Ouvrir le menu principal
Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Guiral et Rocher.

Le rocher de Saint-Guiral, situé sur les communes d'Alzon et Dourbies, dans le département du Gard, est un lieu de pèlerinage en Cévennes pour la Pentecôte.

LocalisationModifier

Saint-Guiral est le nom d’un dôme rocheux granitique s’élevant à 1 366 m d'altitude, situé dans le parc national des Cévennes, au contact des communes d’Alzon et Dourbies, à 20 km, au sud-ouest du mont Aigoual. Par beau temps, on aperçoit la Méditerranée, le mont Canigou (Pyrénées), les causses Noir, Méjean, de Blandas, du Larzac, et une grande partie des Cévennes, dont le mont Aigoual, et de nombreux départements du sud. C'est l'un des plus vastes panoramas de France. Sans doute lieu de culte pré-chrétien (il y a été découvert des poteries), le site a été christianisé à l’aide d’une légende tout à fait charmante. En voici les principaux éléments.

La légende de saint Guiral, saint Alban et saint LoupModifier

Au temps des croisades, trois jeunes chevaliers de la famille de Roquefeuil[1], Guiral (c'est-à-dire Géraud), Loup et Alban, étaient également épris de la belle Irène, fille du seigneur de Rogues (village du causse de Blandas). Pour les départager, celle-ci leur fit promettre de partir combattre en terre sainte : celui des chevaliers qui aurait fait montre de la plus grande prouesse deviendrait son époux.

Les années passèrent et, lorsque les trois chevaliers revinrent forts de leurs exploits glorieux et pleins d'expérience et de sagesse, la belle venait juste de mourir. Un troubadour qui passait au château de Rogues lui avait en effet appris la fausse nouvelle de leur mort : Irène n'avait pu supporter un tel chagrin.

Que dire alors de celui des trois preux ? Pour conjurer leur peine, ils résolurent de donner leur vie à Dieu en se faisant ermites. Loup monta sur le pic Saint-Loup, à l’entrée de Montpellier ; Alban, sur le mont Saint-Alban, à proximité de Nant (Aveyron) ; Guiral, sur le rocher de Saint-Guiral, déjà situé. Chaque lundi de Pentecôte, les trois frères allumaient de grands feux au sommet de leurs promontoires naturels : ainsi, de loin en loin, ils pouvaient s’assurer de la survie de chacun. Les feux s’éteignirent l’un après l’autre et Guiral mourut le dernier.

Depuis cette époque, tous les lundis de Pentecôte, les paroissiens d’Arrigas, Alzon, Dourbies, Sauclières et Saint-Jean-du-Bruel se rendent en pèlerinage au pied du rocher pour y entendre la messe. Les paroissiens d’Arrigas s’y rendaient autrefois à pied, en montant à travers la montagne, par le col du Villaret, puis en suivant la crête jusqu’au col des tempêtes, via Saint-Guiral (quatre à cinq heures de marche). Après l’office, les bergers cueillent des renoncules, à proximité du tombeau de saint Guiral (en fait, un dolmen) : suspendues dans les bergeries, elles sont censées protéger les troupeaux.

Le pèlerinageModifier

Abandonné à la fin des années soixante, le pèlerinage vient d’être rétabli à l’initiative des sociétés de chasse des communes concernées. Il est à noter par ailleurs qu’un tableau représentant saint Guiral est accroché dans l’église d’Arrigas. Réalisé par un notaire de Saint-Jean-de-Buèges au siècle dernier, il ne présente guère d’intérêt esthétique, mais les habitants d’Arrigas y sont sentimentalement très attachés. Sa restauration a été réalisée en 2001, conjointement par l’association paroissiale et par la municipalité.

Notes et référencesModifier

  1. Un parchemin de 1285, concernant le mas de La Fobie, paroisse d'Aumessas évoque la famille de Roquefeuil et les moines bénédictins. Archives de l'Académie des Hauts Cantons, Le Vigan, Gard

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Adrienne Durand-Tullou, Religion populaire en Cévennes : le culte à Saint-Guiral, Paris, F.N.F.R. [Fédération nationale des foyers ruraux], 1981.

Liens externesModifier