Édith Bernardin

bibliothécaire et historienne française (1903-1994)
Édith Bernardin
Image dans Infobox.
Édith Bernardin dans les années 1960.
Biographie
Naissance
Décès
Nom de naissance
Édith Émilie BernardinVoir et modifier les données sur Wikidata
Nationalité
Formation
Activités
Autres informations
A travaillé pour
Distinctions

Édith Bernardin, née le à Vernaison et décédée le à Schiltigheim, est une bibliothécaire et historienne française.

Nommée à la Bibliothèque nationale et universitaire (BNU) de Strasbourg, elle dirige un service de l’Office des biens et intérêts privés (OBIP) à la Libération et supervise la restitution des livres que le régime nazi a spoliés en Alsace durant la Seconde Guerre mondiale.

BiographieModifier

Née à Vernaison dans le département du Rhône, elle est la fille de Henri Louis Bernardin, négociant et industriel en soieries, et d’Isabelle Humbert. Après avoir suivi des études littéraires à Paris et à Lyon, elle est nommée bibliothécaire à la Bibliothèque nationale et universitaire (BNU) de Strasbourg en où elle est titularisée. L’avènement du nazisme en Allemagne et la montée des tensions en Europe dans les années 1930 amènent la BNU à préparer un plan de repli de ses personnels et collections vers le Massif central. L’évacuation est activée quelques jours avant l’éclatement de la Seconde Guerre mondiale : dès le , Édith Bernardin est chargée d'organiser avec ses collègues Marie Kuhlmann et Serge Fischer la réception des fonds documentaires envoyés dans le Puy-de-Dôme. Les services repliés de la BNU et de l’université de Strasbourg sont accueillis au siège du rectorat de l’académie de Clermont-Ferrand. Durant tout le conflit, la bibliothécaire participe à l’activité de son institution pour assister les étudiants et chercheurs alsaciens également réfugiés[1].

 
Édith Bernardin (au centre) aux côtés de Marie Kuhlmann et d'Ernest Wickersheimer lors des célébrations de Pâques à Orcival en .

En , Édith Bernardin revient à Strasbourg et prend part à la réorganisation de la BNU qui retrouve ses locaux évacués en . Coordonnant le bureau strasbourgeois de l’Office des biens et intérêts privés (OBIP) à partir de [2], elle est chargée de diriger le service de restitution des livres que les autorités nazies ont spoliés durant l’annexion de l’Alsace par le Reich. Sa mission est de procédé au tri des ouvrages que l'administration allemande de la bibliothèque a abandonné trois ans plus tôt à la Libération de Strasbourg en puis d’en identifier les propriétaires légitimes. Elle est amenée à être en contact avec Jenny Delsaux, supervisant la sous-commission des livres au sein de la Commission de récupération artistique à Paris[3]. Ainsi, 37 000 volumes sont restitués dès et plus de 200 000 livres ont été traités par l’OBIP de Strasbourg en  : 125 857 volumes sont alors resitués à leurs propriétaires et 56 300, attribués à des ayants-droit[4]. Le service est à plusieurs reprises menacé de suppression pour des raisons budgétaires et Édith Bernardin se dit « harcelée pour mettre fin aux opérations de restitution »[5]. Le tri de ces documents se poursuit jusqu’à la fermeture du bureau le [6].

La bibliothécaire poursuit alors ses activités à la BNU et devient conservatrice en chef. Elle entreprend une thèse de doctorat en histoire intitulée Jean-Marie Roland, ministre de l’Intérieur. Essai sur l’Administration révolutionnaire, 1792-1793 qu’elle soutient en . Par un arrêté ministériel de , elle est nommée ajointe de l’administrateur de la BNU Nobert Schuller, gravement malade et dont elle assure la suppléance. Dans les faits, elle a eu l’entière responsabilité de l’établissement jusqu’à sa retraite en durant laquelle elle poursuit ses recherches historiques sur l’état civil à Strasbourg durant la Révolution française.

Édith Bernardin décède le à Schiltigheim dans le département du Bas-Rhin et se retrouve inhumée à Lyon[7].

DécorationsModifier

Notes et référencesModifier

  1. Foessel 2004, p. 4480.
  2. Poulain 2019, p. 180.
  3. Delsaux 1976, p. 44.
  4. Poulain 2008, p. 383.
  5. Poulain 2008, p. 391.
  6. Dreyfus 2012, p. 248.
  7. « Édith Bernardin », Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ (ISSN 0150-391X)
  8. « Mademoiselle Édith Bernardin », Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ (ISSN 0150-391X)

AnnexesModifier

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • « Édith Bernardin », Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ (ISSN 0150-391X).  
  • « Mademoiselle Édith Bernardin », Dernières Nouvelles d'Alsace,‎ (ISSN 0150-391X).  
  • Georges Foessel, « Bernardin Édith Émilie », dans Jean-Pierre Kintz, Nouveau dictionnaire de biographie alsacienne, vol. 43 : A-B supplément, Strasbourg, Fédération des sociétés d'histoire et d'archéologie d'Alsace, (ISBN 2-85759-042-3, lire en ligne), p. 4480.  
  • Jenny Delsaux, La sous-commission des livres à la récupération artistique : 1944-1950, Paris, [éditeur inconnu], , 63 p.  
  • Jean-Marc Dreyfus, « Le pillage des bibliothèques – et particulièrement des bibliothèques juives – en Alsace annexée, 1940-1945 », dans Alexandre Sumpf et Vincent Laniol (dir.), Saisies, spoliations et restitutions : archives et bibliothèques au XXe siècle, Rennes, Presses universitaires de Rennes, (ISBN 978-2-7535-1996-1), p. 241-250.  
  • Catherine Maurer, « Spoliations et restitutions à la Bibliothèque nationale et universitaire de Strasbourg : un chantier encore ouvert (1940-immédiate après-guerre) », dans Où sont les bibliothèques spoliées par les nazis ? Tentatives d'identification et de restitution, un chantier en cours : Paris, 23 et 24 mars 2017, Villeurbanne, École nationale supérieure des sciences de l'information et des bibliothèques, (ISBN 978-2-37546-108-2, lire en ligne).  
  • Martine Poulain, Livres pillés, lectures surveillées : les bibliothèques françaises sous l'Occupation, Paris, Gallimard, , 587 p. (ISBN 978-2-0701-2295-0).  

Articles connexesModifier

Liens externesModifier