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3615 code Père Noël

film sorti en 1990

Résumé détailléModifier

Le film raconte l'histoire de Thomas de Frémont, un garçon de neuf ans amateur de héros de films d'action qui a aménagé sa maison en « terrain de jeu » avec des pièges et installations, éveillé et très doué sur le plan technique, mais qui croit toujours au père Noël. Pour prouver son existence à lui-même ainsi qu’à son meilleur ami, qui comme les autres enfants de leur âge n’y croit plus, il installe un système de caméra très élaboré dans le manoir familial pour la veille du 25 décembre, afin de filmer l'arrivée du père Noël malgré l'avertissement de sa mère qui, pour l'en dissuader et éviter de lui gâcher une surprise, lui invente une histoire sur le père Noël qui se changerait en « ogre » lorsque les enfants tentent de le surprendre. Comme elle doit travailler plus longtemps ce soir-là, l’enfant est obligé de passer la veille de Noël seul avec son grand-père partiellement aveugle et diabétique dans leur demeure. En se servant du Minitel en présence de son ami, Thomas parle avec une personne inconnue qui prétend être le vrai père Noël.

L'inconnu se retrouve dans le magasin que dirige la mère de Thomas comme employé pour jouer un père Noël. Cependant, les enfants des clients manifestent peu de sympathie pour ce « père Noël », ce qui l’amène à gifler une petite fille : pour une telle faute professionnelle, il est immédiatement mis à la porte par la mère de Thomas. Obtenant par hasard l'adresse de sa maison, il saisit une occasion et s’empare de la camionnette censée livrer les cadeaux de Noël de la famille en tuant le chauffeur : c’est maintenant lui, toujours déguisé en père Noël, qui va jouer ce rôle et pénétrer dans la propriété des Frémont. Caché sous une table avec J.R., son chien, Thomas guette son arrivée. Son enthousiasme augmente quand l'homme à la barbe blanche et enveloppé dans sa robe rouge apparaît enfin mais, pour éviter de le contrarier, Thomas reste dans sa cachette. Cependant, J.R. réagit instinctivement à la menace que représente l'invité et l'attaque en mordant dans un pan de son costume : le père Noël se saisit alors d'une pelle à tarte qui se trouvait sur la table et empale brutalement son chien d'un coup dans la poitrine, sous l’œil horrifié de Thomas.

Découvert et poursuivi, dans l’impossibilité de fuir la demeure et de joindre l'extérieur, l'enfant doit maintenant protéger sa maison et surtout son vieux grand-père de ce psychopathe. Sa connaissance familière du terrain, les caméras de surveillance installées auparavant et les aménagements dont il se servait habituellement pour s'amuser lui procurent un avantage, mais le tueur qui s'amuse comme un enfant de la traque se montre aussi particulièrement obstiné : c’est un jeu sanglant du chat et de la souris qui commence à travers les couloirs sinueux et secrets de l'ancienne demeure et atteint son point culminant quand le grand-père de Thomas, diminué à cause de sa mauvaise vue et d'une dangereuse crise diabétique, arrive toutefois à abattre d’un coup de feu hasardeux le psychopathe pour sauver son petit-fils sévèrement blessé au couteau et à sa merci.

Ne parvenant pas à contacter son domicile en rentrant finalement plus tôt du travail, récupérée par son collègue et compagnon après un accident sur la route en appelant la police au volant, la mère de Thomas comprend que quelque chose ne va pas chez elle et se précipite dans le grand salon pour y trouver son fils cataleptique, son propre père à moitié mort de son diabète et le corps du père Noël tueur. Épouvantée par la scène tandis que son compagnon vérifie l'état de son père, elle étreint son fils complètement troublé et étourdi par tout ce qui vient d’arriver. Après s'être remémoré les événements et la mise en garde inventée par sa mère, Thomas réagit enfin à ses appels mais demeure toutefois inconscient de la dure réalité de la situation. Il lui répond soudainement et naïvement : « C'est ma faute, maman : je voulais voir le Père Noël ».

