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Dans les pays riches, on appelle rurbanisation (néologisme apparu en France en 1976[1], mot-valise créé à partir de rural et d'urbain) –un phénomène à part entière, qui se distingue de celui de périurbanisation, désignant la modification de la vie des campagnes autour des grandes villes par l'introduction de pratiques sociales et d'activités liées au mode de vie urbain. Ces pratiques sont apportées par de nouveaux résidents qui ont quitté les villes centres et leurs banlieues proches. Ce sont le plus souvent des ouvriers, des employés ou des cadres moyens. Le développement possible du télétravail favorisera aussi la rurbanisation.

La rurbanisation se traduit souvent par un développement de l'habitat autour d'un noyau formé par l'ancien village. Ce développement se fait soit d'une manière anarchique due à l'initiative individuelle (on parle alors de « mitage » de l'espace) soit de manière plus rationnelle lorsque les nouvelles constructions sont dues à des promoteurs immobiliers qui proposent des lotissements résidentiels. Les nouveaux arrivants réclament des équipements équivalents à ceux des villes qu'ils ont quitté. Cependant les nouveaux arrivants continuent d'aller travailler dans la ville-centre la plus proche et y pratiquent la plus grande partie de leurs achats et de leurs loisirs.

La rurbanisation dans la campagne du Val-d'Oise (France). Création d'un quartier récent (en bas) à côté de l'ancien village en haut

Pourquoi le retour vers le monde rural ?Modifier

La rurbanisation est due principalement à la recherche d'un logement plus adapté à la taille de la famille mais aussi à ses revenus.

Une partie minoritaire des nouveaux ruraux ont quitté la ville-centre car ils la trouvent trop insalubre ou dangereuse ; ils fuient souvent un espace urbain où peuvent se développer des ghettos ethniques qu'ils redoutent.

La majorité des nouveaux ruraux ont été contraints de quitter la ville-centre. Ils subissent le fait de la rareté des logements capables d'accueillir des familles avec enfants et surtout où le prix à l'achat ou à la location d'un logement est trop important pour leurs revenus. L'installation dans la banlieue proche est le plus souvent impossible car il y a une forte concurrence de la part des cadres supérieurs qui ne veulent pas trop s'éloigner du centre-ville. Cette concurrence provoque une augmentation du coût des logements ou des quelques terrains encore disponibles. Il faut donc s'éloigner de la ville-centre. L'installation à la campagne où le terrain est moins cher permet la construction d'une maison individuelle de plus grande superficie pour le même coût qu'un appartement en centre-ville ou dans la banlieue proche ; de plus, il offre la possession d'un jardin où on peut se livrer au jardinage qui apporte un complément peu coûteux pour l'alimentation.

Inconvénients de l'installation à la campagne pour les nouveaux rurauxModifier

Le problème principal est l'absence d'emplois sur place. Les nouveaux résidents sont donc contraints de faire chaque jour des migrations pendulaires entre leur résidence à la campagne et leur lieu de travail qui est resté dans la ville-centre ou dans la banlieue proche. Cela contraint à l'achat d'une ou deux automobiles, donc des coûts supplémentaires, car les transports en communs vers la ville-centre sont le plus souvent inexistants. Cela génère de longues durées de transport, des encombrements et de la fatigue. Pour y faire face les communes, les régions sont obligées de réaliser un nouveau réseau de voiries, lui aussi coûteux.

Cet afflux de nouvelles populations permet de rendre vie au village ancien, de faire renaitre au centre-bourg des commerces de proximité qui ont désormais une clientèle suffisante. Mais il a fallu aussi agrandir ou construire des écoles, donc augmenter les impôts locaux et l'endettement des communes.

Ayant dû quitter la ville, les nouveaux ruraux veulent retrouver dans leur village une partie des équipements dont ils bénéficiaient dans le cadre urbain (en particulier les équipement sportifs). Ces équipements, dont se passaient les anciens habitants, pèsent sur les finances communales. Cela peut engendrer des tensions entre anciens et nouveaux résidents.

RéférencesModifier

  1. Bauer G. et Roux J-M., La rurbanisation ou la ville éparpillée, Édition du Seuil, Paris 1976. Cet ouvrage reprend pour une part un rapport établi en 1973 pour la DATAR par l'AREA