Wellesley Arabian

étalon arabe

Le Wellesley Arabian (l'Arabe de Wellesley, en français) est un étalon gris d'origine orientale, importé en Angleterre au début du XIXe siècle par Henry Wellesley. Ses origines sont controversées, le Wellesley Arabian pouvant être perse, indien, syrien, ou originaire d'un pays du continent africain. Une version veut qu'il soit importé depuis les Indes en , par Henry Wellesley, frère du duc de Wellington. Il meurt vraisemblablement en Angleterre en 1811.

Wellesley Arabian
Image dans Infobox.
Jacques-Laurent Agasse, The Wellesley Grey Arabian Led through the Desert (l'Arabe gris de Wellesley mené à travers le désert), vers 1810
Informations
Espèce
Race
Arabe (?)Voir et modifier les données sur Wikidata
Couleur
Sexe
Date de naissance
Vers Voir et modifier les données sur Wikidata
Date de décès
Taille
1,57 mVoir et modifier les données sur Wikidata

Ce cheval n'a qu'une petite influence sur la race des Pur-sang, donnant parmi quelques descendants notables la jument Fair Ellen, mère d'un vainqueur des Oaks d'Epsom et du second du Derby d'Epsom en 1826. Wellesley Arabian a aussi été une source d'inspiration pour le peintre d'origine suisse Jacques-Laurent Agasse. Il est représenté dans plusieurs gravures au début du XIXe siècle.

HistoireModifier

 
Le Wellesley Arabian d'après un dessin de Marshall gravé sur bois par Butler, publié dans l′American Turf Register and Sporting Magazine, 1830.

Ce cheval est aussi connu, d'après Roger D. Upton, sous le nom de The Wellesley Grey Arabian[1], soit « l'Arabe gris de Wellesley » en français. Le Wellesley Arabian est réputé provenir d'un pays arabe extérieur à l'Angleterre, mais son origine exacte reste peu claire[2], celle-ci n'ayant, d'après le vétérinaire anglais William Youatt, jamais été déterminée[3].

D'après Harry Hieover, bien que son importateur le considère comme un cheval arabe, il pourrait s'agir en réalité d'un cheval perse, car l'ambassadeur de Perse avait visité l'Angleterre avec des chevaux issus de ses haras[4]. Charles James Apperly (1842)[5] et Sir Humphrey Francis De Trafford (1907)[6] épousent cette théorie. Il n'existe cependant aucune preuve de cette origine[7]. John Lawrence (History and Delineation of the Horse, 1809) estime qu'il s'agissait d'un cheval perse ou syrien[8]. D'autres conjectures portent sur un pays « voisin de l'Arabie »[9].

D'après les documents relatifs à Jacques-Laurent Agasse, le Wellesley Arabian fut « acquis en Afrique et rapporté des Indes » par Henry Wellesley, frère d'Arthur Wellesley, le duc de Wellington[10]. Ce dernier importe cet étalon gris depuis « les Indes » en 1803[11], avec un autre cheval croisé, de robe alezan[12]. Cependant, d'après John Lawrence, seul le cheval gris attire l'attention à l'époque[8]. Ces deux chevaux arrivent en Angleterre en , au retour du service de Wellesley dans les Indes[12]. La grande taille de Wellesley Arabian laisse à supposer qu'il provienne d'une région où la nourriture équine est abondante[13],[14],[15].

Un numéro du Sporting Magazine (en), daté de 1829, fait état de cette controverse sur ses origines, John Lawrence répondant à Captain Gwatkin que le Wellesley Arabian était perse ou syrien, avec de fortes origines arabes, et non originaire d'Inde[16]. La controverse est répertoriée sur les bases de données généalogiques en ligne, Horsetelex n'indiquant ni origines ni année de naissance pour Wellesley Arabian[17], tandis que AllBreedPedigree l'annonce né en 1803, ayant pour père un cheval d'Inde né vers 1800[18].

Le Wellesley Arabian est présumé mort en 1811[19].

DescriptionModifier

 
Le Wellesley Arabian, d'après une gravure dans une encyclopédie anglaise datée de 1831.

Wellesley Arabian est un étalon d'origine orientale, mais le General Stud Book ne l'enregistre pas comme un Pur-sang arabe[20], aussi fut-il présenté de façon erronée à son époque comme un cheval arabe[3],[21]. Il ne présente par ailleurs ni le modèle du Barbe, ni celui de l'Arabe[2], mais plutôt le modèle-type du Pur-sang de chasse de l'époque[4]. Son profil de chanfrein n'est pas concave[4]. John Scott et Thomas Brown le comparent à un cheval militaire de charge européen, mais dont les membres et la finesse de la peau révèlent les origines orientales[13],[15]. Par ailleurs, ses sabots sont moins fins que ceux des chevaux arabes habituels[13],[14],[15].

