Satō Tadanobu

Satō Tadanobu (佐藤 忠信?, 1161-1186) est un samouraï de la fin de l'époque de Heian, vassal et compagnon d'armes de Minamoto no Yoshitsune. Selon le Genpei jōsuiki, il était l'un des Yoshitsune shitennō (義経 四天王?, littéralement « quatre Rois célestes de Yoshitsune »), avec Kamata Morimasa, Kamata Mitsumasa et Satō Tsugunobu dont il était le cadet. Leur père était Satō Motoharu, l'obligé d'Ōshū Fujiwara.

Satō Tadanobu
佐藤 忠信
Image illustrative de l'article Satō Tadanobu
Satō Tadanobu se défendant avec un goban, estampe ukiyo-e d'Utagawa Kuniyoshi.

Autres noms Shirō, 四郎兵衛尉
Biographie
Naissance
Décès
Kyoto

La retraite de YoshitsuneModifier

Satō est principalement connu pour avoir sauvé la vie de son maître Yoshitsune à Yoshino, une histoire relatée par le Gikeiki, et devenue quelque peu légendaire avec les années. Voyageant vers Kyushu pour échapper aux troupes de son frère Yoritomo, Yoshitsune et ses forces furent assaillis par les moines Zo-o-no, et semblaient perdus. Satō se porta volontaire pour un combat d'arrière-garde permettant à Yoshitsune de s'enfuir, et lui emprunta son armure afin de se faire passer pour lui[1]. Ainsi déguisé, Satō provoqua les assaillants, tuant ou blessant plus de vingt hommes[2]. Ses compagnons furent tués, mais Satō leur échappa et continua vers Kyoto[3], où il se réfugia chez une femme de ses connaissances. Là, il fut découvert et attaqué et, menacé de capture, accomplit le seppuku[2],[4].

Goban TadanobuModifier

Un récit populaire de la mort de Satō Tadanobu dit qu'il fut attaqué alors qu'il jouait une partie de go. Ne pouvant atteindre ses armes, il se serait emparé d'un goban et aurait repoussé ses ennemis avant de se donner la mort. Cet épisode a été souvent représenté dans des estampes ukiyo-e[1],[5],[6] et a aussi inspiré des pièces du répertoire kabuki comme Yoshino Shizuka Goban Tadanobu[7], Yoshitsune Senbon-sakura, ainsi que Goban Tadanobu[8]. Dans beaucoup de ces pièces, il est insinué que Tadanobu serait un esprit-renard (Genkurō (en)), car il s'était fait passer pour Yoshitsune (au Japon, on croyait que les renards pouvaient changer de forme)[9].

Notes et référencesModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

  1. a et b (en) Stephen Turnbull, Hatamoto : Samurai Horse and Foot Guards 1540-1724, Osprey Publishing, , 64 p. (ISBN 978-1-78200-016-7, lire en ligne), p. 11-12.
  2. a et b (en) J. Fraser, Black Belt, Active Interest Media, Inc., (ISSN 0277-3066, lire en ligne), p. 38, 72.
  3. (en) F. Kikuchi Brinkley, A History of the Japanese People From the Earliest Times to the End of the Meiji Era, Library of Alexandria, , 778 p. (ISBN 978-1-4655-1304-5, lire en ligne).
  4. (en) Stephen Turnbull, Samurai Women 1184-1877, Osprey Publishing, , 64 p. (ISBN 978-1-78096-333-4, lire en ligne), p. 22.
  5. (en) Richard Bozulich, « Go Centrepiece of Many Ukiyo-e » (consulté le ).
  6. (en) Merrily C. Baird, Symbols of Japan : Thematic Motifs in Art and Design, Rizzoli, , 336 p. (ISBN 978-0-8478-2361-1, lire en ligne), p. 289.
  7. (en) Henk J. Herwig et Joshua Scott Mostow, The Hundred Poets Compared : A Print Series by Kuniyoshi, Hiroshige, and Kunisada, Leiden, Hotei Pub., , 255 p. (ISBN 978-90-74822-82-4, lire en ligne), p. 96.
  8. (en) James King et Yuriko Iwakiri, Japanese Warrior Prints, 1646-1904, Amsterdam, Hotei Pub, , 408 p. (ISBN 978-90-74822-84-8 et 90-74822-84-3, lire en ligne), p. 118.
  9. (en) Karen Ann Smyers, Smyers : The Fox & the Jewel Paper, University of Hawaiʻi Press, , 271 p. (ISBN 978-0-8248-2102-9, lire en ligne).