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Un amour de sorcière
Réalisation René Manzor
Scénario René Manzor
Acteurs principaux
Sociétés de production Canal+
Les Films Christian Fechner
TF1 Films Production
Pays d’origine Drapeau de la France France
Genre Aventure
Comédie romantique
Fantastique
Durée 102 minutes
Sortie 1997

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution

Un amour de sorcière est une comédie romantique française, réalisée par René Manzor, sorti en 1997.

Sommaire

SynopsisModifier

Nous sommes au crépuscule de la sorcellerie. Le nombre de sorciers décline, et la question qui se pose est celle de leur descendance. Molok Edramareck (Jean Reno), le dernier sorcier mâle existant, n'a pas de successeur. De son côté Morgane (Vanessa Paradis), sorcière du Bien, l'une des quatre dernières sorcières toujours en vie et la seule pouvant encore enfanter, est mère d'un adorable bébé de onze mois : Arthur. Aussi, le 14 juin prochain, à 6 h du matin, ce dernier aura un an et comme tous les bébés sorciers, il devra être parrainé. Si c'est un sorcier du Bien qui le parraine, ses pouvoirs seront mis au service du Bien. Si au contraire il est parrainé par un sorcier du Mal, c'est vers le Mal que ses pouvoirs s'orienteront. Malheureusement, il ne reste plus qu'un sorcier sur Terre, Molok, et celui-ci défend le Mal.

La seule solution pour Morgane reste de faire perdre ses pouvoirs à Arthur, afin que Molok ne veuille plus de lui et qu'il ne serve pas le Mal. Pour ce faire, elle doit sacrifier au moment fatidique – soit le 14 juin à 6 h du matin – un simple mortel dont l'anniversaire coïncide avec cette date et cette heure. Trois hommes sur terre répondent à ces critères. Mais Molok, ayant envisagé que Morgane puisse recourir à cette échappatoire, les tue un à un. Par chance, la sorcière parvient à attirer dans ses filets le dernier de ceux-ci avant que Molok ne l'atteigne : un inventeur américain du nom de Michael Firth (Gil Bellows). Une fois que Michael aura été sacrifié, Arthur sera sauvé. Mais ce que Morgane n'a pas prévu, c'est de tomber amoureuse de Michael.

AnalyseModifier

Le Jeune Homme du PortraitModifier

Un des éléments clé du film est une légende que Morgane raconte à son fils Arthur pour l’endormir : celle d’une jeune sorcière s’étant éprise du portrait d’un jeune homme, puis tombée miraculeusement enceinte après avoir embrassé le visage du tableau. Elle aurait ainsi transgressé une loi supposée « naturelle », et donc inviolable, chez les sorcières : celle selon laquelle les sorcières ne peuvent pas tomber amoureuses. Ses aînées auraient alors effacé le portrait par magie, hormis les yeux du jeune homme. Une ambiguïté, jamais totalement élucidée tout au long du film, entoure ce récit : d’une part, tout porte le spectateur à croire qu’il s’agit en fait de l’histoire de Morgane, et de la conception d’Arthur. Encore mieux : le jeune homme peint ne serait autre que Michael lui-même.

S’il existe un lien avec la vie de Morgane et son fils, celui-ci semble toutefois échapper à Morgane elle-même. Quant à Arthur, s’il n’en a pas conscience, il parait toutefois en avoir un vague sentiment. Pourquoi Morgane, alors même qu’elle raconte cette « légende », ne saurait-elle pas qu’il s’agirait de sa propre histoire ? D’autant plus qu’un portrait effacé, sur lequel ne subsistent que deux yeux, est accroché sur le mur où se trouve le berceau d’Arthur… L’évidence qui s’impose au spectateur est que les aînées de Morgane auraient effacé la mémoire de celle-ci, pour ne la laisser subsister dans son esprit que sous la forme d’une « légende » qu’elle aurait apprise.