Portant une robe grise[10], il est réputé pour avoir été de grande taille pour son époque[4], soit 15 mains et deux pouces de haut (1,57 m)[7].

DescendanceModifier

Wellesley Arabian est le dernier cheval arabe, ou supposé tel, à être entré dans l'élevage des chevaux de course en Angleterre[21]. En effet, aucun autre cheval arabe importé depuis la fin du XVIIIe siècle n'avait influencé la race du Pur-sang[22]. Wellesley Arabian constitue donc une exception à la règle d'absence d'introduction de chevaux d'origine étrangère chez la race Pur-sang[7].

Quelques-uns de ses poulains ont été entraînés comme chevaux de courses, mais ont rencontré trop peu de succès pour être notables dans l'histoire de la race Pur-sang[15],[21]. Wellesley Arabian est le père de Lemon Squeezer, né en 1807 d'Orange Squeezer, une fille de l'étalon Highflyer[23]. Plus connue est sa fille la jument Fair Ellen, petite-fille par sa mère Maria de Highflyer[20],[11],[24]. Par elle, le Wellesley Arabian est le grand-père de Lilias, gagnant des Oaks d'Epsom en 1826[1]. Fair Ellen est aussi la mère de The Exquisite, qui termine second du Derby en 1829[24],[1]. Et la mère de Dandizette, née chez M. Walker en 1820[25], qui a fini second des Oaks en 1823[7],[24]. Une fille de Dandizette est la jument Selim Mare, alezane, née chez M. Sadler en 1822[26]. Dandizette a également donné le poulain Babel, né en 1823[27].

Représentations dans les artsModifier

Le Wellesley Arabian a inspiré le peintre d'origine suisse Jacques-Laurent Agasse, qui l'a représenté dans l'un de ses travaux majeurs, Portrait of the Grey Wellesley Arabian with his Owner and Groom in a stable (« Portrait de l'Arabe gris de Wellesley avec son propriétaire et un palefrenier dans une écurie »), en 1809, constituant l'un de ses rares travaux à être signés[12]. Le cheval et son groom sont le sujet d'un tableau de même type peint la même année par Agasse, The Wellesley Arabian, held by a Groom in a Landscape[28]. Le tableau Portrait of the Grey Wellesley Arabian with his Owner and Groom in a stable a été recopié par Charles Turner dans une gravure de grande qualité[29], parue à Londres, chez Newman, le [30]. La trace de ces tableaux d'Agasse s'est perdue[29].

Une gravure originale de ce cheval a été créée pour la première fois dans History of the Horse de Lawrence, en 1810[31].

