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Accident de l'avion d'Emiliano Sala

Accident aérien impliquant un Piper PE-46

Accident de l'avion d'Emiliano Sala
Le Piper PA-46-310P Malibu immatriculé N264DB accidenté le 21 janvier 2019.
Le Piper PA-46-310P Malibu immatriculé N264DB accidenté le 21 janvier 2019.
Caractéristiques de l'accident
Date
TypeCrash en mer
CausesEnquête en cours
Site15 km au nord-ouest d'Aurigny
Coordonnées 49° 49′ 07″ nord, 2° 42′ 38″ ouest
Caractéristiques de l'appareil
Type d'appareilPiper PA-46-310P Malibu
CompagnieVol privé
No  d'identificationN264DB
Lieu d'origineAéroport de Nantes-Atlantique, Bouguenais, France
Lieu de destinationAéroport international de Cardiff, Rhoose, Pays de Galles
PhaseCroisière
Passagers1
Équipage1
Morts2 (dont 1 présumé)

Géolocalisation sur la carte : Manche

(Voir situation sur carte : Manche)
Accident de l'avion d'Emiliano Sala

L'accident de l'avion dans lequel le footballeur argentin Emiliano Sala a trouvé la mort s'est produit le lundi alors que l'avion léger Piper Malibu qui le transportait de Nantes à Cardiff, deux jours après l'officialisation de son transfert au Cardiff City FC, a disparu à 21 h 23 au nord-ouest de l'île d'Aurigny, dans les îles Anglo-Normandes.

Après des premières recherches aériennes, infructueuses, l'épave est retrouvée au fond de la Manche le , un corps, qui s’avèrera par la suite être celui d'Emiliano Sala, est remonté à la surface trois jours après et identifié le 7 février 2019. Le corps du pilote britannique de l'avion, David Ibbotson, n'a toujours pas été retrouvé.

Sommaire

AppareilModifier

L'avion disparu est un Piper PA-46-310P Malibu, immatriculé N264DB aux États-Unis, mis en service en 1984[1]. C'est un appareil monomoteur à hélice équipé d'un moteur à pistons turbocompressé Continental TSIO-520BE (en) de 310 ch, pouvant emporter six personnes.

Selon la base de données de la Federal Aviation Administration américaine (FAA), l'avion appartiendrait à une société-écran, la Southern Aircraft Consultancy Limited, créée en juin 2010 et située à Norfolk au Royaume-Uni[2].

Il aurait été affrété pour Emiliano Sala par Mark McKay, un agent de football, fils de l'agent écossais proche du club de Cardiff City Willie McKay, qui a participé à son transfert[3].

L'avion est piloté par David Andrew Ibbotson, un pilote privé[4] expérimenté de 59 ans vivant à Crowle, près de Scunthorpe, dans le Lincolnshire[5]. Le samedi précédent, 19 janvier, il a amené Emiliano Sala de Cardiff à Nantes après la signature de son transfert pour récupérer des affaires personnelles et prendre congé de ses anciens coéquipiers[6].

Le vol avait été mouvementé, et le pilote a confié sur un réseau social être un peu « rouillé » pour l'approche aux instruments (ILS) à Nantes, lors de laquelle il a été « un peu au-dessus [du plan de descente], ce qui est mieux que d'être trop bas[7] ». Emiliano Sala avait d'ailleurs confié à Nicolas Pallois n'être pas très rassuré pour le vol de retour[8]. Une fois monté à bord de l'avion, avant le décollage, il envoie un message vocal à des amis (parmi lesquels son ancien coéquipier aux Girondins de Bordeaux, Diego Rolán[9]) où il dit, sur le ton de la plaisanterie, être mort [de fatigue], avoir l'impression que l'avion allait tomber en morceaux et avoir peur de ne jamais arriver[10]. Le pilote s'y serait d'ailleurs repris à quatre fois avant de réussir à démarrer le moteur[11],[12].

DisparitionModifier

 
Chapelle ardente à Cardiff

Le 21 janvier 2019, à 19 h 15 UTC (20 h 15 heure française), le Malibu décolle de Nantes-Atlantique pour ramener Emiliano Sala à Cardiff où son arrivée est prévue à 20 h 45 locales (21 h 45 heure française)[13].

