Soldats sénégalais au camp de Mailly

peinture de Félix Vallotton

Soldats sénégalais au camp de Mailly est une œuvre du peintre suisse Félix Vallotton (1865-1925), conservée au Musée départemental de l'Oise.

Soldats sénégalais au camp de Mailly
Félix Vallotton-Soldats sénégalais au camp de Mailly-1917.jpg
Félix Vallotton, Soldats sénégalais au camp de Mailly
Artiste
Date
1917
Type
Dimensions (H × L)
46 × 55 cm
Collection
N° d’inventaire
INV91.18
Localisation
Commentaire
Firme et date en bas à droite : F. VALLOTTON. 17. Acheté en 1991 par le Conseil régional de Picardie

Histoire et descriptionModifier

Les soldats des colonies ont joué un rôle dans la Première Guerre mondiale. L'armée française a recruté près de 158 000 hommes en Afrique du Nord et 134 000 en Afrique noire. L'ensemble des troupes coloniales comportait 600 000 combattants[1].

Le Camp de Mailly, créé en 1902 sur une superficie de 11 170 hectares, était une base de l'organisation du baraquement des troupes. Il logeait environ 350 officiers, 10 700 soldats et 690 chevaux.

En , le sous-secrétariat aux Beaux-Arts, le ministère de la Guerre et le grand quartier général autorisèrent quelques peintres à se rendre au front, pour peindre des tableaux de guerre. Félix Vallotton accompli sa mission artistique en , sur le front de l'Ouest, en Champagne, quelques semaines après l'offensive d'avril-mai (Bataille des monts de Champagne), contemporaine à la bataille du Chemin des Dames. Des troupes coloniales ont patecipé à la bataille du Chemin des Dames, en [2].

Dans l'impossibilité de représenter la guerre (à ses yeux le combat moderne était invisible) Félix Vallotton ne montra pas de scènes d'action.

À Paris, Félix Vallotton s'était approché du groupe des nabis, qui étaient des élèves et des appréciateurs de Paul Gauguin. En |1917 il peint des paysages « de guerre », pour donner libre cours à son style synthétique et à son sens de la couleur. Le vent dans les arbres et les rayons de lumière l’inspirait. Il reproduisait la sobriété des constructions et il utilisa des couleurs qui reflètent l'état de la lumière, une lumière procréatrice de dynamisme et de forme.

Assis entre les baraquements de planches, ces soldats sont au milieu d'un décor paisible, sous un ciel bleu. L'harmonie des couleurs révèle le style « nabi », avec les chéchias bleues et rouges, caractéristiques des troupes sénégalaises. Ces soldats à « peau noire » sont posés sur un fond clair. La désolation est exprimée par les visages, à l'air absent ou triste.

ExpositionsModifier

ImagesModifier

AnnexesModifier

NotesModifier

  1. HPI, « Les troupes coloniales », sur histoire-image.org (consulté en mai 2020).
  2. René-Gustave Nobécourt (préf. Jean-Noël Jeanneney), Les fantassins du Chemin des Dames, Paris, Éditions France loisirs, (1re éd. 1965), 439 p. (ISBN 978-2-226-25150-3)

BibliographieModifier

  • Marina Ducrey, Félix Vallotton : la vie, la technique, l'œuvre peint, Lausanne, Edita, , 163 p. (ISBN 2880012481)
  • Marina Ducrey, Felix Vallotton, 1865-1925 : l'œuvre peint / Marina Ducrey ; avec la collaboration de Katia Poletti, Lousanne-Milano-Zurich, Fondation Félix Vallotton ; 5 Continents ; Institut suisse pour l'étude de l'art, (ISBN 88-7439-179-X)
  • Marina Ducrey, Vallotton, Milano, 5 continents, , 111 p. (ISBN 978-88-7439-419-7)
  • Le modèle noir : de Géricault à Matisse : Musée d'Orsay (Publié à l'occasion de l'exposition éponyme à Paris, Musée d'Orsay, du 26 mars au 21 juillet 2019), Paris, "Beaux-arts" éditions, , 65 p. (ISBN 979-10-204-0522-7).

Voir aussiModifier

Liens externesModifier

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