Fiche techniqueModifier

DistributionModifier

CommentairesModifier

  • Comme dans tous ses autres films, René Manzor y aborde la violence du monde extérieur, la transmission et le deuil du père (anecdotique dans 3615 code Père Noël) ainsi que l'impuissance de la mère seule.
  • Le jeune héros crédité au générique sous le nom d'Alain Musy est interprété par Alain Lalanne, né en 1978, qui avait déjà joué pour René Lalanne (identité réelle de René Manzor) dans Le Passage et n'est autre que son propre fils, ainsi que le neveu de Francis et Jean-Félix Lalanne.
  • L'unique chanson du film est Merry Christmas, interprétée par Bonnie Tyler et dont René Manzor lui-même réalisa le vidéoclip.
  • L'histoire n'est pas sans rappeler celle du film américain Maman, j'ai raté l'avion (Home Alone) réalisé par Chris Columbus et sorti la même année : dans les deux films, un enfant livré à lui-même dans sa propre demeure doit se défendre seul à l'aide de pièges contre une intrusion hostile durant la nuit de Noël et est secouru vers la fin par une figure grand-paternelle (familiale dans 3615 code Père Noël, symbolique dans Maman j'ai raté l'avion) avant les retrouvailles finales avec sa mère obstinée à le rejoindre. Malgré ces postulats communs, il y a néanmoins des différences significatives :
    • Kevin McCallister (le personnage principal de Maman, j'ai raté l'avion) est issu d'une famille de banlieue américaine biparentale moyenne et nombreuse, cadet malmené d'une fratrie de quatre enfants (deux garçons et deux filles) ; Thomas de Frémont, lui, est issu d'une famille française aisée monoparentale, élevé et chéri par sa mère et son grand-père (le père étant absent, probablement décédé bien que ce ne soit jamais explicitement mentionné) et est enfant unique ;
    • a contrario de Kevin, Thomas est dès le départ très débrouillard au quotidien mais a une croyance ainsi qu'un rapport au père Noël bien plus innocents et naïfs, en contraste avec sa situation plus adulte et terre-à-terre que celle de Kevin ;
    • l'évolution des personnages et leurs motivations au sein de l'histoire sont également différentes : durant son propre film, Kevin ne subit aucune violence mais l'inflige à ses antagonistes, affronte ses peurs et incertitudes, et apprend autant à se débrouiller tout seul au quotidien que l'importance de la famille ; alors que Thomas, lui qui est plus autonome (réparant par ses propres aptitudes l'une des voitures de sa mère et la conduisant même pour se balader avec son grand-père sur le domaine), capable de se suffire à lui-même dans la vie de tous les jours et adore sa famille, subit également la violence (physique comme psychologique) de son propre film, est confronté directement aux meurtre et deuil (de son chien), perd son innocence et finit traumatisé ;
    • contrairement au traitement du film américain (qui est axé vers la comédie familiale et se veut donc divertissant et insouciant, léger et coloré, avec une imagerie chaleureuse ainsi qu'une violence festive et cartoonesque et enfin qui, à l'instar de la plupart des films de Noël, a une fin heureuse avec une morale simpliste), 3615 code Père Noël se veut dramatique et psychologiquement violent : demeurant globalement en huis-clos, le ton et l'ambiance y sont matures, sombres et pesants, l'imagerie est majoritairement plus froide et le film ne finit pas positivement, mais sur une morale dure ;
    • Thomas n'est pas vraiment laissé seul chez lui : en plus de son chien, son grand-père est présent, mais intervient peu en raison de son grand âge et de son état de santé handicapant ; dans Maman j'ai raté l'avion, à l'exception de l'araignée de son frère Kevin est totalement seul à la maison et doit vivre durant ce laps de temps en apprenant à se débrouiller par lui-même ;
    • Thomas est laissé par sa mère qui doit travailler le soir de Noël ; dans Maman j'ai raté l'avion, Kevin est oublié par sa famille partie dans la précipitation en vacances à destination de Paris ;
    • dans 3615 code Père Noël, le seul ennemi est un psychopathe déguisé en père Noël cherchant à se venger de la mère de Thomas, qui l'a renvoyé quelques heures auparavant pour faute grave, et se prend au jeu de la traque en tuant presque tous ceux qui croisent son chemin ; dans Maman j'ai raté l'avion, il s'agit de deux cambrioleurs en série burlesques qui croient la maison vide, et la présence présumée d'un tueur dans l'histoire n'est qu'un élément pivot à l'intrigue et la morale du film. Leurs sorts sont également différents (le tueur du premier film meurt ; les voleurs du second sont arrêtés par la police).
  • Le film fut présenté hors compétition au Festival international du film fantastique d'Avoriaz 1990.

Article connexeModifier

Liens externesModifier