Saint-Glinglin

saint fictif

La saint-glinglin est un jour fictif du calendrier liturgique catholique, utilisé pour renvoyer à une date indéterminée et lointaine, voire jamais, l'accomplissement d'un événement. L'origine de l'expression vient de la déformation de seing (le signe)[réf. nécessaire] et glin, le son des cloches : cela voudrait donc dire, à l'origine, quand les cloches sonneront. « Avoir lieu à la Saint-Glinglin » est synonyme de « remettre aux calendes grecques », « à la semaine des quatre jeudis, des trois dimanches », « à Pâques ou à la Trinité », « quand les poules auront des dents », « tous les 36 du mois », « quand j’arrêterai de procrastiner » ou au « 30 février ».

Statue de sint-juttemis, le saint Glinglin néerlandais, à Breda (Pays-Bas) en 2008.

DroitModifier

Certaines personnes disent qu'en France, les étudiants en droit apprennent[1] la jurisprudence suivante : un débiteur particulièrement astucieux se serait engagé à rembourser son créancier le jour de la Saint-Glinglin. Le créancier ne voyant rien venir aurait fini par porter l'affaire en justice. Le tribunal aurait, non sans humour, rendu le jugement suivant :

« Attendu que la Saint-Glinglin ne figure pas dans le calendrier, mais qu'il existe à la date du 1er novembre une fête collective de tous les saints qui n'ont pu y trouver place ;
Attendu, en conséquence, qu'il y a lieu de fixer au 1er novembre la date de la Saint-Glinglin ;
Par ces motifs, contradictoirement et en dernier ressort, condamne le débiteur à payer la somme réclamée avant le 1er novembre. »

En droit, la Saint-Glinglin serait donc reportée à la Toussaint. Aucune trace n'a cependant été retrouvée de ce jugement, et cette datation demeure purement informelle.[2]

La célébration de la Saint-GlinglinModifier

En matière de fêtes populaires, c'est le rapprochement de deux villes de Belgique (Glain (Liège) et Ghlin (Mons)) ; on connaît donc la date de la Saint-Glain-Ghlin : d'après les organisateurs, il s'agit du 3e week-end de juin[3].

Toujours en matière de fêtes populaires, à Prenay, village de la commune de Josnes, en France, en Loir-et-Cher, 41105, est célébrée la Saint-Glinglin, en principe, le dernier samedi du mois d'août. Au cours de cette fête, saint Glinglin, représenté par un mannequin empaillé, est promené en charrette à travers tout le village, puis, à la nuit, après que l'on a dansé autour d'un grand feu, saint Glinglin est brûlé au-dessus de ce feu. Cette fête correspond à la fin des moissons, nous sommes en Beauce, et donc à une prochaine rentrée d'argent : « Je te paierai à la Saint-Glinglin ! » (et plus sûrement jamais).

ÉtymologieModifier

Ce « seing glin » (signal d'un bruit) serait celui des trompettes de l'Apocalypse plutôt que le son des cloches qui était un événement quotidien.[réf. nécessaire]

CultureModifier

Raymond Queneau a écrit un roman onirique et humoristique intitulé Saint-Glinglin, paru en 1948.

L’expression donne aussi son nom au recueil de nouvelles Les contes de la Saint Glinglin de Robert Escarpit.

Articles connexesModifier

NotesModifier

  1. Maurice Rat, Dictionnaire des locutions françaises, Larousse, , 437 p., p. 352.
  2. https://juriswin.com/2015/10/11/curiosite-juridique-la-saint-glinglin-existe-en-droit/
  3. http://www.glain.be