Trésor d'Eberswalde

Le trésor d'Eberswalde est un ensemble de 81 bijoux en or de l'âge du bronze représentant un poids de 2,59 kg[1]. C'est le dépôt de bijoux préhistorique le plus important jamais trouvé en Allemagne, et il est considéré comme l'un des vestiges archéologiques les plus importants pour l'histoire de l'âge du bronze en Europe centrale[2]. Butin de guerre des Soviétiques lors de la chute de Berlin (cf. Kunstschutz), ces vestiges archéologiques sont aujourd'hui toujours détenus par la Russie.

Fac-simile de quelques éléments du trésor d'Eberswalde exposés au Musée de la Préhistoire de Berlin.

DécouverteModifier

Ces objets furent déterrés à 1 m de profondeur le , alors qu'on construisait une maison sur les terrains d'une chaudronnerie de Finow (Oberbarnim), un quartier d'Eberswalde dans le Brandebourg. Le directeur de l'usine alerta Carl Schuchhardt, directeur du département de la Préhistoire du musée royal de Prusse à Berlin, qui fit incorporer ces objets aux collections du musée.

DescriptionModifier

Le trésor avait été enfoui dans un récipient globulaire muni d'un couvercle. On en retira trois coupes en or, elles-mêmes remplies de 73 bijoux. Les coupes étaient des récipients minces, somptueusement ornés. Les autres bijoux sont des torques et des bracelets (dont 60 en vrille filiforme, 55 d'entre elles attachées en faisceau). Un lingot d’or, un bâtonnet d'or en forme de pilon et deux pièces plus petites sont sans doute ce qui restait des lingots d'or refondus pour produire les bijoux.

On pensa longtemps que ce trésor représentait le stock d'un orfèvre, mais les dernières recherches conduisent à l’attribuer à un prince ou une personne de rang social élevé. Ces vestiges ont été datés du Xe siècle av. J.-C. ce qui, pour l'Europe centrale, représente l'Âge du Bronze final.

Le pillage de 1945Modifier

À la fin de la Seconde Guerre mondiale, en 1945, le « trésor de Priam » et le trésor d'Eberswalde avaient disparu du musée de Berlin où ils étaient exposés. Pendant des décennies, les autorités soviétiques récusèrent les accusations contre les déprédations de l’Armée rouge dans l'ancienne capitale prussienne ; mais après la reconnaissance par le président Eltsine que le trésor de Priam était bien détenu par son pays, les autorités russes cessèrent les dénégations relatives au trésor d'Eberswalde. Puis en 2004, un journaliste du magazine Der Spiegel le localisa dans les réserves du musée Pouchkine de Moscou. Les négociations sur la restitution à l'Allemagne sont en cours depuis plusieurs années. Des reproductions des vestiges originaux sont exposées au musée de la Préhistoire de Berlin et le musée municipal d’Eberswalde. Les fac-simile d'Eberswalde sont l’œuvre de l'orfèvre brandebourgeois Eckhard Herrmann[3].

BibliographieModifier

  • Carl Schuchhardt: Der Goldfund vom Messingwerk bei Eberswalde. Berlin 1914.

Notes et référencesModifier