Académie des sciences sociales de la Région autonome du Tibet

Académie de sciences sociales sise à Lhassa, en Chine

L'Académie des sciences sociales de la région autonome du Tibet, ou Académie des sciences sociales du Tibet, ou encore Académie tibétaine des sciences sociales[3], en abrégé ATSS (西藏自治区社会科学院, xīzàng zìzhìqū shèhuìkè xuéyuàn, anglais : Tibetan Academy of Social Science, TAR / Tibetan Academy of Social Sciences, TAR, abr. TASS)[4],[5],[6], est la plus grande institution de recherche tibétologique de la région autonome du Tibet[7].

Académie tibétaine des sciences sociales (ATSS)
Histoire
Fondation
Cadre
Type
Domaine d'activité
Siège
Pays
Coordonnées
Langue
Langues de travail
Organisation
Direction
Site web

Création et développementModifier

Le projet d'une académie est engagé en décembre 1978. Celle-ci est officiellement fondée le [7],[1].

En 2009, elle comprend plusieurs instituts :

  • l'Institut de recherches sur le marxisme théorique[8],
  • l'Institut de recherches contemporaines sur le Tibet[9]
  • l'Institut de recherches sur les nationalités[10],
  • l'Institut de recherches sur les religions[11],
  • et l'Institut d'informations documentaires[7].

Elle gère une maison d'édition pour les archives et les livres anciens en tibétain[7].

En 2007, l'Académie réunit 127 chercheurs, dont 95 Tibétains, 20 Hans et 6 représentants d'autres ethnies[12].

Le 11 décembre 2013, un institut de recherche sur les canons bouddhiques (贝叶经研究所) est créé en son sein. Il publie un périodique, « Études sur les canons bouddhiques du Tibet », en version chinoise (《西藏贝叶经研究》, xīzàng bèiyèjīng yánjiū) et en version tibétaine (tibétain : བོད་ཀྱི་ཏ་ལའི་ལོ་མའི་དཔེ་ཆ་ཞིབ་འཇུག, Wylie : Bod kyi ta laʼi lo maʼi dpe cha zhib ʼjug[13])[14].

Outre les instituts, l'académie comprend trois bureaux administratifs (administration centrale, emploi et planification/gestion) et trois bureaux techniques (gestion de la documentation et de l'information / bibliothèque, maison d'édition des classiques tibétains, langues (chinois, tibétain)).

En 2016, l'ATSS s'adjoint un nouvel institut, l'Institut de l'Asie du Sud-Est[réf. souhaitée].

PublicationsModifier

L'Académie a achevé la publication des ouvrages suivants :

  • Histoire générale du Tibet (en tibétain et en chinois) ;
  • Histoire politique du Tibet de Shakabpa (annotée)[15] ;
  • Histoire des communications anciennes et modernes au Tibet (en chinois) ;
  • Concepts de la philosophie tibétaine (en tibétain) ;
  • Dictionnaire de la philosophie tibétaine (en tibétain) ;
  • Index des titres d'ouvrages tibétologiques ;
  • Œuvres complètes des maîtres du Panchen Rinpoche (édition tibétaine)[16] ;
  • Épopée du roi Gesar, traduite en chinois[16].

RevueModifier

L'ATSS publie également une revue d'érudition en chinois (西藏研究, xīzàng yánjiū, « études tibétaines, ou études du Tibet, ou recherche tibétaine »)[17], en tibétain[18] et en anglais[19]. La version en langue anglaise, Tibet Studies, a été lancée en 1989[20],[21],[22].

Selon une présentation parue sur xinhuanet en 2013, la revue en chinois est classée parmi les cent meilleures revues consacrées aux sciences sociales de la Chine[15]. Ce périodique a reçu différentes distinctions nationales pour ses éditions en chinois et en tibétain[18].

Dans un article paru en 1993, la sinologue Françoise Aubin trouvait que les fondements de la revue étaient dans leur ensemble solides, mise à part la constatation que tous les travaux des tibétologues de la République populaire de Chine - des Tibétains autant que des Chinois - devaient immanquablement servir à démontrer l’inclusion du Tibet dans la mouvance chinoise depuis le VIIIe siècle[23].

L'académie crée également en 1988, la revue « La tibétologie chinoise » (chinois : 中國藏學 ; pinyin : zhōngguó zàngxué)[24] (ISSN 1002-557X), toujours publiée, à Pékin par le Centre de recherche tibétologique de Chine (中国葬学研究中心/中國藏學研究中心), en 2019[25].

Autres activitésModifier

Dans Le Tibet est-il chinois ?, paru en 2002, la tibétologue Anne-Marie Blondeau affirme que les chercheurs de l'Académie participaient aux « équipes de travail » qui organisent des sessions d'éducation politique et de contrôle de la pensée « correcte » dans les monastères quand surviennent des troubles ou lors de campagnes politiques[26].

