Sayat Nova : La Couleur de la grenade

drame arménien de Sergueï Parajanov, sorti en 1969
(Redirigé depuis Sayat Nova (film))

Sayat Nova : La Couleur de la grenade (Цвет граната, Tsvet granata) est un film dramatique soviétique écrit et réalisé par Sergueï Paradjanov.

Sayat Nova
La Couleur de la grenade

Titre original Цвет граната
Tsvet granata
Réalisation Sergueï Paradjanov
Acteurs principaux
Pays de production Drapeau de l'URSS Union soviétique
Durée 73 minutes
Sortie 1969

Pour plus de détails, voir Fiche technique et Distribution.

Distribué une première fois en 1969, le film est retiré des écrans[pourquoi ?] puis, à nouveau, diffusé dans une version remontée par le réalisateur Serguei Youtkevitch, sous le titre La Couleur de la grenade en 1971.

Synopsis

modifier

La vie de Sayat-Nova, poète arménien du XVIIIe siècle, en huit chapitres :

  • I : L'enfance du poète.
  • II : La jeunesse du poète.
  • III : Le poète à la cour du prince/Prière avant la chasse.
  • IV : Le poète se retire au monastère/Le sacrifice/La mort du katholikos.
  • V : Le songe du poète/Le poète retourne à son enfance et pleure la mort de ses parents.
  • VI : La vieillesse du poète/Il quitte le monastère.
  • VII : Rencontre avec l'Ange de la Résurrection/Le poète enterre son amour.
  • VIII : La mort du poète/Il meurt mais sa poésie est immortelle.

En ouverture du film, un carton précise les intentions de Paradjanov : « Aimable public, ne va pas chercher dans ce film la vie de Sayat-Nova, grand poète arménien du XVIIIe siècle. Nous n'avons que tenté de rendre par les moyens du cinéma l'univers imagé de cette poésie dont le chantre russe Valéri Brioussov disait : “La poésie arménienne du Moyen Âge est une des éclatantes victoires de l'esprit humain inscrites dans les annales de notre monde.” »

Fiche technique

modifier

Distribution

modifier
  • Sofiko Tchiaoureli : le poète jeune/la bien-aimée du poète/la nonne aux dentelles blanches/l'Ange de la Résurrection/ le mime
  • Melqon Alekian : le poète enfant
  • Vilen Galestian : le poète au couvent
  • Gueorgui Gueguetchkori : le poète vieux
  • Hovhannes Minassian : le roi Irakli

Production

modifier

Le film est tourné du au aux Studios Armenfilm à Erevan (la séquence des teinturiers ou le colloque entre le poète et la princesse Anna, par exemple) et en décors naturels : les scènes de l'enfance du poète au monastère de Haghpat ; d'autres scènes en Géorgie et en Azerbaïdjan. L'épisode des bains fut tourné en studio à Kiev.

Il existe deux versions du film : l'une, distribuée en République socialiste soviétique d'Arménie, d'une durée de 78 minutes, estimée comme plus proche de la version souhaitée par Sergueï Paradjanov, désormais disponible en DVD ; la seconde, remontée par Youtkevitch, d'une durée de 73 minutes, distribuée à l'étranger à partir de 1977.

Commentaires

modifier

Avec Sayat Nova, le spectateur découvre une expérience unique. « L'envoûtement, l'hypnose même créés par ce poème visuel, procession de tableaux somptueux », s'expliquent, certes, par de multiples facteurs, mais d'abord par l'« utilisation différente de l'espace filmé, réduisant considérablement la profondeur de champ. En utilisant son cadre comme un miniaturiste, Sergueï Paradjanov lui accorde un crédit inhabituel. Les à-plats renforcent la symbolique des objets, accentuent leur baroque », écrit Patrick Cazals[3].

« Le film ressemble à un album mécanique d'images. À cet égard, la scène des grimoires sur les toits du monastère est fortement emblématique. Il s'agit bien pour le cinéaste d'offrir une manière de renaissance aux miniatures qui illustrent ces volumes », écrit, pour sa part, Érik Bullot[4].

Ainsi, bien que le film soit quasiment muet (« La peinture est muette, mes films aussi », dit Paradjanov), il s'ordonne « selon une métrique rigoureuse, une alchimie et une musique interne qui nourrissent chaque allégorie ou composition d'une tension extrême. »[5][réf. incomplète]

« Véritable labyrinthe de signes, d'objets et symboles », liés à la culture arménienne, le film n'est-il, pourtant, qu'offrande à la patrie aimée ? « Reprenant le message de paix et de fraternité que lançait le poète Sayat-Nova, écrivant ses œuvres dans les trois langues (arménien, géorgien, azéri), (...) la destinée du film rejoint celle de milliers d'exilés et de reclus et anticipe étrangement sur le sort du réalisateur brisé dans sa création. »[5]

En , le compositeur Nicolas Jaar publie sur internet une version du film dont il a composé la musique[6].

"Excepté le langage cinématographique suggéré par Griffith et Eisenstein, le cinéma mondial n’a probablement rien découvert de nouveau d’une façon révolutionnaire depuis Couleur de la grenade". Mikhail Vartanov[7]

Autour du film

modifier

La chanteuse Lady Gaga s'est dite ouvertement influencée par le film pour son clip 911 sortie en [8].

Notes et références

modifier
  1. « Sayat Nova. La Couleur de la grenade », sur kinoglaz.fr
  2. « Sayat nova, couleur de la grenade », sur encyclocine.com
  3. « Serguei Paradjanov », dans Cahiers du cinéma, « Collection auteurs », 1993.
  4. E. Bullot : Sayat Nova de S. Paradjanov, La face et le profil, Côté films, Éditions Yellow Now, 2007.
  5. a et b P. Cazals, op. cit.
  6. https://www.youtube.com/watch?v=WHZGDDE8n4E Film avec la musique de Nicolas Jaar.
  7. [1]
  8. (en-US) « Lady Gaga's “911” Video Inspiration, Explained », sur W Magazine | Women's Fashion & Celebrity News (consulté le )

Annexes

modifier

Bibliographie

modifier
  • Érik Bullot, Sayat Nova de Serguei Paradjanov, Éditions Yellow Now, Côté films. Liège (Belgique), 2007.

Liens externes

modifier