Radha

déesse hindoue
Radha et Krishna. Détail d'une œuvre (vers 1760) attribuée au peintre rapjput Nihal Chand (1710–1782).

Radha (devanāgarī: राधा, Rādhā), également appelée Radhika, Radharani ou Radhikarani, est, dans le Bhagavata Purana, une des gopis, amie d’enfance et amante de Krishna[1] (elle n'est pas l'épouse de Krishna, et est déjà mariée). Elle est presque toujours représentée auprès de Krishna et a une importance prédominante dans le Vaishnava (vishnouisme) en tant que Shakti.

Origine et histoireModifier

Radha, dont le nom signifie « prospérité, succès »[2], est un symbole de l'âme du bhakta (le dévot) qui cherche son Dieu-amant afin de s'unir à lui[3]. Elle apparaît assez tard dans le krishnaïsme. En effet, son culte se développe durant le Moyen Âge indien. Radha, que les légendes antiques ne connaissaient pas — ce qui souligne la nouveauté du culte — accompagne la transformation de l'hindouisme alors que celui-ci prend une coloration davantage mystique et proche des cultes populaires. Un des traits de cette religion de bhakti est l'amour passionné qui rapproche les fidèles de la divinité[4]. Nicole Balbir souligne que « l'aspect érotique est ici symbolique »[3].

Du reste, son origine est plutôt obscure[5]. Si le Bhagavata Purana met en scène des gopis qui dansent avec Krishna le rāsa līlā (en), une danse à la fois érotique et mystique[3], il n'y est pas fait mention de Radha[5],[6]. En revanche, Radha est présente dans le Padma purana, un autre des grands purana, et certaines sectes (par exemple les Nimbarka ou les Vallabhācārya) voient en elle la shakti de Krishna[5]. D'autre part, le mouvement dévotionnel (bhakti) de Caitanya en a fait une déesse, devenue Śrī Rādhā, symbole de l'Amour divin[2]. Mais c'est dans le Gita-Govinda de Jayadeva (xiie siècle) — un récit célèbre des amours du dieu et de sa gopi qui s'inspire du Bhagavata Purana et du Padma purana — que Krishna et Radha apparaissent comme couple amoureux[5]. Ce texte met clairement en scène l'érotisme de la relation amoureuse, et illustre les principes du Kamasutra, sans doute sous l'influence d'un courant qui voit dans le corps un moyen de prière[5].

Culture populaireModifier

 
Krishna et Radha dansant le rasa lila. Jaipur, xixe siècle

Le scénario et les dialogues du film Lagaan (2001) font référence à la relation entre Radha et Krishna[réf. nécessaire], et la comparent à celle des personnages, dans le cadre d'un triangle amoureux entre Bhuvan, Gauri et Elizabeth (cette dernière étant qualifiée de « Radha de Bhuvan » dans la narration finale).

Notes et référencesModifier

  1. (en) « Srimad Bhagavatam Canto 10 Chapter 45 Verse 3 », Vedabase.net (consulté le 13 novembre 2010)
  2. a et b « Radha », Dictionnaire Héritage du Sanscrit, (Lire en ligne - Consulté le 19 juillet 2020)
  3. a b et c Nicole Balbir, « Glossaire » in Chants mystiques de Mīrābāī, Paris, Les Belles Lettres, 1979, p. 56.
  4. Jacques Dupuis, Histoire de l'Inde, 2e éd., Éditions Kailash, 2005, p.171-172
  5. a b c d et e Nicole Balbir, « Introduction » in Chants mystiques de Mīrābāī, Paris, Les Belles Lettres, 1979, p. XIX-XX.
  6. (en) Krishna. The Beautiful Legend of God : Srimad Bhagavata Purana Book X (translated with an introduction and notes by Edwin F. Bryant), London, Penguin Classics, 608 p. (ISBN 978-0-140-44799-6), p. 420, note 5

BibliographieModifier

  • (en) David Kinsley, Hindu Goddesses: Visions of the Divine Feminine in the Hindu Religious Tradition, Berkeley, University of California Press, (1re éd. 1986), 281 p. (ISBN 0-520-06339-2), p. 81-94
  • (en) John S. Hawley & Dona M. Wulff (Ed.), The Divine Consort: Radha and the Goddesses of India, Boston, Beacon Press, , xviii, 414 p. (ISBN 0-8070-1303-X, présentation en ligne)
  • (en) Dona M. Wulff, « Radha. Consort and conquerer of Krishna », dans John S. Hawley & Dona M. Wulff (Ed.), Devi: Goddesses of India, Berkeley, University of California Press, , 373 p. (ISBN 978-0-520-20058-6), p. 109-134

Voir aussiModifier

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