Ouvrir le menu principal

Redneck, littéralement « nuque rouge », est un terme populaire anglais désignant un stéréotype d'Euro-Américains (tout particulièrement originaire du sud du pays ou des Appalaches) ou Euro-Canadiens ou Euro-Australiens, vivant en milieu campagnard.

Le terme peut être une insulte (parfois à caractère discriminatoire) mais il est parfois utilisé par les intéressés eux-mêmes. Le terme est couramment employé de manière similaire aux termes français rustre, péquenaud, cul-terreux, plouc ou beauf ou, au Québec, « colon », « habitant » ou « jarret noir » dans la région québécoise de la Beauce.

Origines du termeModifier

 
Des métayers pauvres d'Alabama en 1936.

L'étymologie exacte du terme « redneck » est discutée.

Les presbytériens originaires d'Écosse ou d'Ulster étaient surnommés rednecks au XVIIe siècle, du fait d'écharpes rouges qu'ils portaient en signe d'appartenance religieuse. L'immigration écossaise et irlandaise aux États-Unis, et la présence de ces immigrés dans les campagnes, auraient pu occasionner l'importation du terme[1],[2].

D'autres retracent le terme à la grève des mineurs du Midwest des années 1920, notamment la bataille de Blair Mountain en Virginie-Occidentale. Les grévistes syndicalisés s'identifiaient par le port de bandana rouge autour du cou, d'où l'apparition de terme « redneck », littéralement « cou rouge ». Le symbole reste toujours d'actualité aux États-Unis et peut notamment être observé lors de manifestations ou de grèves[3]. Le terme aurait pris une connotation populaire péjorative après les destructions des syndicats sous le Maccarthysme et en réaction au « red scare ».

Une autre étymologie possible vient des coups de soleil dont souffriraient les habitants des campagnes, souvent agriculteurs, du fait de leurs conditions de travail à l'air libre[4], à l'image de l'expression française « avoir le sang bleu », qui désignait les nobles car ils avaient la peau très blanche[5], entre autres par manque de travail au soleil.

UtilisationModifier

Le terme « redneck » devient particulièrement populaire après la guerre de Sécession, pour désigner les habitants blancs pauvres, généralement déclassés par la guerre, du Sud des États-Unis. La popularité du terme a engendré son importation dans le reste des États-Unis, ainsi que dans le langage courant du Canada anglophone.

Il est aujourd'hui employé, soit de manière méprisante, pour désigner des habitants des campagnes américaines ou canadiennes — souvent supposés ignares, alcooliques et chauvins, voire, dans les cas extrêmes, dégénérés — soit sous une forme de revendication humoristique ou identitaire, par les ruraux nord-américains eux-mêmes, ou par des personnalités revendiquant leur milieu ou leur origine populaires[6],[7].

En Afrique du Sud, le terme « Red Necks » désignait les soldats britanniques pendant la Guerre des Boers[8].

Dans la culture populaireModifier

Cinéma et télévisionModifier

  • Dans Le sapin a les boules (National Lampoon's Christmas Vacation, 1989), des Redneck stéréotypes sont bien illustrés dans la scène où le père (Chevy Chase), au volant de l'auto familiale, fait un doigt d'honneur à deux rustres à bord d'une camionnette déglinguée.
  • Dans la série télévisée et le film homonyme Shérif, fais-moi peur, sont présentés avec une certaine bonhommie des caricatures de rednecks.
 
Manifestation à Washington DC. Port de bandanas rouges, symboles pro-syndicaliste.

Jeux vidéoModifier

Notes et référencesModifier

  1. (en) David Hackett Fischer, « Albion's Seed, Four British Folkways in America », Oxford University Press, New York 1989.
  2. (en) « Redneck Etymology » (voir archive), ukraine-observer.com.
  3. Michael Moore, Fahrenheit 11/9, AGC International (2018), 2h02, à 01:12:00.
  4. (en) « Redneck », spiritus-temporis.com.
  5. « Nous avons tous du sang bleu ! », Jean-Pierre Dubois, notrefamille.com.
  6. (en) « Larry the Cable Guy : America’s favorite redneck », Slate, 2 novembre 2005.
  7. (en) « Redneck’s no insult in McCain-Palinland », The Dallas Morning News.com, 22 octobre 2008.
  8. (en) « Political Correctness », sur geocities.com, .
  9. (en) « GTA V: 10 Reasons Trevor Is One Of The Greatest Video Game Characters Ever », Whatculture.com.

Voir aussiModifier

Sur les autres projets Wikimedia :

BibliographieModifier

Articles connexesModifier