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Wanadoo

ancien fournisseur d'accès internet
Page d'aide sur l'homonymie Cet article concerne l'ancien fournisseur d'accès à internet. Pour tout autre sujet, voir Orange France et Pages jaunes (France).

Wanadoo
logo de Wanadoo

Création 1995
Disparition 1er juin 2006
Fondateurs France Télécom
Personnages clés Michel Bon, Gérard Eymery, Daniel Sainthorant, Roger Courtois, Yves Parfait, Philippe Dewost
Forme juridique Société anonyme
Slogan l'Internet par France Telecom
Siège social Issy-les-Moulineaux
Actionnaires France TélécomVoir et modifier les données sur Wikidata
Activité FAI, Annuaires Téléphoniques, portail internet
Produits eXtense, Intégrales, Accès libre
Société mère France Télécom
Filiales PagesJaunes, Wanadoo Consulting, Wanadoo e-Merchant, Wanadoo Services Pro, Wanadoo Cable, W-HA, Wanadoo Audiovisuel, Wanadoo Édition, Wanadoo Data, Wanadoo Regie, CVF, EMW
Site web Wanadoo en 1996

Wanadoo est une ancienne filiale de France Télécom (aujourd'hui Orange) qui a lancé son activité de fournisseur d'accès à Internet dès 1995 et dont les activités ont été, au plus tard en 2006, soit cédées soit intégrées sous la marque Orange de France Télécom. En 2000, date d'introduction en bourse, elle tirait son chiffre d'affaires pour l'essentiel de l'annuaire Pages jaunes. À son apogée, elle était présente dans plusieurs autres pays, dont le Maroc, le Royaume-Uni et le Liban.

Origine du nomModifier

Le nom Wanadoo (phonétiquement ouanadou) vient de l'expression argotique américaine « wanna do » pour « want to do », littéralement « vouloir faire »[1].

En février 1994, France Télécom avait fait son entrée à 5,5 % dans le tour de table d’Havas en échange de l’apport de ses 50 % dans l’ODA — l’Office D’Annonces, éditeur des Pages Blanches, des Pages Jaunes, et des services Minitel correspondants, l’ODA deviendra Pages Jaunes, sera mise en bourse, puis rebaptisée SoLocal. Cette association devait « explorer de nouveaux segments à la frontière des télécoms et de la communication », notamment dans l’édition électronique et les services en ligne. L’ODA comprenait notamment une équipe dédiée aux nouveaux usages et aux nouvelles interfaces, extrêmement innovante et dotée de capacités avancées de prototypage..

Cette équipe multimédia, menée par Daniel Sainthorant, s’était focalisée sur la création de contenus multimédia pour ordinateur. Ils avaient notamment commencé à prototyper un univers de services de galerie commerciale virtuelle; Olivier Bon confie alors à Marcel Botton, dirigeant de la société Nomen (spécialisée dans la création de noms de marques), la mission de concevoir un nom pour ce projet. Parmi plusieurs centaines de propositions, quatre noms se distinguent : « Hublot », « Pass'tek », « Zoominfo » et « Wannado ». Olivier Bon suggère alors de déformer l'anglicisme Wannado en supprimant un N et en rajoutant un O final. La syllabe finale sera immédiatement reconnue comme devant être prononcée « ou », à l'instar de Tatoo (réseau de messagerie de France Télécom de 1995 à 2000) ou de Yahoo!. Ce nom décalé de Wanadoo sera finalement retenu.

En parallèle, France Telecom réfléchissait à des noms tels que «FT36» ou «FT Net» ou encore «Mediatel». La réunion des deux équipes permettra à Wanadoo de devenir une marque.

HistoriqueModifier

 
Wanadoo et son émulateur Minitel

En 1994, la « Direction de Programme Mediatel » avait été créée par Jean-Jacques Damlamian, avec la complicité de Gérard Eymery, et confiée à Yves Parfait, un des pionniers des réseaux de fibre optique de France Télécom. Le Minitel était parvenu à maturité, et l’opérateur national réfléchissait dès lors à la suite avec 3 grandes options :

  • Prendre 20% du capital d’AOL (America Online, l’un des deux géants américains de ce qu’on appelait les « services en ligne », qui rachètera plus tard Time Warner) pour développer et opérer AOL Europe.
  • Une “télématique à la française” déployée sur ordinateur avec un modèle de revenus, un modèle d’App Store (le kiosque de services, avec reversements), modèle qui avait déjà fait ses preuves mais était trop limité à la France.
  • Utiliser ce fameux “protocole IP” qui n’avait pas été inventé en France, qui était américain donc un peu suspect aux yeux des chercheurs du CNET (le Centre National d’Etudes en Télécommunications, laboratoire exceptionnel d’où sont sortis la norme GSM, la compression MPEG, la reconnaissance vocale ou encore la transmission sur fibre optique), mais qui avait l’avantage d’être universel.

En Septembre 1995, le choix de l’option « Internet » est confirmé et marque le début du “projet IAP” (pour Internet Access Provider). L’équipe est une startup, dirigée par Yves Parfait, secondé par Daniel Le Rest, Georges Even, Philippe Dewost puis Bertrand Gouze. Le projet s'appuie sur les équipes du CNET pour l’architecture du réseau (Jean-Marc Steffann), l’IT (Fazal Majid), les aspects multimédia (le CCETT de Rennes, à l’origine de la plupart des normes MPEG), etc. Daniel Le Rest est chargé de la stratégie, Bertand Gouze de la commercialisation et Philippe Dewost de la définition de l'offre produit.

