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Gravure de Hendrik Hondius I montrant trois femmes affectées par la peste dansante.

L'épidémie dansante de 1518 est un cas de manie dansante observé à Strasbourg en Alsace (qui faisait alors partie du Saint-Empire romain germanique) en juillet 1518.

De nombreuses personnes dansèrent sans se reposer durant plus d'un mois, certaines d'entre elles décédèrent de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral ou d'épuisement, bien qu'aucun auteur contemporain aux faits n’évoque de décès liés à cette épidémie de manie dansante.

Sommaire

DescriptionModifier

Plusieurs manifestations importantes de manie dansante ont été répertoriées au cours des siècles, notamment le 15 juin 1237 à Erfurt[1], le 24 juin 1374 aux Pays-Bas ou à Aix-la-Chapelle, en 1417 et 1418 en Alsace[1].

Selon Paracelse, l'épidémie de Strasbourg débuta en juillet 1518 lorsqu'une femme, Frau Troffea, se mit à danser avec ferveur dans une rue de Strasbourg pendant entre quatre à six jours[2],[1]. En une semaine, 34 autres personnes s'étaient mises à danser et, en un mois, elles furent aux alentours de 400. Certaines finirent par mourir de crise cardiaque, d'accident vasculaire cérébral ou d'épuisement bien qu'aucun auteur contemporain aux faits n’évoque de décès liés à cette épidémie de manie dansante[2],[3].

Les documents historiques de l'époque, incluant des « notes des médecins, des sermons de la cathédrale, des chroniques locales et régionales et même les billets émis par le conseil municipal de Strasbourg » indiquent clairement que les victimes dansaient. On ignore encore aujourd'hui pourquoi ces personnes se sont mises à danser jusqu'à ce que mort s'ensuive[2]. L'épidémie de Strasbourg de 1518 est « est l'une des mieux documentées. C'est même la seule à avoir pu être reconstituée aussi précisément. [...] Au total, une vingtaine d'épisodes comparables ont été rapportés entre 1200 et 1600. Le dernier serait survenu à Madagascar, en 1863[4]. »

Comme l'épidémie s’aggravait, des nobles inquiets demandèrent l'avis des médecins locaux. Ces derniers rejetèrent les causes astrologiques et surnaturelles, annonçant qu'il s'agissait d'une « maladie naturelle », causée par un « sang trop chaud ». Néanmoins, au lieu de prescrire des saignées comme il était d'usage, les autorités encouragèrent les danseurs en établissant un marché aux grains et en construisant une scène en bois. Ils pensaient en effet que les malades ne s’arrêteraient de danser que s'ils pouvaient le faire sans interruption jour et nuit jusqu'à épuisement. Pour améliorer l'efficacité du traitement, les autorités embauchèrent même des musiciens pour maintenir la danse des malades[5],[6].

PostéritéModifier

En 2018, Jean Teulé publie Entrez dans la danse, un roman historique relatant les événements de Strasbourg en 1518, adapté en 2019 en bande dessinée avec Richard Guérineau.

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Auguste Stoeber, Légendes d'Alsace, collecte choisie et présentée par Françoise Morvan, Éd. Ouest-France, 2010 (ISBN 978-2-7373-4850-1).
  2. a b et c (en) Jennifer Viegas, « 'Dancing Plague' and Other Odd Afflictions Explained », Discovery News, (consulté le 6 mai 2013).
  3. Clementz 2016.
  4. Cabut 2014.
  5. Waller 2008a.
  6. Waller 2008b.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • (en) John Waller, « Dancing death », BBC News, 12 septembre 2008a.
  • (en) John C. Waller, « In a spin: the mysterious dancing epidemic of 1518 », Endeavour (en), vol. 32, no 3,‎ septembre 2008b, p. 117–121 (PMID 18602695, DOI 10.1016/j.endeavour.2008.05.001).
  • (en) Doug MacGowan, « The Dancing Plague of 1518 », sur Historic Mysteries, .
  • Sandrine Cabut, « Lorsqu'en 1518, les Strasbourgeois se mirent à danser jour et nuit », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • John Waller (trad. Laurent Perez), Les danseurs fous de Strasbourg : Une épidémie de transe collective en 1518 [« A Time to Dance, A Time to Die: The Extraordinary Story of the Dancing Plague of 1518 »], La Nuée Bleue/Tchou, , 219 p. (ISBN 978-2-7107-8897-3).
  • Élisabeth Clementz, « Waller (John), Les danseurs fous de Strasbourg. Une épidémie de transe collective en 1518 », Revue d'Alsace, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, vol. 142,‎ , p. 451–453 (lire en ligne).

VidéoModifier

Articles connexesModifier