Aussi, pour ceux qui pensent savoir que Morgane et la petite sorcière jadis amoureuse du portrait ne font qu’une, le fait qu’elle s’éprenne de Michael à mi-chemin de l’histoire revêt alors l’aspect de ce que l’on pourrait appeler une « rechute » ou une « récidive ». Églantine semble bien s’en rendre compte, et le redouter, lorsqu’elle interpelle Morgane : « Ne t’aurait-il pas envoûtée ? ». Ce à quoi Morgane répond que les sorcières ne peuvent tomber amoureuses. Églantine lui rappelle alors que « c’est arrivé une fois ! », assertion que Morgane, brusquement nostalgique, complète par « …dans un conte de fées »… L’ambiguïté de cette réponse laisse planer le doute : Morgane ignore qu’il s’agit de sa propre histoire, mais le soupir mélancolique qu’elle pousse en l’évoquant tend à trahir un écho affectif, pour ne pas dire un souvenir personnel.

À la fin de l’histoire, pour accomplir le rituel d’humanisation de son fils, Morgane décide de se sacrifier à la place de Michael par amour pour lui. En outre, elle écrit une lettre devant être remise à Arthur devenu grand, afin que celui-ci comprenne le geste de sa mère : « Mon Arthur, quand tu étais petit, tu avais des pouvoirs magiques. […] J’avais les mêmes pouvoirs que toi, jusqu’à ce que je rencontre Michael Firth. Michael avait un pouvoir bien plus puissant que les nôtres : […] le pouvoir de tomber amoureux. Il m’a appris cela. J’ai fait ce que j’ai fait afin que tu puisses hériter de ce pouvoir […] ». À la lecture de cette lettre, Églantine constate : « La petite sorcière a retrouvé la mémoire ! Comment est-ce possible ? », ce qui soutient l’idée d’identité entre Morgane et la petite sorcière de la légende, et le fait que la mémoire de Morgane ait effectivement été effacée. À Églantine de renchérir : « Comment est-ce possible ? », et en effet la question se pose. On peut trouver un élément de réponse dans la lettre même de Morgane, où elle présente l’amour comme « un pouvoir bien plus puissant que les nôtres [ceux des sorciers] ». L’amour présent dans l’esprit de Morgane aurait donc survécu aux sortilèges destinés à l’en éradiquer.

Fiche techniqueModifier

  Sauf indication contraire ou complémentaire, les informations mentionnées dans cette section peuvent être confirmées par la base de données IMDb.

DistributionModifier

CommentairesModifier

  • Comme dans tous ses autres films, René Manzor y aborde la violence du monde extérieur, la transmission et le deuil du père (retourné dans Un amour de sorcière) et l'impuissance de la mère seule.
  • Le tournage s'est déroulé à Paris, New York, Venise, ainsi que dans les Pyrénées-Atlantiques, la Seine-Saint-Denis, le Val-d'Oise, l'Essonne, l'Oise et l'Aveyron.
  • Le film a été tourné deux fois : une première fois en français, et la seconde en anglais.
  • Le titre anglais est Witch Way Love.
  • À la demande de Jean-Félix Lalanne, Patsy a interprété en anglais la bande originale du film en duo avec Michael Jones.
  • C'est la première (et unique) fois que le réalisateur René Manzor n'apparaît pas dans l'un de ses propres films, ayant joué dans tous les autres un rôle de figuration.
  • Patrick Floersheim (qui campe un rôle tertiaire de policier en début de film) avait déjà joué dans un autre film de René Manzor, 3615 code Père Noël (dans le rôle majeur du tueur déguisé en père Noël).
  • Contrairement aux habitudes de René Manzor, le rôle récurrent de l'enfant lié à l'intrigue dans son film (ici, Arthur Edramareck) n'est plus interprété par Alain Musy (de son vrai nom Alain Lalanne, fils né en 1978 du réalisateur ainsi que neveu du compositeur, qui assumait ce poste dans ses deux précédents films mais n'a plus joué depuis 1995). Néanmoins, ce rôle type est de fait toujours assuré par un membre de sa famille (Fantin Lalanne).

Liens externesModifier