À 21 h 23[14] (heure française), le contrôle aérien perd son contact transpondeur à 2 300 pieds (700 m) au-dessus de la Manche[15], près du phare des Casquets[8], à 15 kilomètres au nord-ouest de l'île Anglo-Normande d’Aurigny et à 30 kilomètres au nord de l'île de Guernesey[16]. Peu avant, par le travers de l'aéroport de Guernesey, l'avion qui volait à 5 000 pieds (1 500 mètres) avait demandé à descendre (peut-être pour atterrir)[16], mais aucun message de détresse n'a été reçu[17].

Selon John Fitzgerald, le responsable des opérations aériennes de secours des îles Anglo-Normandes, même avec le moteur en panne, l'avion aurait pu planer près de dix kilomètres à partir du point où le contact a été perdu[8].

Les conditions météorologiques au moment de la disparition étaient assez classiques pour la saison avec toutefois des pluies éparses, une dégradation avec des pluies verglaçantes à l'avant d'un front froid étant arrivée plus tard dans la nuit[12],[18].

RecherchesModifier

Les recherches sont déclenchées le soir même de la disparition de l'avion par les secouristes de Guernesey depuis Saint-Pierre-Port, impliquant deux hélicoptères et plusieurs bateaux. Interrompues dans la nuit en raison d'une dégradation de la visibilité et de pluies verglaçantes[18], puis reprises les trois jours suivants sans succès.

Plusieurs objets flottants ont été détectés, sans qu'il soit possible d'affirmer qu'ils aient un lien avec l'avion disparu ou ses occupants[13]. La zone est réputée pour ses forts courants et recèle de nombreuses épaves de bateaux. Des recherches terrestres entreprises sur les îles et les côtes voisines ne donnent pas plus de résultats.

Le temps de survie maximal en cas de chute dans la mer, étant donné la température de l'eau, est estimé à moins de trois heures, à peine un peu plus dans un canot de sauvetage[19]. Le 22 janvier à la mi-journée, le responsable des opérations aériennes de secours des îles Anglo-Normandes, John Fitzgerald, déclare : « Je ne pense pas qu'il y ait la moindre chance qu'ils soient encore vivants à l'heure actuelle[20] ».

Le 24 janvier à 16 h 15, la police de Guernesey (en) annonce l'arrêt des recherches, l'enquête se poursuivant avec le concours des navires de la zone susceptibles de remarquer des débris ou des indices[18].

Suite à cette annonce, le gouvernement argentin demande aux autorités britanniques et françaises de poursuivre les recherches pour trouver l'appareil disparu « jusqu'à ce que l'avion et son équipage soient localisés »[21]. De nombreux footballeurs se mobilisent également pour que la police locale poursuive ses recherches[22],[23]. Suite à un appel aux dons, des recherches privées organisées par la famille du joueur disparu reprennent le samedi 26 janvier[24].

Le 26 et le 27 janvier, deux coussins de siège qui pourraient avoir appartenu à l'avion sont retrouvés par des promeneuses sur les plages de Surtainville et de Baubigny[25], plages de la côte ouest du Cotentin, à la même latitude que Guernesey.

 
Image AAIB de l'épave du Piper reposant au fond de la mer.

Le 30 janvier, l'AAIB annonce la reprise de recherches sous-marines avec un navire spécialisé équipé d'un sonar à balayage latéral et d'un véhicule sous-marin téléguidé[26].

Le 3 février, deux bateaux, le Geo Ocean III commandé par l'AAIB et le Morven du Fishery Protection Squadron (en) (FPV) de la Royal Navy, sous la houlette de David Mearns (en), spécialiste anglais des recherches sous-marine, mandaté par la famille, commencent les recherches en se partageant une zone d'environ quatre milles marins carrés[1], au nord de la fosse des Casquets[27]. Le Morven localise bientôt une épave par 67 mètres de fond, à 1 km de la dernière position connue[28]. Peu après, le sous-marin du Geo Ocean III obtient des images de l'épave, dans laquelle un occupant est visible et dont l'immatriculation est bien celle du Malibu disparu. L'avion apparait pratiquement entier[1].

