Édouard Bovet

Édouard Bovet, dit Édouard Bovet de Chine, né le et mort le à Fleurier, est un négociant en horlogerie.

Édouard Bovet
Ed bovet.jpg
Édouard Bovet
Biographie
Naissance
Décès
Voir et modifier les données sur Wikidata (à 52 ans)
FleurierVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Activité

BiographieModifier

En 1814, avec deux de ses frères, il se rend à Londres. En 1818, il est engagé par la maison d'horlogerie anglaise Maniac comme horloger à Canton, en Chine. C'est ainsi qu'à l'âge de vingt et un ans, le , il embarque à bord de l'Orwell, de la Compagnie des Indes orientales, navire le plus rapide du moment.

Le , l'Orwell jette l'ancre à la porte du Tigre après « un voyage assez pénible et le plus court qui ait jamais été fait ». Édouard note dans son journal de bord : « On ne peut pas se faire une idée de la quantité de bateaux qui se trouve dessus cette rivière, tout ce peuple vit dessus l'eau, car il n'y a pas assez de place dessus terre ; la rivière est plus large que la Tamise par place. Canton est une vilaine ville [...], tout est vilain et puant... »[1].

Les Bovet de ChineModifier

Après quatre années de travail pour Maniac, Édouard Bovet s'est initié au commerce avec les Chinois. Il décide de se mettre à son compte. Le , il signe, avec ses frères, Frédéric et Alphonse établis à Londres et Gustave resté à Fleurier, un contrat en nom collectif pour l'exportation de montres depuis Londres.

Édouard Bovet a une idée. Il remarque que non seulement les mandarins, mais l'ensemble des Chinois sont friands de montres. Il veut donc vendre des montres de qualité à des prix abordables au reste de la population qui est souvent délaissée par le marché.

L'affaire des Bovet est florissante. La montre Bovet dope l'économie du Val-de-Travers. En 1840, ce n'est pas moins de cent septante-cinq[2] ateliers d'horlogerie qui travaillent pour Bovet à Fleurier, à Saint-Sulpice et aux Bayards.

Les Bovet adaptent leurs montres au goût chinois. Les montres Bovet ont le mouvement orné de fines gravures et une cuvette en verre pour observer ce mouvement, qui est souvent doré ou carrément en or. Les Chinois aiment les sujets petits et en relief.

À l'époque, en Chine, les montres sont vendues par paire. Ce n'est pas seulement pour satisfaire au goût chinois de la symétrie, mais aussi à cause de l'éloignement des ateliers : si la montre doit être envoyée à la réparation, il arrive qu'il faille attendre son retour pendant deux ans. Mieux vaut donc posséder une montre de rechange.

Les Bovet sont les premiers à inscrire leur nom en chinois sur les cadrans de montre. La marque devient tellement célèbre que le terme « poway », soit « bovet » selon la prononciation chinoise, devient synonyme de montre.

Politique neuchâteloiseModifier

Les Bovet sont également les chefs de file des républicains neuchâtelois.

Le coup d’État manqué au château de Neuchâtel, avec Alphonse Bourquin, en 1831, vaut à Édouard Bovet un décret de prise de corps et un exil de dix-sept ans à Besançon.

Édouard Bovet reviendra à Fleurier en 1848, après l'instauration de la République à la suite de la révolution du à Neuchâtel qui mit fin au règne du roi de Prusse sur la principauté de Neuchâtel.

Édouard Bovet meurt en 1849, un an après son retour au Val-de-Travers.

Fleurier conserve en souvenir d’Édouard Bovet la maison qu'il habitait avec son fils, né d'une Chinoise, à son retour en 1830. Cette maison cossue était appelée « Le Palais chinois ». Il s'agit de l'actuel hôtel de ville.

À partir de la génération suivante, les Bovet abandonnent l'horlogerie à Jules Jéquier et Charles-Ernest Bobillier auxquels s'associe Ami Leuba, et ils se concentrent sur le commerce d'import-export, en particulier du thé et de la soie.

NotesModifier

  1. Alfred Chapuis, La Montre chinoise, Neuchâtel, Genève, 1919, réimpression 1983.
  2. En 1840, cent septante-cinq chefs d'atelier d'horlogerie signent une requête auprès du Conseil d’État de Neuchâtel en faveur des Bovet dont l'exil risque de les priver de travail. Voir François Jéquier, Une entreprise horlogère du Val-de-Travers : Fleurir Watch Co SA, Lausanne, 1972, p.37.

SourcesModifier