CollaborationsModifier

Depuis sa fondation, l'ATSS a établi des partenariats avec des institutions étrangères, notamment l'Université Case Western Reserve (États-Unis), le Centre d'études himalayennes du CNRS (France), la bibliothèque tibétaine et himalayenne de l'université de Virginie (États-Unis) et la Mongolia and Inner Asia Studies Unit de l'université de Cambridge (Grande-Bretagne).

Années 1980Modifier

Les anthropologues Melvyn C. Goldstein et Cynthia M. Beall (en) ont publié en 1990, le livre Nomads of Western Tibet, en collaboration avec l’ATSS, après avoir séjourné chez les nomades du haut plateau, pendant 16 mois en 1986-87 au Tibet, dont 10 mois au Tibet occidental, puis y être retournés en 1988[27].

Le linguiste Nicolas Tournadre a mené, de juillet 1988 à janvier 1989, des recherches à l’Académie des sciences sociales du Tibet[28],[29]. Il collabore notamment avec le chercheur Thubten Wangpo, qui lui a fait partager ses connaissances[30].

Années 1990Modifier

Un accord, indispensable à toute recherche en région autonome du Tibet, a été conclu entre le Centre d'études himalayennes relevant du CNRS et l'Académie des sciences sociales du Tibet le 30 juin 1996. Il a été renouvelé en octobre 2001[31].

Fernand Meyer, directeur d'études à l'École pratique des hautes études et responsable du Centre d'études himalayennes, a effectué une mission au Tibet, du 30 juin au septembre 2000, en collaboration avec l'Académie des sciences sociales du Tibet, dans le cadre d'un programme de recherche collectif dans la vallée du sNye-Mo, et l'ONG Trace (projet de développement sanitaire incluant la médecine traditionnelle tibétaine)[32].

Années 2000-2010Modifier

L'académie tibétaine des sciences sociales a été un partenaire clé dans le développement de la Bibliothèque tibétaine et himalayenne dès la fondation de celle-ci en 2000. L'implication de ses chercheurs s'est traduite notamment par l'apport d'enregistrements vidéos sur les traditions culturelles tibétaines, d'informations sur la région culturelle du Ngari, la langue tibétaine, la géographie de la R.A.T., les monastères tibétains, ainsi que par une étude pluri-annuelle de la ville de Lhassa[33].