Le jeudi 7 février, l'AAIB annonce que le corps a été remonté mais que les tentatives pour remonter l'avion ont échoué en raison des mauvaises conditions météo. Le corps, débarqué au matin à Portland sur la côte sud de l'Angleterre, est confié à la police du Dorset pour identification. Dans la soirée celle-ci annonce qu'il s'agit d'Emiliano Sala[29].

Les prévisions n'étant pas meilleures les prochains jours, l'arrêt des opérations a été décidé. Les nombreuses images récoltées par le sous-marin devraient suffire à l'enquête technique[30].

Le 9 février, la famille de David Ibbotson lance à son tour une cagnotte pour relancer les recherches de son corps[31].

EnquêteModifier

Conformément aux usages internationaux, l'Air Accidents Investigation Branch britannique mène l'enquête technique d'accident, en étroite liaison avec le National Transportation Safety Board américain, le Bureau d’enquêtes et d’analyses français et la Junta de Investigación de Accidentes de Aviación Civil argentine[1].

L'AAIB prévoit de publier un premier rapport d'étape dans le mois suivant l'accident[1].

Zones d'ombreModifier

Il a été affirmé dans un premier temps que le voyage d'Emiliano Sala avait été organisé par le club de Cardiff et que l'avion était la propriété du président du club de Cardiff, Mehmet Dalman (en). Celui-ci a démenti, précisant que le club avait proposé au joueur un vol commercial vers Paris, mais que celui-ci avait préféré s'organiser lui-même[32]. Selon un ami du joueur, il ne voulait pas prendre l'avion ce soir-là mais le lendemain matin[28].

Trois personnes auraient passé les contrôles d'identité à l'aéroport de Nantes et rejoint le tarmac, ce qui laissait supposer que l'avion transportait une troisième personne[12]. Mais selon le contrôle aérien, il n'y aurait eu que deux personnes à bord.

Des sources de la presse française ont d'abord affirmé que le pilote était David Henderson, un Britannique d'une soixantaine d'années dont le nom aurait figuré dans les registres du vol. D'autres ont supposé qu'il pourrait être la troisième personne contrôlée, et ne pas avoir finalement embarqué dans l'avion. Mais le lendemain de la disparition de l'avion, l'intéressé a confirmé être bien vivant et démenti avoir été présent à Nantes ce soir-là[12].

Willie McKay, qui avait été mandaté par Nantes pour vendre le joueur[33], a affirmé avoir arrangé le vol gracieusement pour Emiliano Sala auprès de David Henderson, un pilote qui l'avait lui-même déjà transporté de nombreuses fois. C'est ce dernier qui aurait proposé à David Ibbotson de le remplacer en lui demandant « si il voulait passer un week-end à Nantes[33] ». En tant que pilote privé, David Ibbotson ne pouvait pas se faire rémunérer pour le vol[24]. Les frais d'hôtel et les taxes aéroportuaires auraient été réglés avec la carte bancaire de Dave Henderson, ce qui serait à l'origine de la confusion sur l'identité du pilote[33].

Un témoin près de Granville a signalé au Centre régional opérationnel de surveillance et de sauvetage (CROSS) de Jobourg avoir observé une lueur dans le ciel, semblable à une étoile filante[34]. L'heure et la direction correspondraient à la disparition de l'avion, survenue pourtant à plus de 100 km.

