Vilayet d'Ankara

Le vilayet d'Ankara est un vilayet (province) de l'Empire ottoman qui a existé de 1867 à 1922. Il se situait en Turquie actuelle, au centre du haut plateau d'Anatolie. Sa capitale était Ankara (ou Angora).

Vilayet d'Ankara
Turc ottoman Vilâyet-i Ankara

1867–1922

Description de cette image, également commentée ci-après
Vilayet d'Ankara dans l'Empire ottoman en 1900
Informations générales
Capitale Ankara
Démographie
Population ((1914)) 877 285 musulmans
20 240 Grecs
51 556 Arméniens
Superficie
Superficie ((1914)) 83 760 km2

Entités précédentes :

Entités suivantes :

HistoireModifier

 
Artisan musulman d'Ankara, artisan chrétien d'Ankara, Kurde des environs de Yozgat. Pascal Sebah, 1873
 
Vilayet d'Ankara. Cuinet, 1890
 
Arrivée à Ankara de Mustafa Kemal et des membres du congrès de Sivas, 27 décembre 1919

Le vilayet d'Ankara est créé en 1867 par la réforme administrative qui transforme les eyalets (ou pachaliks) en vilayets. Il est issu de l'ancien pachalik d'Ankara. Le recensement de 1885 (publié en 1908) lui attribue une population de 892 901 habitants, les données de ce recensement étant considérées comme approximatives ou incertaines.

Au début du XXe siècle, selon le géographe britannique G.W. Prothero, cette région dotée d'un sol fertile, mais au climat relativement froid et continental, produit des céréales et, dans les régions les mieux abritées, du tabac, du coton et des fruits. Une grande partie de la région n'est pas cultivée mais laissée en pâturage : on y élève la chèvre angora (qui produit le mohair), les moutons, chameaux et mules. Le chemin de fer traverse le plateau anatolien par Eskişehir, Ankara et Kayseri ; cependant, il a provoqué le déclin de l'artisanat textile, les habitants exportant la laine brute[1]. Le sel gemme est aussi exploité[2].

La région est traversée par la grande route qui va du Bosphore à l'Arménie[3] ; Ankara est reliée au chemin de fer à partir de 1892[4].

Ankara, ville moyenne de 20 000 habitants, est choisie par Mustafa Kemal comme capitale provisoire pendant la guerre d'indépendance turque. La Grande Assemblée nationale de Turquie s'y réunit le . La ville, au centre de l'Anatolie, est relativement à l'abri d'un coup de main ennemi ; reliée au chemin de fer et au télégraphe, elle permet des liaisons avec les trois fronts de la guerre : contre les Grecs en Ionie, les Français en Cilicie et les Arméniens sur le plateau nord-est. Cependant, les kémalistes doivent d'abord combattre le mouvement religieux de l'Armée du Calife et des féodaux anatoliens comme les Çapanoğlu de Bozok (Yozgat) : leur situation stratégique reste précaire jusqu'au traité de Sèvres () qui retourne l'opinion en leur faveur[5].

Après la victoire de la Turquie et l'abolition de la monarchie, Ankara devient la capitale définitive, à la place d'Istanbul, le .

SubdivisionsModifier

Le vilayet d'Ankara comprenait les sandjaks (districts) suivants :

  1. Sandjak d'Ankara (Ankara, Ayaş, Beypazarı, Sivrihisar, Çubuk, Nallıhan, Haymana, Kızılcahamam, Mihalıççık, Balâ, Kalecik)
  2. Sandjak de Bozok (Yozgat, Akdağmadeni, Boğazlıyan)
  3. Sandjak de Kayseri (Kayseri, Develi, İncesu)
  4. Sandjak de Kırsehir (Kırşehir, Mucur, Hacıbektaş, Keskin, Çiçekdağı, Avanos)
  5. Sandjak de Çorum (Çorum, Osmancık, Kargı, Sungurlu, İskilip)

Voir aussiModifier

Notes et référencesModifier

  1. G.W. Prothero, Anatolia, 1920, p. 77
  2. G.W. Prothero, Anatolia, 1920, p. 93
  3. G.W. Prothero, Anatolia, 1920, p. 41
  4. G.W. Prothero, Anatolia, 1920, p. 44
  5. Yves Ternon, Empire ottoman. Le déclin, la chute, l’effacement, Éditions du Félin, 2002, p. 383-385

Sources et bibliographieModifier

  • (en) Cet article est partiellement ou en totalité issu de l’article de Wikipédia en anglais intitulé « Ankara Vilayet » (voir la liste des auteurs) dans sa version du .
  • Yves Ternon, Empire ottoman. Le déclin, la chute, l’effacement, Éditions du Félin, 2002.

Liens externesModifier

  • (en) G.W. Prothero, Anatolia, Londres, H.M. Stationery Office, (lire en ligne), p. 112

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