Abhinavagupta
Biographie
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Activités

Abhinavagupta, né vers 950 et mort vers 1020, est un maître du shivaïsme du Cachemire, actif entre 975 et 1015. Il fut aussi maître en yoga, tantra, poétique, dramaturgie.

Biographie modifier

Philosophe, poète, musicien, grammairien indien du Cachemire d'expression sanskrite, auteur d'œuvres nombreuses inspirées par le culte de Shiva, et de commentaires de textes traditionnels hindous. Il a plusieurs maîtres de différentes traditions (shivaïsme tantrique, bouddhisme, jaïnisme). Il voyage également hors du Cachemire et y revient définitivement vers 980, où il aurait vécu à Srinagar[1]. Sa réputation est importante et des disciples viennent de toute l'Inde pour suivre son enseignement[2]. Ses premières œuvres étaient fondées sur les agama ; il écrit ensuite sous le titre Abhinavabharati (en) le commentaire qui deviendra célèbre d'un traité de dramaturgie, le Nâtya-shâstra ; il fera également le commentaire de diverses strophes philosophiques, d'une manière originale. On sait peu de choses sur la fin de sa vie.

Hymnes modifier

Lilian Silburn a réalisé en 1970 la traduction française et le commentaire de huit hymnes composés par Abhinavagupta. Selon André Bareau, « dans l'introduction, elle esquisse le portrait de cet auteur, « l'un des plus puissants génies [...] de tous les métaphysiciens et mystiques de l'Inde » qui pourtant n'en manque pas, puis elle présente ces huit hymnes, très peu connus en Inde même malgré leur beauté et leur valeur religieuse, et elle résume enfin les principales idées qui y sont exprimées ainsi que dans les autres œuvres d'Abhinavagupta. Cinq des hymnes présentés ici sont des louanges adressées à Shiva, et les trois autres de très courts traités en vers célébrant la Conscience absolue sous divers noms[3]. »

En voici un extrait : « Goûte toujours la paix et abstiens-toi du perpétuel bavardage aux vains propos en évitant les expressions « qui es-tu ? pourquoi ? comment ? qu'est-cela ? » qui encombrent le chemin. Ce qui se révèle alors comme la lumière éclairant les distinctions entre existence et non-existence, c'est la manière d'être sans fissure, le Vide, le domaine de Shiva, la Réalité, le suprême brahman[4]. »

Œuvres principales modifier

  • Tantraloka, Le monde du tantra, en 12 volumes.
  • Tantralokasara
  • Paramarthasara
  • Pratyabhijnavimarshini
  • Hymnes, traduits et annotés par Lilian Silburn.
  • La reconnaissance du Soi selon Abhinavagupta (Xe – XIe siècles), 2023, Éd. Almora; Illustrated édition, (ISBN 978-2351185414).

Voir aussi modifier

Liens externes modifier

Bibliographie modifier

  • David Dubois, « Abhinavagupta. La liberté de la conscience », Paris : Almora, 2015
  • Lilian Silburn, Le Paramārthasāra de Abhinavagupta, De Boccard, coll. « Publications de l'Institut de civilisation indienne », (1re éd. 1957), 110 p. (BNF 34636132)
  • Abhinavagupta (trad. Lilian Silburn), Hymnes, De Boccard, coll. « Publications de l'Institut de civilisation indienne », (1re éd. 1970) (BNF 37358654)
  • Abhinavagupta (trad. Lilian Silburn et André Padoux), La lumière sur les tantras : chapitres 1 à 5 du Tantrāloka avec commentaire de Jayaratha, De Boccard, coll. « Publications de l'Institut de civilisation indienne », , 316 p. (ISBN 2-86803-066-1, BNF 37067441)
  • Colette Poggi, Le miroir de la conscience, Du reflet à la lumière, chemin de dévoilement selon Abhinavagupta (Xe – XIe siècles), Quinze versets introductifs à la reconnaissance intérieure, Pratyabhinja, composés par Abhinavagupta Xe – XIe siècles), maître sivaïte cachemirien, pour son Commentaire sur la « Reconnaissance du Seigneur », Les Deux Océans, 2016, 204 p. (ISBN 978-2-86681-197-6)

Références modifier

  1. a et b « Abhinavagupta (940-1015 de notre ère) : Collection de manuscrits de ses œuvres », sur UNESCO (www.unesco.org) (consulté le )
  2. Alexandre Astier, Les Maîtres spirituels de l'hindouisme, Eyrolles (ISBN 978-2-212-54194-6, lire en ligne), p. 72-73.
  3. André Bareau, « L. Silburn. Hymnes et Abhinavagupta, traduits et commentés », Revue de l'histoire des religions, Persée, vol. 181, no 2,‎ , p. 242-242 (lire en ligne, consulté le )
  4. Abhinavagupta 1986, p. 67.