Władysław Raczkiewicz

politicien polonais

Władysław Raczkiewicz
Illustration.
Władysław Raczkiewicz
Fonctions
Président de la République de Pologne[N 1]
(en exil)

(7 ans, 8 mois et 7 jours)
Président du Conseil Władysław Sikorski (en exil)
Stanisław Mikołajczyk (en exil)
Tomasz Arciszewski (en exil)
Prédécesseur Ignacy Mościcki
Successeur Bolesław Bierut (1945)
August Zaleski (en exil)
Président du Sénat de Pologne

(4 ans, 9 mois et 24 jours)
Prédécesseur Julian Szymański
Successeur Aleksander Prystor
Biographie
Date de naissance
Lieu de naissance Koutaïssi
(Empire russe)
Date de décès (à 62 ans)
Lieu de décès Ruthin (Pays de Galles, Royaume-Uni)
Nationalité Polonaise
Profession Avocat

Władysław Raczkiewicz
Présidents de la République de Pologne

Władysław Raczkiewicz, né le à Koutaïssi et mort le à Ruthin, est un homme d'État polonais. Il est président de la République de Pologne en exil du à sa mort.

BiographieModifier

JeunesseModifier

Władysław Raczkiewicz, fils d'un juge, Józef Raczkiewicz et de Ludwika Łukaszewicz, naît à Koutaïssi, ville géorgienne, alors dans l'Empire russe. Il fait ses études à Saint-Pétersbourg où il fait partie de l'Organisation de la jeunesse polonaise. Après avoir terminé ses études à la faculté de droit de l'université de Dorpat, il exerce comme avocat à Minsk. Quand éclate la Première Guerre mondiale, il rejoint le mouvement clandestin pour la liberté polonaise et sert sous les ordres de Józef Piłsudski, qui se crée une armée pour reconquérir l'indépendance de Pologne contre la Russie.

Parcours politiqueModifier

Pendant la guerre soviéto-polonaise de 1919 à 1921, il combat comme volontaire. Pendant la Guerre civile russe, Piłsudski nomme Raczkiewicz ministre de l'Intérieur en . De 1930 à 1935, il est président du Sénat.

Après l'invasion de la Pologne par l'Armée allemande le , puis l'Armée rouge le , il se fraye un chemin jusqu'en France. C'est là qu'après l'internement en Roumanie des autorités polonaises (le président de la République Ignacy Mościcki et le gouvernement) il se voit transmettre, le , dans le respect de la Constitution d'avril 1935, les pouvoirs de président de la République. En effet, la Constitution donne au président le droit de désigner son successeur si le pays est en état de guerre[1].

Wladyslaw Raczkiewicz nomme dès le lendemain le général Władysław Sikorski comme Premier ministre et commandant-en-chef (-). Les autorités polonaises, initialement établies à l'hôtel de Monaco (Paris), s'installent à Angers dès et s'emploient à la reconstitution d'une armée polonaise sur le sol français. Le , devant l'intention évidente de l'Allié français de signer un armistice avec l'Allemagne, le Président de la République de Pologne embarque depuis Saint-Jean-de-Luz pour une périlleuse traversée vers l'Angleterre, pour y continuer la lutte. Le président de la République de Pologne et le gouvernement polonais en exil s'installent dès lors à Londres.

Au cours de cette phase de la guerre qui suit la défaite de la France de et jusqu'à l'entrée en guerre des États-Unis en , les forces polonaises sont numériquement les principaux alliés de la Grande-Bretagne, avec une contribution considérable notamment des pilotes polonais dans la défense du ciel britannique lors de la Bataille d'Angleterre.

La rupture de l'alliance entre l'Allemagne nazie et l'Union soviétique par l'invasion allemande des Soviétiques, le , modifie le rapport de forces. Les Polonais en exil comptent progressivement de moins en moins pour leurs alliés Britanniques à mesure du retournement de la situation sur le front de l'Est (1943). En , Staline, pourtant coupable, saisit le prétexte de la découverte par la Wehrmacht du charnier des officiers polonais de Katyn pour rompre les liens avec le gouvernement en exil et manœuvrer pour achever de constituer un groupe de responsables polonais communistes, totalement méconnus, à sa botte.

Les autorités polonaises en exil sont de surcroît affaiblies par la mort dans un accident ou attentat d'avion du général Sikorski, en et l'échec, facilité par Staline, de l'insurrection de Varsovie contre les forces nazies (1er août-).

En , Staline, Churchill et Roosevelt tiennent la Conférence de Yalta. La Pologne y est l'un des principaux sujets de discussion. Staline fait valoir que seul un gouvernement polonais "fort" pro-communiste serait capable de garantir la sécurité de l'Union soviétique. À l'issue de la guerre, les principaux Alliés retirent leur reconnaissance aux autorités polonaises en exil.

Le président de la République de Pologne et le gouvernement polonais en exil, s'appuyant à la fois sur la légalité (la constitution polonaise d'avril 1935 jamais répudiée) et leur légitimité (un gouvernement représentatif constitué à partir des quatre principaux partis d'opposition d'avant-guerre) n'accepteront pas ces décisions et continueront d'exercer leur fonctions, en se transmettant tour à tour la charge, jusqu'en 1990, date des premières élections libres et démocratiques en Pologne. À cette date, Lech Walesa recevra des mains du dernier Président polonais en exil, Ryszard Kaczorowski (1989-1990), les insignes présidentiels - cérémonie du , au Palais Royal de Varsovie, marquant aussi symboliquement la fin de l'exil politique que Wladyslaw Raczkiewicz avait inauguré 50 ans plus tôt.

Raczkiewicz mourra en fonctions en 1947, à Ruthin, au Pays de Galles. Il est enterré à Newark-on-Trent en Angleterre. Son successeur désigné August Zaleski lui succède jusqu'à sa propre mort, en 1972 - avant que la règle coutumière ne soit rétablie et que les Présidents de la République en exil suivants Stanisław Ostrowski (1972-1979), Edward Raczynski (1979-1986) et Kazimierz Sabbat (1986-1989) ne servent qu'un maximum de 7 ans chacun.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Reconnu par la communauté internationale et les Alliés jusqu'au .

RéférencesModifier

  1. Jean-Pierre Maury, « Pologne, Constitution de 1935, Digithèque MJP », sur mjp.univ-perp.fr (consulté le 5 juillet 2020).