Richard Frackowiak

neurologue

Richard Stanislaus Joseph Frackowiak, né le à Londres , est un neurologue et neuroscientifique britannique. Il est notamment connu pour avoir été, en 2013, l'un des principaux initiateurs du Human Brain Project, un projet international européen mené à l'école polytechnique fédérale de Lausanne (EPFL) dans le but d'aboutir, avant 2024, à un modèle informatique du fonctionnement du cerveau humain.

Richard Frąckowiak
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Voir et modifier les données sur Wikidata (70 ans)
LondresVoir et modifier les données sur Wikidata
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BiographieModifier

 
La libération par les troupes britanniques du camp de Bergen-Belsen, le 15 avril 1945.

Jeunesse et formationModifier

Pendant la Seconde Guerre mondiale, son père combat sur différents fronts dans les rangs de la première division blindée polonaise (1 Dywizja Pancerna), avant de rejoindre avec elle le théâtre des opérations de Normandie ( - ). Sa mère participe au soulèvement du ghetto de Varsovie ( - ). Après sa chute, elle est détenue au camp de concentration de Bergen-Belsen. À sa libération en , elle rejoint l'Angleterre où vit sa sœur. C'est là, qu'elle rencontre et épouse son père[1].

Né à Londres cinq ans plus tard, Richard Frackowiak est scolarisé dans cette ville et apprend le polonais à la maison avec ses parents, puis à l'école polonaise du samedi matin (il plaisante à ce sujet en disant qu'il parle le « vieux polonais »). Sa vocation médicale se dessine vers l'âge de 15 ans sous l'influence du médecin de la famille, un Polonais célibataire qui leur rendait souvent visite et qui, lui aussi, avait pris part au soulèvement de Varsovie. Ses souvenirs terribles et bouleversants de son activité de chirurgien dans les hôpitaux insurgés, produisent sur l'adolescent une forte impression. Durant sa scolarité, il se distingue en biologie, chimie et physique et se montre très tôt fasciné par le fonctionnement du cerveau[1].

Il entame ses études médicales au collège Peterhouse de l'université de Cambridge, et effectue ses trois dernières années de médecine à l'University College de Londres (UCL). En 1983, il soutient sa thèse sur la mesure quantitative du débit sanguin cérébral par tomographie par émission de positons (TEP).

Carrière professionnelleModifier

 
L'hôpital de l'UCL où Richard Frackowiak a été actif de 1994 à 2009
 
Le Rolex Learning Center de l'EPFL où s'est tenue, en , l'inauguration en présence de scientifiques de plus de 100 institutions partenaires du Human Brain Project (HBP summit), dont Richard Frackowiak a été l'un des promoteurs.

De 1988 à 1993, il dirige le service de neurologie de l'hôpital Hammersmith. En 1990, il occupe la chaire de neurologie et en 1994, il prend la direction du département de neurosciences de l'imagerie de l'University College[2]. En 1998, il est nommé directeur de l'Institut de neurologie de l'UCL dont il est le vice-recteur à partir de 2002. En 2005, il dirige également le Département des sciences cognitives (DEC) de l'École normale supérieure de Paris. En 2009, il est nommé professeur et médecin chef du service de neurologie du Centre hospitalier universitaire vaudois de l'université de Lausanne. En 2013, il obtient un poste de professeur à l'École polytechnique fédérale de Lausanne où il est également co-directeur médical du Human Brain Project (HBP). Il prend sa retraite en 2015, mais reste actif scientifiquement à l'université de Lausanne.

En 2010 il préside le jury international sélectionnant les meilleurs projets de recherche des instituts hospitalo-universitaires (IHU) français créés l'année précédente par Nicolas Sarkozy. Six projets sont sélectionnés et dévoilés le [3]. Cependant, après la publication d'un décret ministériel instituant la prise de contrôle des IHU par l'Inserm, il démissionne « avec fracas » le en déclarant : « J'avais vu les liens entre le ministère et l'Inserm. J'ai alors présenté ma démission en défendant le modèle des IHU et les 200 millions qu’on nous prenait. Finalement j’ai obtenu gain de cause car leur position était intenable » [4],[5].

Terence Jones a été l'un de ses employés et Christian Büchel l'un de ses post-doctorants. Frackowiak a lancé avec le neuroscientifique Henry Markram et le physicien Karlheinz Meier le Human Brain Project financé par la Commission européenne. Il est l'un des coordinateurs de la Faculté des 1000 pour les maladies neurologiques[6]. En , Richard Frackowiak possédait un indice h de 202[7].

Frackowiak est marié et père de trois enfants.

TravauxModifier

 
Exemple d'utilisation de l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf) dans une expérience de neuropsychologie comportant une tâche de Stroop émotionnelle.

Frackowiak s'est d'abord intéressé à la physiopathologie de diverses maladies neurologiques. Ses travaux ont fourni les bases des applications cliniques de la tomographie par émission de positons (TEP). Au début des années 1990, il se tourne vers l'imagerie des fonctions cérébrales, et son groupe devient leader dans l'étude des localisations fonctionnelles cérébrales, notamment par l'imagerie par résonance magnétique fonctionnelle (IRMf), qui fournit des images structurelles et fonctionnelles de qualité avec une résolution spatiale élevée sans exposition aux radiations. Le processus automatisé de génération et d'analyse d'images a pu être standardisé pour créer des cartes cérébrales fonctionnelles (morphométrie à base de voxels). Ces techniques ont permis de démontrer l'existence d'une plasticité neuronale dynamique du cerveau, à la fois dans ses fonctions et dans sa structure, aussi bien chez les sujets normaux que chez des patients atteints d'affections neurologiques et neuropsychiatriques. D'autres études ont montré la capacité du cerveau à se réorganiser après des traumatismes crâniens par la pratique et l'apprentissage.

Distinctions (sélection)Modifier

Liens externesModifier

RéférencesModifier

  1. a et b (en) Joanna Gulbińska, « Interview with Prof. Richard Frąckowiak », sur opinia.co.uk, Opinia Polish Cultural Magazine, (consulté le 29 mars 2020)
  2. (en) « Prof Richard Frackowiak », sur iris.ucl.ac.uk (consulté le 29 mars 2020)
  3. 'La Tribune, Grand emprunt : les six instituts hospitalo-universitaires lauréats publié le 30 mars 2011 sur le site du journal : www.latribune.fr. Consulté 6 mars 2013.
  4. « Conflit d’intérêts : cette décision de la ministre Agnès Buzyn qui a bien fait les affaires de son mari », sur Marianne, (consulté le 26 mars 2020)
  5. Étienne Campion, « Didier Raoult et le milieu médical parisien : histoire d'une détestation réciproque », sur marianne.net,
  6. (en) « Richard Frackowiak », sur f1000.com (consulté le 29 mars 2020)
  7. (en) Richard Frackowiak sur Google Scholar
  8. (en) « Richard Frackowiak », sur ae-info.org (consulté le 29 mars 2020)
  9. (en) « Neuronal Plasticity Prize », sur fondation-ipsen.org, (consulté le 29 mars 2020)
  10. (en) « Feldberg Foundation for anglo-german scientific exchange - Prizewinners », sur feldbergfoundation.org (consulté le 29 mars 2020)
  11. (en) « The 2003 Ig Nobel Prize Winners », sur improbable.com (consulté le 29 mars 2020)
  12. (de) « Auszeichnung für neurologische Grundlagenforschung », sur mpg.de, site de la Société Max-Planck (consulté le 29 mars 2020)
  13. (en) « Foreign Members - Division V: Medical Sciences », sur institution.pan.pl (consulté le 29 mars 2020)