Émile Trolliet

professeur de rhétorique et poète français

Émile Maurice Hippolyte Trolliet, né le à Saint-Victor-de-Morestel, mort à Paris le , est un poète et écrivain français.

Émile Trolliet
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BiographieModifier

ÉtudesModifier

Émile Trolliet effectua ses études au petit séminaire[1] du Rondeau (Grenoble) de 1868 à 1874 où il obtint son baccalauréat ès lettres.

Il entra alors comme vétéran de la classe de rhétorique au lycée de Grenoble et enfin en 1875 au lycée Charlemagne. Tout en suivant les cours du Lycée Charlemagne, il était élève interne[2] d'une institution du Marais, aujourd'hui disparue.

ProfesseurModifier

Ayant échoué au concours de l'école normale supérieure à deux reprises, il devint brièvement précepteur. Son ancien proviseur de Charlemagne, M. de Broca, le nomma en effet dès le 27 novembre 1876, comme maître auxiliaire, jusqu'en 1878 où obtint un poste de professeur de lettres au collège de Châtellerault[3]. Il en profita pour devenir en 1879, licencié ès lettres, à Poitiers.

Nommé[4] en 1880 au lycée de Laval, dirigé par l'abbé Léopold Follioley[5]. Il y prépara son agrégation. Il composa et publia un Discours en vers sur le massacre de l'expédition Flatters, qui lui valut, dans le grand public, un commencement de notoriété. Il est reçu en 1885 à l'agrégation de lettres[6]. Il se lie, à Laval, avec Albert Peltier, professeur de philosophie, Abel Combarieu, qui deviendra secrétaire-général civil de la Présidence de la République, Albert David-Sauvageot, et Alfred Baudrillart. Il y rencontre aussi Théodore Joran[7].

Il quitta Laval pour le lycée de Nîmes en 1885, où il est nommé professeur de réthorique. C'est là qu'il acheva son premier volume de vers : Les Tendresses et les cultes. A Nîmes, il ne se plut guère[8].

En 1888, il est nommé professeur de seconde au Collège Stanislas, à Paris, où il enseigna jusqu'à sa mort en 1903, étant devenu en 1894 professeur de la classe de rhétorique. Il publia deux volumes de vers, La Vie Silencieuse puis la Route fraternelle, ainsi que de prose, L'Âme, qui parut en 1894, et Médaillons de Poètes, essai de critique.

PoésieModifier

Il écrivit d'innombrables articles dans le Téléphone, qui devint grâce à lui 1893 la Revue idéaliste, revue littéraire où il publiait ses poèmes et dont il était le rédacteur en chef. Puis à partir de 1898 il fit partie du groupe de la Revue des poètes fondée par Ernest Prévost, notamment avec Marguerite Duportal, Lya Berger, Achille Paysant, Gustave Zidler, Henri Allorge, Pierre Billaud.

Il publia également dans : Le Moniteur universel, L'Union pour l'Action Morale, Le Sillon, Le Foyer du Soldat, La Paix par le Droit, La Coopération des Idées, L'Écho de la Semaine, La Correspondance Universitaire, L'Éducation Moderne, et La Revue Suisse, la plupart orientées vers la beauté, la fraternité sociales, la paix.

En 1905, l’Académie française lui décerne le Prix Capuran.

PublicationsModifier

  • Les Tendresses et les cultes, 1886
  • Éloge de Beaumarchais - pièce n°19, 1886, prix d'éloquence de l’Académie française
  • Beaumarchais, ses drames et sa théorie du drame, 1887 ; In-8 °, Extrait de la Revue d'art dramatique, 15 octobre-1er novembre 1887 ;
  • La Vie silencieuse, poésies, 1881-1891, Paris : Perrin, 1892, In-16, 240 p. ;
  • L'Âme d'un résigné, Paris : Perrin, 1895, In-16, 204 p. ;
  • Souvenir du 3 mars 1898. [Hommage à Edmond Rostand, par Émile Trolliet. - Aux élèves du Collège Stanislas, par Edmond Rostand.],Paris : impr. de F. Levé, 1898, In-8° , 8 p.; Extrait de l' Annuaire de l'Association amicale des anciens élèves du Collège Stanislas ;
  • Médaillons de poètes, 1800-1900, la génération romantique, la génération parnassienne, la génération contemporaine, Paris : A. Lemerre, 1900, In-18, 428 p. ;
  • La Route fraternelle, Paris : A. Lemerre, 1900, In-18, 211 p. ;
  • H. de Bornier, 1901 ; In-8 °, Extrait de la Revue des poètes mars 1901 ;
  • Souvenir du 27 octobre 1901. Cérémonie de la pose d'une plaque commémorative à Eugène Manuel, par la Société historique d'Auteuil et de Passy... [Discours par Adrien Dupuy, Léon Vaquez, Maurice Castellar. Au poète Eugène Manuel, par Émile Trolliet.], Paris, 1902, In-8°, 19 p., Extrait du "Bulletin de la Société historique d'Auteuil et de Passy", no 38, 4e trimestre 1901. - Extrait du Bulletin de la Société ;
  • La Paix dans la nation et entre les nations, Besançon : impr. de Dodivers, 1902, In-16, 52 p.

BibliographieModifier

  • Olivier Billaz, Un idéaliste, Émile Trolliet (1856-1903) : œuvres choisies, avec une biographie d'É. Trolliet, Paris : Plon ; Grenoble : A. Gratier & J. Rey, 1905, 358 p. ; in-8, Éd. de la Revue idéaliste. ;
  • G. Walsh, Poètes d'hier et d'aujourd'hui; morceaux choisis accompagnés de notices bio- et bibliographiques et de nombreux autographes : supplément à l'Anthologie des Poètes français contemporains, Paris, Librairie Delagrave, 1906, p. 45-48[9] ;
  • Lucien Viborel, Les Fleurs du Bien : Anthologie de poésie catholique des XIXe et XXe siècles, Paris, éditions Jacques Lanore, 2005, p. 78.

Liens externesModifier

Notes et référencesModifier

  1. Ses parents le destinaient au sacerdoce.
  2. Pendant ces deux années d'internat, il a pour camarades une élite de jeunes gens : Emile Bourgeois, Albert Cahen, Paul Dupuy, etc.
  3. Sur les conseils de son ami S. Rocheblave.
  4. Par l'Inspecteur général Charles Glachant.
  5. Avec lequel il reste en relation jusqu'à sa mort.
  6. André Chervel, « Les agrégés de l'enseignement secondaire. Répertoire 1809-1950 », sur Ressources numériques en histoire de l'éducation (consulté le 19 juin 2014).
  7. Il trouva chez M. et Mme Joran, qu'il avait connus à Laval, et qui vinrent, plus tard, habiter Paris, une seconde famille, où, comme il aimait à le répéter « des parents de choix. » C'est dans le salon de Mme Joran qu'il conçut l'idée de l' Ame d'un résigné et qu'il rencontra les principaux personnages de ce roman.
  8. Cependant il y connut Frédéric Mistral, Joseph Roumanille et Armand de Pontmartin, qui le mit en relation de correspondance avec Richardet, alors directeur du Téléphone. Ainsi se nouèrent les liens qui devaient unir, plus tard, Trolliet à cette Revue, devenue en 1893 la Revue idéaliste.
  9. [1]