Slava Rossii (1774)

Slava Rossii

Autres noms Слава России
Type Navire de ligne
Fonction militaire
Gréement Trois-mâts
Histoire
A servi dans Flotte de la Baltique
Commanditaire Marine impériale russe
Constructeur Gunion et Portnov
Chantier naval Arkhangelsk
Fabrication bois
Quille posée
Lancement
Statut , erreur de calcul de position, drossé à la côte de l'île du Levant
Équipage
Commandant Ivan Abrasimovich Baskakov
Équipage 559 (dotation maximum), 446 en (17 officiers et officiers mariniers, 429 membres d'équipage)
Caractéristiques techniques
Longueur 52 m
Maître-bau 14,49 m
Tirant d'eau 6,17 m
Propulsion voile
Caractéristiques militaires
Armement 66 canons (28 pièces de 36 livres, 28 pièces de 12 livres, 10 pièces de 6 livres, 3 licornes à boulets de 16,38 kg), 5 000 boulets, 700 grenades, 75 bombes
Carrière
Propriétaire Marine impériale russe
Armateur Marine impériale russe
Affréteur Marine impériale russe
Pavillon Naval Ensign of Russia.svg Marine impériale russe
Port d'attache Kronstadt
Localisation
Coordonnées 43° 00′ 58″ nord, 6° 28′ 14″ est
Géolocalisation sur la carte : France
(Voir situation sur carte : France)
Slava Rossii
Slava Rossii
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(Voir situation sur carte : Provence-Alpes-Côte d'Azur)
Slava Rossii
Slava Rossii
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(Voir situation sur carte : Var)
Slava Rossii
Slava Rossii

Le Slava Rossii (en russe : Слава России, Gloire de la Russie ou Gloire à la Russie) est un navire de ligne à trois-mâts de 66 canons de la Marine impériale de Russie du règne de Catherine II, en service de 1774 à 1780. Il est rattaché à Kronstadt et la Flotte de la Baltique. Il se brise en 1780 sur les rochers de l'île du Levant après une erreur de calcul de position de son capitaine.

ConstructionModifier

Il fait partie d'un programme de construction navale intensive impulsé entre 1731 et 1779. C'est un trois-mâts, vaisseau de ligne en bois de chêne des forêts de Kazan construit par les architectes navals Gunion et Portnov à Arkhangelsk en 1774. Il succède à un autre Slava Rossi de 1733 qui participa à la Guerre russo-suédoise de 1741-1743. Il a 52 mètres de long, 14,49 mètres de large et un tirant d'eau de 6,17 mètres. Il porte un redoutable arsenal. Il a 28 canons de 36 livres, 28 canons de 12 livres, 10 canons de 6 livres, et trois Licornes de bronze à tube court à boulets de 16,38 kg. Ces licornes sont des sortes d'obusiers typiquement russe. Pour alimenter cette artillerie le navire transporte jusqu’à 5 000 boulets, 700 grenades et 75 bombes. En plus l'équipage de 559 membres est équipé de 77 fusils, 60 sabres de marine, 40 mousquetons et 40 pistolets.

HistoriqueModifier

En 1780, le Royaume-Uni, la France et la toute jeune République américaine s'affrontent sur les mers du globe. Catherine II La Grande s'inquiète de la situation de son commerce maritime et craint l'interception de ses navires marchands par les nations belligérantes. Elle décide, malgré ses liens d'amitié britannique de s'en tenir à une stricte neutralité et de se prémunir d'éventuels incidents fâcheux par une présence armée sur ses voies commerciales marines. L’impératrice s'adjoint l'aide de la Suède et du Danemark pour former La Ligue des neutres le . La veille, une grande partie de la Flotte de la Baltique rassemblée en trois escadres dont une doit assurer la liberté des mers en Méditerranée quitte le Danemark[1].

L'escadre de Méditerranée aux ordres de l'amiral Ivan Antonovitch Borissov comprend Le Isidor de 76 canons, quatre vaisseaux de ligne de 66 canons, l’Azia, l’America, le Tverdyi et le Slava Rossii avec deux frégates de 32 canons, le Patricki et le Simeon. Le Slava Rossii est commandé par le capitaine Ivan Abrasimovitch Baskakov. Parmi l'équipage figure Anton Pavlovitch Aleksiano, futur amiral. Après quelques escales, l'escadre passe le Détroit de Gibraltar le et l'Amiral Borissov route vers Livourne par vent contraire longeant les côtes sud de la France[1].

Le naufrage, l'épave et ses vestigesModifier

Aux dernières heures du , le capitaine Baskakov perd de vue l'escadre et s’estime plus loin au large de la côte. Il n'en est rien, l'Île du Levant se découpe au devant du navire. La catastrophe, malgré les ancres jetées, est inévitable. Le vaisseau s'enfonce sur les rochers. Seuls onze malheureux malades coincés sous la ligne de flottaison meurent sur les 446 membres d'équipage alors à bord. L'équipage sauvé et logé par les gens d'Hyères et de Toulon sera évacué plus tard avec du matériel sur le Patricki venu de Livourne. Baskakov ne commandera plus jamais à la mer à la suite de cette tragédie. En , un navire de guerre russe vint récupérer 24 pièces d'artillerie du navire encore visible, puis on oublia l'épave[1].

En , l'épave est découverte par un pêcheur de l'île du Levant[N 1] et les premières plongées d'exploration se font avec un plongeur de Saint-Raphaël. Des fouilles sont effectuées durant les années 1980. De multiples objets sont retrouvés, vaisselle, monnaie… des canons remontés et 80 icônes en alliage de cuivre sont sauvées. Une pièce d'artillerie sur affut est exposée dans le jardin du Musée d'Archéologie sous-marine de Saint-Raphaël[1]. L'épave est désormais en zone interdite de plongée.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. En 1957, Léopold Pegliasco, pêcheur professionnel, accroche ses filets sur ce qu'il pense être le brick Marsouin naufragé et dont l'histoire est connue des Levantins. En fait, il se trouve sur la côte sud de l'île du Levant. Il s'avère qu'il s'agit de la Slava Rossii[2].

RéférencesModifier

  1. a b c et d Max Guerout, « Les icônes de la Slava Rossii : contexte historique et archéologique », Scientific Reports of Port-Cros national Park. [Travaux scientifiques du Parc national de Port-Cros], Hyères, Parc national de Port-Cros, no 15,‎ , p. 83-100 (lire en ligne [PDF], consulté le ).
  2. Max Guérout, « Les icônes de la Slava Rossii : contexte historique et archéologique », Scientific Reports of Port-Cros national Park. [Travaux scientifiques du Parc national de Port-Cros], Hyères, Parc national de Port-Cros, no 15,‎ , p. 85 (lire en ligne [PDF], consulté le ).

À voirModifier

BibliographieModifier

  • Anne et Jean Pierre Joncherey, 100 épaves en Côte d'Azur de La Ciotat à Saint-Tropez, 59. le Slava Rossii éditions GAP, Challes les Eaux, dépôt légal 3e trimestre 2007, (ISBN 978-2-7417-0340-2) pages 222-224.

Liens externesModifier