Notes et référencesModifier

  1. a et b (zh) 西南财经大学, « [西藏]西藏自治区社会科学院2018招聘 », sur yingjiesheng.com,‎ juin
  2. « La sixième édition du séminaire académique (international) sur les études tibétaines s’est inaugurée à Pékin », sur Théorie Chine (édition française de Theory China),
  3. Claude B. Levenson, Tibet : la question qui dérange, Albin Michel, 2009, section « Voix discordante » (livre numérique Google) : « C'est aussi l'année de l'ouverture de la première université et de l'Académie tibétaine des sciences sociales ».
  4. (en) « Tibetan academy of social science, TAR », sur xzass.org
  5. Li Gang et al., The 2017 China Think Tank Index Report: Methodology and Think Tank Rankings, Chinese Think Tank Research and Evaluation Center, Nanjing University and Think Tank Research and Release Center, Guangming Daily, December 2017, p. 108, Appendix III Think tanks of academies of social sciences (49), p. 112 : « Tibetan Academy of Social Science, TAR ».
  6. Des spécialistes du Tibet condamnent la violence, Le Quotidien du peuple en ligne, 18 mars 2008 (source : Xinhua) : « Cering Gyaibo, chef de l'institut de recherche en religion de l'ATSS. »
  7. a b c et d Les institutions de recherche tibétologique (1), L[a] tibétologie en Chine : « L'Académie des Sciences sociales de la région autonome du Tibet est la plus grande institution de recherche tibétologique au Tibet. En 1978, on a commencé à la mettre sur pied et elle a été fondée le 5 août 1985. A présent, elle comprend l'institut de recherches sur les nationalités, l'institut de religions, l'institut de langue et d'écriture et l'institut d'informations documentaires ainsi que la maison d'édition des livres anciens en tibétain et la publication "Etudes du Tibet". Avec la centaine de scientifiques qu'elle regroupe, l'Academie a réalisé une centaine d'études dont de nombreux projets clés de l'Etat ou de la région autonome. »
  8. Anglais : the Theoretical Marxism Research Institute.
  9. Global Times, « Tibet govt enhances recruitment - Global Times », sur www.globaltimes.cn (consulté le ).
  10. Anglais : the Ethnic Nationalities Research Institute.
  11. Anglais : the Religion Research Institute.
  12. Quelle solution politique pour le Tibet ?, Annexe I - Les entretiens, Rapport de groupe interparlementaire d'amitié n° 77 (2007-2008), 17 octobre 2007.
  13. (en) « Bod kyi ta laʼi lo maʼi dpe cha zhib ʼjug (Book, 2014) [WorldCat.org] », sur WorldCat (consulté le ).
  14. (zh) « 西藏社会科学院贝叶经研究所 », sur Académie chinoise des sciences sociales,‎ .
  15. a et b Les nouvelles à travers la Chine et le monde, french.xinhuanet.com, le 5 janvier 2013
  16. a et b China Tiet Online, « La traduction en chinois de l’épopée « Gesar » devrait être terminée l'année prochaine », sur Tibet.cn, .
  17. (zh) « 西藏研究 1981年第00期 », sur CNKI : « 主办:西藏社会科学院 ».
  18. a et b (zh) « 《西藏研究》(藏、汉文版)简介 », sur www.xzass.org,‎
  19. (en) « Tibet studies », sur worldcat.org.
  20. (en) Title : Tibet Studies : Journal of the Tibetan Academy of Social Sciences No. 1 1989, Publisher: The Editorial Board of Tibet Studies, Lhasa, Publication Date: 1989.
  21. (zh) « 《西藏研究》杂志社 », sur qikan.qdpgl.
  22. (zh) « 西藏研究-杂志 », sur CNKI.
  23. Françoise Aubin, « Ecrits récents sur le Tibet et les Tibétains : Bibliographie commentée », Les Cahiers du CERI, no n° 6,‎ (lire en ligne) : « ’Académie des Sciences sociales de la Région autonome du Tibet a aussi sa revue d’érudition à Lhasa : Tibet Studies (bisannuel, depuis 1989) qui donne en anglais une traduction (souvent médiocre) d’articles parus auparavant dans la revue du même nom en chinois, le Hsi-tsang yen-chiu (Xizang yanjiu, en pinyin ) ou en tibétain, le Bod-yeris zhib-’jug : mise à part la désagréable constatation que tous les travaux des tibétologues de la RPC - des Tibétains autant que des Chinois - doivent immanquablement servir à démontrer l’indéfectible inclusion du Tibet dans la mouvance chinoise depuis le VIIIe siècle, les fondements en sont, cependant, dans leur ensemble solide. »
  24. (Jagou 2000)
  25. (zh) « 中國期刊全文數據庫 », sur cnki.sris.com.tw
  26. Blondeau, Anne-Marie., Buffetrille, Katia. et Impr. BCI), Le Tibet est-il chinois? : réponses à cent questions chinoises, A. Michel, (ISBN 2226134263 et 9782226134264, OCLC 469520947, lire en ligne), page 222
  27. Françoise Aubin, Écrits récents sur le Tibet et les Tibétains, Sciences Po, coll. « Les Cahiers du CERI » (no 6), , 21,22 p. (lire en ligne).
  28. Nicolas Tournadre, L'ergativité en tibétain: approche morphosyntaxique de la langue parlée, p. 52.
  29. « Temps, aspect, modalité, évidentialité:perspectives comparative, cognitive, théorique, appliquée - 17 et 18 novembre 2016 - Université Paris Diderot », sur sciencesconf.org.
  30. Nicolas Tournadre, L'ergativité en tibétain: approche morphosyntaxique de la langue parlée, Louvain ; Paris, Peeters, coll. « Bibliothèque de l'information grammaticale » (no 33), (lire en ligne), p. 10 :

    « Je dois aussi beaucoup à Thubten Wangpo (Thub-bstan dBang-po) chercheur à l'Académie des Sciences Sociales de Lhassa, qui m'a lui aussi apporté une aide précieuse lors de mes séjours dans la capitale tibétaine, en me faisant généreusement partager ses connaissances fabuleuses et son amour profond de la langue »

    .
  31. « Coopérations scientifiques », sur Centre d'études himalayennes - UPR 299 - CNRS (sauvegarde archiv.is
  32. Fernand Meyer, « Sciences et civilisation du monde tibétain. », École pratique des hautes études. Section des sciences historiques et philologiques. Livret-Annuaire 16 2000-2001.,‎ , p. 346 (lire en ligne).
  33. (en) THL partners, sur le site de la Bibliothèque tibétaine et himalayenne : « TASS been a key general partner in the development of THL from its inception with the involvement of many researchers, and in particular has supported the documentation of Tibetan cultural traditions with audio-video recordings, the documentation of the Ngari cultural region, the linguistic documentation of Tibetan, geographic research on the Tibet Autonomous Region, research on Tibetan Monasteries, and a multi-year study of the City of Lhasa. »

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  • (en) Chong Dak, « Study on Optimizing and Disposing the Academic Library Resource in Tibet:Taking the Library of Tibet Academy of Social Sciences as Example », Tibetan Studies, Lhasa, Tibet Academy of Social Sciences,‎ (lire en ligne)
  • Fabienne Jagou, « La Revue chinoise de tibétologie "Zhongguo Zangxue" 中國藏學 », Revue bibliographique de sinologie, EHESS, vol. 18,‎ , p. 75-85 (lire en ligne)

Liens internesModifier

Liens externesModifier