Ouvrir le menu principal

Wikipédia:Lumière sur/Réforme bénédictine anglaise

< Wikipédia:Lumière sur

Ce « Lumière sur » a été ou sera publié sur la page d'accueil de l'encyclopédie le lundi 11 mars 2019.


Le frontispice de la charte de 966 par laquelle le roi Edgar réforme le monastère du New Minster, à Winchester (MS Cotton Vespasian A.viii, British Library), représente le roi entouré de Pierre et Marie aux pieds d'un Christ en gloire.

La réforme bénédictine ou réforme monastique est un mouvement religieux et intellectuel que connaît le royaume d'Angleterre dans la seconde moitié du Xe siècle. Très inspiré de la réforme clunisienne qui se développe sur le continent à la même période, il cherche à remplacer le clergé séculier, souvent constitué d'hommes mariés, par des moines tenus au célibat et au respect de la règle de saint Benoît. Les chefs de file de cette réforme sont les prélats Dunstan de Cantorbéry, Oswald de Worcester et Æthelwold de Winchester, qui occupent les principaux sièges épiscopaux anglais des années 960 à 980.

La majeure partie des monastères fondés en Angleterre aux VIIe et VIIIe siècles sont d'obédience bénédictine, mais le monachisme connaît un net déclin au IXe siècle. Le roi Alfred le Grand prend conscience de ce problème et s'efforce d'y remédier. Le cosmopolitisme de la cour de son petit-fils Æthelstan permet à Dunstan et Æthelwold d'entrer en contact avec des bénédictins venus d'Europe. Le roi Edgar, le neveu d'Æthelstan, partage les objectifs des réformateurs et facilite leurs entreprises, d'autant que la couronne en ressort plus puissante. Le mouvement décline à partir de la fin du Xe siècle, après la mort d'Edgar en 975 et des principaux réformateurs dans les années qui suivent.

Les conséquences de la réforme sur les plans artistique et intellectuel sont importantes. Les ateliers mis en place par Æthelwold se distinguent par la qualité de leurs enluminures, et les monastères réformés produisent de nombreux textes latins en prose et en vers dans le style herméneutique alors en vogue en Angleterre. L'école fondée par Æthelwold à Winchester joue un rôle crucial dans l'élaboration d'un standard écrit du vieil anglais, notamment grâce à Ælfric, son élève le plus célèbre.

Les textes médiévaux concernant la réforme sont tous issus du mouvement réformateur ou de ses partisans, qui condamnent fermement le clergé séculier, accusé d'être corrompu et pas à la hauteur de la tâche. Les historiens commencent à remettre en question ce point de vue à la fin du XXe siècle.