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La révolte d'An Lushan, aussi appelée Révolte d'Ān Shǐ (chinois traditionnel : 安史之亂) se déroule en Chine pendant la dynastie des Tang, du au .

Ce fut une des plus grandes guerres civiles de l'histoire.

Sommaire

An LushanModifier

An Lushan était un général de l'armée Tang, né dans le Nord-Est d'un officier sogdien et d'une mère turque. Il avait été nommé par l'empereur Xuanzong (suivant en cela la suggestion de sa favorite Yang Guifei,avec l'accord de Li Linfu, premier ministre de l'empire[1]) pour commander trois garnisons du nord (Pinglu, Fanyan et Hedong). Apprécié par l'empereur et par Yang Guifei, il entra cependant en conflit avec un cousin de celle-ci, le chancelier Yang Guozhong (en).

DéroulementModifier

 
Fuite de Chang'an de l'empereur Xuannzong. Encre sur papier, XIe siècle.

En 755, An Lushan se révolta sous le prétexte de mettre Yang Guozhong à la raison. Son armée partit de Fanyang (près de Pékin, dans l'actuelle province du Hebei). En chemin, An Lushan traita avec respect tous les fonctionnaires Tang qui se rendaient, en conséquence de quoi il en fit des alliés.

Toujours en 755, il prit Luoyang, grande ville de l'Ouest du pays, et se proclama empereur. Il se heurta ensuite pendant deux ans aux armées fidèles aux Tang, dans la province actuelle du Henan.

Il réussit cependant à prendre la capitale de la Chine à l'époque, Chang'an (Xi'an), forçant l'empereur Xuanzong à s'enfuir dans le Sichuan. Menacé de révolte par sa propre garde, ce dernier n'eut alors plus d'autre recours que d'ordonner à Yang Guozhong (dont la haine d'An Lushan avait provoqué la révolte) de se suicider. Il fit également étrangler sa favorite, Yáng Guìfēi.

Cependant, An Lushan tomba malade, son caractère se détériora, engendrant la crainte autour de lui. En 757 il fut assassiné par son fils An Qingxu, qui craignait pour sa propre vie. Ce dernier poursuit la lutte, mais à la fin de cette même année il perd la capitale et Luoyang[2]. La révolte est finalement écrasée, définitivement en février 763.

ConséquencesModifier

 
L'empereur Xuanzong, debout sur une terrasse avec sa concubine Yang Guifei et des serviteurs. Byōbu du XVIe siècle de Kano Eitoku.

Ces huit années de guerre civile ont provoqué un important affaiblissement démographique, accompagné d'une très grave crise économique et sociale. Le gouvernement, ruiné, écrase le peuple sous les impôts pour se renflouer, provoquant des émeutes[3].

Le nombre de morts de cette guerre civile fut extrêmement élevé, puisque la baisse de la population constatée au travers des recensements est de l'ordre de 36 millions de personnes en moins, ce qui pourrait alors dépasser le nombre de morts causées par la révolte des Taiping. Le recensement de 754 faisait en effet apparaître une population de 52 880 488 habitants, alors que celui de 764 n'en dénombre plus que 16,9 millions environ[4], accusant une perte de population nominale des deux tiers de la population initiale.

Cependant, cette évaluation doit être fortement nuancée par le fait que le recensement de 764 reflète la désorganisation de l’État et de son système de recensement, puisque certaines catégories de personnes n'y ont pas été prises en compte, car non soumises à l'impôt (ordres religieux, étrangers, marchands…). Et surtout, la guerre civile s'est traduite par la perte de contrôle de la dynastie Tang sur toute une partie des provinces du Nord, représentant peut-être un quart de la population restante désormais non prise en compte par le système fiscal impérial[5]. Des historiens tels que Charles Patrick Fitzgerald ont fait remarquer d'autre part que le chiffre de 36 millions de morts est incompatible avec les comptes-rendus qui ont été faits de la guerre à l'époque même[6].

AnnexesModifier

Notes et référencesModifier

  1. https://arbon.website __ "Li Linfu, fourbe et cruel."
  2. www.universalis.fr __ "An Lushan [Ngan Lou-Chan], rébellion de 755-763."
  3. www.rozsavolgyi.free.fr __ "Introduction à la civilisation chinoise, troisième partie : une brève histoire de la Chine", page 2.
  4. Schafer 1985, p. 280, note 18 en bas de page.
  5. Fairbank 1992, p. 86.
  6. Charles Patrick Fitzgerald, China: a short cultural history, 1985, p. 314.

BibliographieModifier

  • Edward H. Schafer, The Golden Peaches of Samarkand, Berkeley: University of California Press, (ISBN 978-0-520-05462-2)
  • John King Fairbank, China: A New History, Cambridge, Massachusetts, Belknap Press/Harvard University Press, (ISBN 0-674-11670-4)

Articles connexesModifier