Songkran (thaï สงกรานต์) est le nom thaïlandais de la fête du nouvel an bouddhique. Le mot est dérivé d'un terme sanskrit signifiant « mouvement (du soleil dans le zodiaque) »[1]. Propre au bouddhisme theravāda et basée sur le calendrier lunaire, elle est fêtée également en Birmanie (Thingyan), au Cambodge (Chaul Chhnam), au Laos (Pimay), au Sri Lanka et chez les Dai du Yunnan.

Bataille d'eau à Chiang Mai en 2009.

DateModifier

En Thaïlande, la fête a lieu en général dans le courant avril (en fonction du calendrier lunaire), et cela quand bien même le pays fête aussi, depuis 1939, le Nouvel An le 1er janvier[1]. Cependant, les réjouissances attachées à cette fête sont désormais fixes afin de faciliter la vie civile : elles ont lieu tous les ans du 12 au , bien que les dates puissent varier d'une ville à l'autre. En outre, la date exacte du nouvel an est toujours tributaire du cycle lunaire. Elle correspond aussi à la période la plus chaude de la saison sèche.

Traditions anciennes et nouvellesModifier

Traditionnellement, les Thaïlandais rentrent à cette occasion dans leur famille et font preuve de respect envers leurs aînés en leur versant un peu d'eau parfumée sur les mains. Si cette tradition se perpétue dans les familles, les manifestations publiques ont énormément évolué et, aujourd'hui, la fête est devenue prétexte à de gigantesques batailles d'eau dans les rues des villes, si bien que durant les trois jours de célébrations, il est quasiment impossible de se déplacer dans les rues sans se faire asperger copieusement plusieurs fois.

À Chiang Mai notamment, où les festivités sont particulièrement importantes, des camionnettes transportant des jeunes gens avec des bidons d'eau défilent dans les rues le long desquelles la foule est massée, elle-même « armée » de seaux d'eau. Les deux groupes, motorisés et piétons, s'aspergent mutuellement dans une ambiance bon enfant.

À Pattaya, la présence d'une foule de touristes et l'arrivée d'une multitude d'habitants de Bangkok fait prendre à la fête un tour délirant et souvent excessif.

Chaque année, le nouvel an bouddhique, qui voit le plus grand mouvement de population annuel en Asie du Sud-Est[réf. nécessaire], est marqué d'accidents de la circulation dus à la conduite en état d'ébriété, mais plus encore à des jets d'eau qui font perdre aux motocyclistes le contrôle de leur machine[2].

Une autre coutume consiste à construire des pagodes de sable dans les temples. Les Thaïlandais pensent que les fidèles qui visitent les temples pendant l'année emportent à chaque fois un peu de terre sous les semelles de ses chaussures. Ce sable est donc « rendu » aux temples à l'occasion du nouvel an, sous la forme de pagodes de sable dont la construction est considérée comme un acte de piété[3].

RéférencesModifier

  1. a et b Prakong Nimmanahaemind, Myth and Ritual : A Studyof the Songkran Festival, The Journal of the Royal Institute of Thailand, Vol. 29 (2), 2004, p. 345-350. Lire en ligne (consulté le 8 décembre 2019)
  2. « Thaïlande: batailles d'eau pour le Nouvel An bouddhique », sur rtbf.be, (consulté le 8 décembre 2019)
  3. (en)The magic and traditions of Thai New Year (Songkran), canchamthailand.org, 4 avril 2014.

Liens externesModifier

  • Le Nouvel an bouddhique in Le patrimoine immatériel religieux du Québec, 2011 (Lire en ligne - consulté le )

Voir aussiModifier

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