée par le type histologique (épidermolyse, glandulaire ou indifférencié).
Quand on retrouve du tissu thyroïdien et que les explorations de la glande sont négatives, la thyroïdectomie totale est toujours indiquée car l'adénopathie est en relation avec un cancer thyroïdien.

InfectionsModifier

Une adénopathie peut participer à la description clinique de certaines infections :

Autres causesModifier

Une adénopathie peut avoir une cause non-infectieuse, par exemple :

  • sarcoïdose ;
  • maladies auto-immunes : lupus érythémateux disséminé et polyarthrite rhumatoïde pour lesquelles il existe d'autres symptômes évocateurs ;
  • adénopathies dues à l'hydantoïne. L'arrêt du traitement les fait régresser, il ne doit jamais être réintroduit ;
  • suite aux torticolis et d'une négligence de certaines dents.

SituationsModifier

Les adénopathies palpables se situent dans des sites spécifiques :

  • Régions cervicales (antérieures, postérieures, sous mandibulaires)
  • Régions inguinales (droites et gauches)
  • Régions axillaires ou sus claviculaires (droites et gauches)

CaractéristiquesModifier

  • Dures, lignieuses
  • Molles, élastiques
  • Pénitentes
  • Mobiles ou fixées aux plans profonds
  • Douloureuses spontanément ou lors de leur palpation.

Symptômes associésModifier

Notes et référencesModifier

  1. page sur les maladies à tiques
  2. (en) Tunev SS, Hastey CJ, Hodzic E, Feng S, Barthold SW, Baumgarth N, « Lymphoadenopathy during lyme borreliosis is caused by spirochete migration-induced specific B cell activation » PLoS Pathog. 2011;7(5):e1002066. (résumé)

Articles connexesModifier