Notes et référencesModifier

  1. a b et c Upton 1873, p. 177.
  2. a et b Goodrich 1831, p. 73.
  3. a et b (en) William Youatt et William Charles Spooner, The Horse ; With a Treatise on Draught, by I. K. Brunel, and an Appendix, Intended to Advance the Work to the Present State of Veterinary Science, by W. C. Spooner, Baldwin, , 528 p., p. 48.
  4. a b c et d Harry Hieover, « Horses of the sun and horses of the sod », The New sporting magazine, vol. 19,‎ , p. 409-410.
  5. Apperly 1842, p. 201.
  6. (en) Sir Humphrey Francis De Trafford (3d bart.) et Sir Gilbert Greenall, The Horses of the British Empire, vol. 1, W. Southwood, , 286 p., p. 43.
  7. a b c et d (en) The Encyclopædia Britannica, or, Dictionary of arts, sciences, and general literature, vol. 11, Adam & Charles Black, , 8e éd. (lire en ligne), p. 634.
  8. a et b (en) History and Delineation of the Horse, , p. 281-282.
  9. (en) John Stuart Skinner, American Turf Register and Sporting Magazine, vol. 2, J.S. Skinner, , p. 577.
  10. a et b Baud-Bovy 1904, p. 145.
  11. a et b Fores's Sporting Notes and Sketches 1895, p. 78.
  12. a b et c (en) Jacques Laurent Agasse, Renée Loche, Lucien Boissonnas, Tate Gallery, Colston Sanger, Jacques-Laurent Agasse, 1767-1849, Genève, Suisse. Musée d'art et d'histoire, Tate Gallery, , 285 p. (ISBN 1-85437-003-0 et 9781854370037), p. 102.
  13. a b et c (en) Thomas Brown, Biographical Sketches and Authentic Anecdotes of Horses : And the Allied Species. Illustrated by Portraits of Celebrated and Remarkable Horses, Daniel Lizars; Whittaker, Treacher, & Arnot, London; and W. Curry, jun. & Company Dublin, , 573 p. (lire en ligne), p. 188-189.
  14. a et b (en) Delabere Pritchett Blaine, An Encyclopaedia of Rural Sports : Or a Complete Account, Historical, Practical, and Descriptive, of Hunting, Shooting, Fishing, Racing, and Other Field Sports and Athletic Amusements of the Present Day, Longmans, Green, Reader, and Dyer, , 1246 p., p. 248.
  15. a b c et d Scott 1831, p. 5.
  16. (en) « Breeding racers in India », Sporting Magazine: Or, Monthly Calendar of the Transactions of the Turf, the Chase and Every Other Diversion Interesting to the Man of Pleasure, Enterprize, and Spirit, Rogerson & Tuxford, vol. 24,‎ , p. 95.
  17. (en) « Wellesley Arabian », sur HorseTelex (consulté le 17 janvier 2019).
  18. (en) « The Wellesley Arabian », sur www.allbreedpedigree.com (consulté le 17 janvier 2019).
  19. (en) William White, Notes and Queries, Oxford University Press, , p. 329.
  20. a et b Upton 1873, p. 50.
  21. a b et c (en) John Sherer, Rural Life described and illustrated, in the management of horses, dogs, cattle... Illustrated with steel engravings, The London printing and publishing company, (lire en ligne), p. 71.
  22. (en) William Percivall, The veterinarian, Londres, Longman, Brown, Green et Longmans, (lire en ligne), p. 261.
  23. General Stud Book 1836, p. 367.
  24. a b et c Apperly 1842, p. 202.
  25. General Stud Book 1836, p. 80.
  26. General Stud Book 1836, p. 283.
  27. General Stud Book 1836, p. 20.
  28. (en) « The Wellesley Arabian held by a Groom in a Landscape by Jacques-Laurent Agasse », sur www.artnet.com (consulté le 16 janvier 2019).
  29. a et b C.-F. Hardy (trad. de l'anglais par D. Plan), « La vie et l’œuvre de Jacques-Laurent Agasse », Pages d'art : revue mensuelle suisse illustrée, Éditions de « L'Art en Suisse »,‎ , p. 68.
  30. (en) « The Wellesley Arabian (after Jacques-Laurent Agasse) 286144 », sur www.nationaltrustcollections.org.uk (consulté le 16 janvier 2019).
  31. (en) Samuel Sidney, James Sinclair et William Charles Arlington Blew, The Book of the Horse, Cassell & Company, , 680 p., p. 9.

BibliographieModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  • [Apperly 1842] (en) Charles James Apperly, Nimrod Abroad, vol. 2, H. Colburn, (lire en ligne)
  • [Baud-Bovy 1904] Daniel Baud-Bovy, 1766-1849; Töpffer, Massot, Agasse, vol. 2 de Peintres genevois, Le Journal de Genève, (OCLC 222322590)
  • [Fores's Sporting Notes and Sketches 1895] « The Wellesley Arabian », Fores's Sporting Notes and Sketches, Messrs. Fores., vol. 12,‎
  • [General Stud Book 1836] (en) The General Stud Book Containing Pedigrees of English Race Horses, from the Earliest Accounts to the Year 1831, Inclusive, vol. 4, Londres, J.S. Skinner, (lire en ligne)
  • [Goodrich 1831] Charles Augustus Goodrich, « The Wellesley Arabian », dans A New Family Encyclopedia; Or, Compendium of Universal Knowledge: Comprehending a Plain and Practical View of Those Subjects Most Interesting to Persons, in the Ordinary Professions of Life, , 2e éd., 468 p.
  • [Scott 1831] (en) John Scott, The Sportsman's Repository : Comprising a Series of Highly Finished Engravings, Representing the Horse and the Dog, in All Their Varieties, Henry G. Bohn, , 204 p. (lire en ligne), « The Wellesley Arabian »
  • [Upton 1873] (en) Roger D. Upton, Newmarket & Arabia : An Examination of the Descent of Racers and Coursers, Henry S. King, , 211 p. (lire en ligne)
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