En parallèle, et depuis 1995, Daniel Sainthorant et son équipe à l'ODA (une vingtaine de personnes dont Dominique Lemaire, Philippe Michel, Luc Pugeat, Thierry Robin, Olivier Bon, …) préfiguraient les fonctions « portail » : annuaire avec « Qui-quoi-où » et « Preciprox », gestion de contacts et gestion de programmes avec « Carnenda »... sous la marque "Wanadoo".

Fin 1995, France Telecom regroupe le « Projet IAP » et le projet Wanadoo ; l’ensemble sera logé dans une filiale, France Telecom Interactive, filiale à 100% de France Telecom. Les premières recrues sont son Président Roger Courtois (qui a débuté trente ans plus tôt sa carrière d’ingénieur des télécom au Centre national d’études des télécoms (CNET) avant de diriger pendant près de 15 ans plusieurs PME dans le domaine télématique dont Courtoisie, éditeur vidéotex réputé), sa Directrice Financière Marie-Christine Allais, et Jean Lebrun de retour de l’ODA où il avait développé Pages Jaunes Multimédia.

France Telecom s’installe à Malakoff, Rue Etienne Dolet, et migrera quelques mois plus tard à Issy les Moulineaux Rue Camille Desmoulins.

L’expertise en production et en édition de services sera apportée par Intelmatique (Patrick Guet, Somphaphone Sackda) et VTCom, qui regorgent de développeurs et d’administrateurs systèmes très talentueux — c’est un des effets de bord méconnus du succès de la télématique en France, les centres serveurs tournent tous sous Unix — : Daniel Mahak, Hervé Binda, Sylvain Causse, Patrice Robert, Benoît Guitard, Nicolas Sayer, Patrice Bouf…

Le design des premiers éléments du service et de ses icônes est confié à EVM Multimedia dirigée par Jean-Louis Fourtanier, et c’est Cécile Adam qui va y donner sa première signature visuelle au service, ainsi que le prénom de « l’abonnée générique » Cécile Bertau. La compétence sera ensuite internalisée dans un “studio” avec Marc Chanel et Arnaud Guedj.

Il faut aussi organiser l’assistance à des utilisateurs parfois déboussolés par les acronymes anglo-saxons, et ne faisant pas toujours la différence entres les ennuis issus de leur matériel, de leurs logiciels, et de Wanadoo ; Vincent Chové va structurer le service clients avec des personnalités comme Bruno Galice, Sylvain Carpentier ou Pierre Jullo.

 
Page d'accueil de l'offre de service wanadoo le 2 mai 1996

Le 2 mai 1996, Serge Soudoplatoff, le premier client s'inscrit.

Un certain nombre d’orientations fondamentales sont prises pendant cette période de lancement : choix technologiques à la base de la « plate-forme Wanadoo », primauté donnée au niveau FTI aux « tuyaux » plutôt qu’aux contenus véhiculés, premiers partenariats (constitution du premier annuaire d'adresses e-mail avec l'américain Four11, regroupement dès 1997 des abonnés Wanadoo et ceux du service MSN en France), premiers tests de l'ADSL.

La croissanceModifier

France Télécom, que Michel Bon rebaptise « la net compagnie », mise sur Internet. Sous la Direction de Nicolas Dufourcq, Wanadoo devient un groupe regroupant les activités d'accès à Internet résidentiel du Groupe France Télécom au sein de Wanadoo Interactive, l'activité annuaire avec Pages Jaunes et des sites éditoriaux ou commerciaux comme GOA, Voila, Computer Channel (aujourd'hui disparu), Alapage, les sites EMW (filiale avec le groupe de presse Emap), des services Internet à destination des entreprises (Wanadoo Consulting, Wanadoo Data, CVF), des activités de contenus multimédia (Wanadoo Edition, Wanadoo Audiovisuel). Les activités portails sont regroupées dans l’ensemble Wanadoo portails dirigé par Padoue Lair puis Jean-Marc Steffann.

En 2000, la société s'implante en Belgique, Espagne, Pays-Bas. Wanadoo rachète également la société Nordnet ; c’est aussi l’introduction en Bourse. En 2000, le chiffre d'affaires est d'environ 730 millions d'euros, dont environ 85 % réalisés avec le service d'annuaire Pages jaunes[2]. En 2001 a lieu le rachat de Freeserve au Royaume-Uni. Début 2001, l'entreprise revendique 5 millions d'abonnés[3]. En 2002 se produit le rachat d’Eresmas en Espagne.

Wanadoo était présente en Algérie, en Espagne, en Jordanie, au Royaume-Uni, en Tunisie, au Liban, à Madagascar, au Maroc, au Sénégal, en Guinée équatoriale, etc.

Le regroupement dans la maison mère : Wanadoo devient OrangeModifier

À partir de 2003, suivant la stratégie de groupe intégré initiée par Thierry Breton, l'entreprise est sortie de la cote et réintégrée dans la maison-mère sous la direction d'Olivier Sichel, qui remplace Nicolas Dufourcq. C’est la diffusion de la livebox (la première est mise en service en septembre 2004) et des offres triple play avec internet, téléphone et télévision[réf. nécessaire].

Le 1er juin 2006 Wanadoo devient Orange, la marque commerciale de France Télécom. La messagerie email Wanadoo fonctionne cependant toujours en parallèle avec celle d'Orange. Les adresses e-mail en @wanadoo.fr sont ainsi toujours valables en 2019.

Identité visuelle (logotype)Modifier

NotoriétéModifier

France Télécom Interactive lance sous la marque Wanadoo la première offre publique d’accès à Internet du groupe FT le 2 mai 1996.

En 1998, Michel Bon choisit Wanadoo pour désigner la holding coiffant toutes les filiales ayant un rapport direct avec Internet.

Notes et référencesModifier

Liens externesModifier