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Tania Bruguera

artiste vidéaste, auteur de performances
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Tania Bruguera, née à La Havane le , est une artiste-plasticienne cubaine qui se consacre à la performance et à l'art vidéo. Elle partage son temps entre Chicago et sa ville natale.

Plusieurs de ses œuvres, dont Estadística (1996), se trouvent au Musée national des beaux-arts de Cuba[1].

BiographieModifier

La performance est un mode d'expression artistique né dans les années 1960, au sein de la beat generation, avec ce que l'on appelait les happenings[2]. Tania Bruguera utilise de façon militante ce mode d'expression, combiné avec d'autres créations : vidéos, dessins, installations, et.. Et ceci depuis le milieu des années 1980[3].

Dans les années 2000, elle porte un projet majeur, la Cátedra Arte de Conducta, un centre d'étude du comportement à La Havane, dans sa maison de Tejadillo[3]. C'est à la fois un lieu d’exposition, d'ateliers, d'échanges entre artistes, et une école. Elle a participé à différentes expositions internationales dont la Biennale de Venise en 2001 et en 2005 et la documenta 9 de Cassel en 2002[3].

Invitée à animer des forums et à participer à des performances en 2012 à la Tate Modern, elle se montre intéressée mais méfiante à l'égard du musée : « c'est un peu triste et étrange d'assister à cette institutionnalisation », concède-t-elle, « mais en même temps c'est une opportunité très excitante, cela va nous permettre de nous échapper de la tradition théâtrale. J'espère que les performeurs ne vont pas devenir complaisants avec l'institution, à qui ils ont toujours donné des impulsions. »[2].

 
La place de la Révolution à La Havane.

Le 30 décembre 2014, pour célébrer l'assouplissement du régime castriste et la normalisation des liens avec les États-Unis, elle se met en tête d'organiser une grande performance à La Havane, sur la place de la Révolution – celle où Fidel Castro prononçait dans le passé ses longs discours : les passants seraient invités à s'exprimer librement pendant une minute. Mais la manifestation est interdite et vaut à l'artiste trois jours de prison et la confiscation de son passeport, dans l'attente de son jugement. Une pétition est lancée à l'échelle mondiale pour la soutenir[4].

DistinctionsModifier

En 2008 elle est lauréate du prix du Prince Claus.

Notes et référencesModifier

  1. (es) Guía arte cubano, Museo Nacional de Bellas Artes, La Havane, 2013 (réed.), p. 265
  2. a et b Lequeux 2012.
  3. a b et c Delalande et al. 2013, p. 672.
  4. Desplanques 2015, p. 13.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Geneviève Breerette, « Tania Bruguera, le corps, la société et la politique », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • (es) Álvaro Villalobos Herrera, Sincretismo y arte contemporáneo lationoamericano : performances de Tania Bruguera, Carlos Zerpa y Rosemberg Sandoval, Universidad Autónoma del Estado de México, Toluca, México, , 461 p. (ISBN 978-6-07-422236-4).
  • Emmanuelle Lequeux, « La culture de la performance », Le Monde,‎ (lire en ligne).
  • (es) Guía arte cubano, Museo Nacional de Bellas Artes, La Havane, 2013 (réed.), p. 265 et 278
  • Ludovic Delalande, Béatrice Didier (dir.), Antoinette Fouque (dir.) et Mireille Calle-Gruber, Le dictionnaire universel des créatrices, vol. 1, Éditions des femmes, (ISBN 9782721006288), « Bruguera, Tania (La Havane 1968) », p. 672.
  • Philippe Lançon, « Tania Bruguera, première artiste à tester les limites du régime », Libération,‎ (lire en ligne).
  • Erwan Desplanques, « Cuba, l'art de censurer », Télérama, no 3394,‎ , p. 13.

Articles connexesModifier

Liens externesModifier