Notes et référencesModifier

  1. a b c d et e (en) « AAIB investigation into the loss of aircraft N264DB », sur GOV.UK (consulté le 7 février 2019).
  2. https://www.lepoint.fr/sport/disparition-d-emiliano-sala-l-avion-appartenait-a-un-trustee-23-01-2019-2288189_26.php.
  3. « Disparition d'Emiliano Sala : l'avion identifié, pas son propriétaire », sur L'ÉQUIPE
  4. Sport-Center, « Pas habilité à transporter des passagers payants! »,
  5. (en-GB) Steven Morris Josh Halliday, « Emiliano Sala: search for footballer and pilot resumes », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 24 janvier 2019).
  6. « Un avion transportant Emiliano Sala (ex Nantes) a disparu », sur L'Équipe (consulté le 22 janvier 2019).
  7. (en-GB) « Sala pilot admitted he was 'a bit rusty' hours before doomed flight », sur The Sun, (consulté le 24 janvier 2019).
  8. a b et c (en) « Emiliano Sala's distraught ex calls for the 'mafia to be investigated' », sur Mail Online, (consulté le 24 janvier 2019).
  9. (es) « Diego Rolan: "Emiliano le mandó un mensaje a un amigo desde el vuelo y le dijo que tenía miedo" », sur Marca.com, (consulté le 25 janvier 2019).
  10. (es) LT10, « El mensaje de whatsapp de Emiliano Sala: "Qué miedo que tengo" », sur lt10.com.ar (consulté le 24 janvier 2019)
  11. Ce qui n'est pas inhabituel et ne signifie en rien qu'il ne soit pas apte à voler
  12. a b c et d « Les zones d'ombre autour du vol disparu d'Emiliano Sala », sur www.20minutes.fr (consulté le 24 janvier 2019).
  13. a et b (en-GB) « Search for footballer's plane suspended », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2019).
  14. « Disparition de Sala : "minces" chances de survie selon la police », sur AFP.com (consulté le 22 janvier 2019).
  15. « L'attaquant Emiliano Sala à bord d'un avion disparu en mer entre Nantes et Cardiff », sur AFP.com (consulté le 22 janvier 2019).
  16. a et b « L’avion d’Emiliano Sala disparaît en mer »,
  17. (en) « Emiliano Sala feared dead after plane goes missing over Channel », sur The Independent, (consulté le 24 janvier 2019).
  18. a b et c La Rédaction et Mis à jour le 24/01/19 18:26, « Emiliano Sala : la police arrête les recherches, émotion à la Jonelière », sur www.linternaute.com (consulté le 24 janvier 2019).
  19. (en-GB) « Missing footballer search into third day », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le 24 janvier 2019).
  20. « Pratiquement aucune chance de retrouver Emiliano Sala vivant », sur Sport.fr, (consulté le 24 janvier 2019).
  21. https://www.tdg.ch/sports/actu/avion-disparu-sala-recherches-repris/story/23099315.
  22. Kevin Saccani et Mathieu Rault, « Disparation Sala : joueurs, amis et proches d’Emiliano Sala appellent à ce que les recherches se poursuivent », sur FootMercato.net, (consulté le 25 janvier 2019).
  23. « Diego Rolan et Valentin Vada demandent la poursuite des recherches pour Emiliano Sala et le pilote », sur Lequipe.fr, (consulté le 25 janvier 2019).
  24. a et b « Disparition de Sala: la famille lance des opérations de recherche privées », sur AFP.com (consulté le 26 janvier 2019).
  25. La Rédaction et Mis à jour le 30/01/19 23:21, « Emiliano Sala : des images des débris dévoilées, important hommage ce soir », sur www.linternaute.com (consulté le 30 janvier 2019).
  26. « Disparition de Sala: des débris d'avion retrouvés sur une plage française », sur AFP.com (consulté le 31 janvier 2019).
  27. (en-GB) Steven Morris, « Emiliano Sala's family hire submarine to hunt for missing plane », The Guardian,‎ (ISSN 0261-3077, lire en ligne, consulté le 29 janvier 2019).
  28. a et b Irishmirror.ie, « Emiliano Sala's friend speaks in emotional TV interview about missing player », sur irishmirror, (consulté le 5 février 2019).
  29. (en-GB) « Plane body identified as footballer Sala », BBC,‎ (lire en ligne, consulté le 7 février 2019).
  30. (en) « Update 4: AAIB investigation into the loss of aircraft N264DB », sur GOV.UK (consulté le 7 février 2019).
  31. « Un appel aux dons pour relancer les recherches de David Ibbotson », sur Sports.fr (consulté le 10 février 2019)
  32. « Disparition de Sala David Ibbotson pilotait l'avion », Presse-Océan,‎ (lire en ligne).
  33. a b et c « Disparition d'Emiliano Sala : l'imbroglio de la carte bancaire du pilote », sur L'Équipe (consulté le 31 janvier 2019).
  34. Tendance Ouest, « Emiliano Sala : un témoin pense avoir vu l'avion exploser en vol », sur tendanceouest.com (consulté le 25 janvier 2019).

Articles connexesModifier

Lien externeModifier