Rétroviseur

Un rétroviseur est un équipement comportant un miroir orientable que l'on trouve aujourd'hui sur presque tous les véhicules motorisés. Ce dispositif permet au conducteur du véhicule d'observer l'environnement qu'il ne peut pas voir en marche normale, c'est-à-dire derrière lui (rétroviseur central) et sur les côtés (rétroviseurs extérieurs). Le miroir orientable lui renvoie une image inversée (gauche/droite) assimilable rapidement pour les conducteurs.

Rétroviseur fixé sur le guidon d'une motocyclette.

Se pose, pour les systèmes à base de vidéo, la question de savoir s'il faudra conserver l'inversion gauche/droite de l'image pour respecter les habitudes culturelles des conducteurs et ne pas les dérouter.

HistoireModifier

 
Prototype de rétroviseur d'Alfred Faucher.

S'il n'est pas certain qu'il en soit l'inventeur, le Français Alfred Faucher en présente un prototype dès 1906[1], avant que son compatriote Henri Cain ne dépose un brevet pour un « miroir avertisseur pour automobile », publié l'année suivante[2]. Le modèle est présenté au salon de l'automobile[3][source insuffisante].

En 1911, le rétroviseur fait son apparition dans la course automobile, en équipant la Marmon du pilote Ray Harroun lors des 500 miles d'Indianapolis, qu'il remporte. Ce n'est pourtant qu'en 1921 que le système sera breveté aux États-Unis, par l'inventeur Elmer Berger (en)[1].

TechniqueModifier

De manière générale, les rétroviseur intérieurs sont plans, et les rétroviseurs extérieurs sont légèrement convexes en extrémité extérieure pour réduire l'angle mort latéral.

EmplacementsModifier

Automobile
  • Rétroviseur intérieur (ou central) : se développe dans les années 1930. Auparavant, le conducteur se souciait peu de ce qui se passait derrière lui.[réf. nécessaire] Le rétroviseur intérieur (ou central) peut disposer d'une position jour et d'une position nuit, atténuée pour éviter l'éblouissement des phares des véhicules le suivant. Il existe, sur certaines voitures, une position nuit par système à atténuation chimique et électrolytique dit « système autochrome » ou « électrochrome ».
  • Rétroviseur extérieur côté conducteur : il n'est rendu obligatoire en France, par décret, que depuis le , et ceci pour tous les véhicules motorisés à quatre roues. Il est précisé qu'il doit être réglable depuis le siège du conducteur.
  • Rétroviseur extérieur côté passager : bien que monté systématiquement aujourd'hui par tous les constructeurs, il n'est obligatoire en France depuis 1969[4] que pour « les voitures particulières ayant les carrosseries commerciales et break » et « lorsque le type de construction du véhicule est tel que le rétroviseur intérieur ne peut remplir son office ». En pratique, on peut considérer que cela s'applique à tous les véhicules à hayon (ou « bicorps ») qu'il est possible de charger jusqu'au toit, rendant inefficace le rétroviseur intérieur.
Deux-roues

Sur les deux-roues, le ou les rétroviseurs sont le plus souvent fixés sur le guidon mais parfois aussi sur la partie haute du carénage aérodynamique lorsque les motocyclettes en disposent.

Principe du rétroviseur jour/nuitModifier

Comme pour un miroir classique, le miroir jour/nuit est fait d'une plaque de verre dont la face arrière est rendue réfléchissante par application de tain, mais contrairement au premier, les deux faces de la plaque de verre ne sont pas parallèles, mais une forme de prisme. Sa section est triangulaire.

En position jour
la face arrière fait face au regard du conducteur et réfléchit l'image de la route en arrière du véhicule. La face avant est pratiquement transparente.
En position nuit
le miroir est penché afin que sa face avant soit face au regard du conducteur. La lumière des phares des véhicules suiveurs est alors pour une petite partie réfléchie vers le conducteur par la face avant qui, bien que sans tain, est partiellement réfléchissante. La lumière est pour une grande partie transmise vers la face arrière du miroir qui la réfléchit hors du champ de vision du conducteur. Le conducteur voit dans son rétroviseur l'image de la route arrière mais cette image a une intensité lumineuse atténuée.

ÉvolutionsModifier

Les rétroviseurs sont généralement équipés d'un miroir plan, mais il existe également des rétroviseurs panoramiques, équipés d'un miroir convexe, qui offre une vision plus large. Dans ce cas, la perception des distances est altérée.

 
Rétroviseur de Saab 9-5 rabattu.

Les coquilles des rétroviseurs extérieurs comportent parfois des répétiteurs de clignotants, facteurs supplémentaires de sécurité. Dans les automobiles, les rétroviseurs sont souvent rabattables, pour les protéger quand le véhicule est garé.

Les rétroviseurs sont souvent équipés de petits moteurs électriques qui permettent au conducteur de régler leurs miroirs et contrôler leur ouverture depuis leur siège. On trouve également, de plus en plus, des rétroviseurs extérieurs munis d'un dispositif électrique de dégivrage, utile lorsque la voiture est stationnée à l'extérieur par temps de gel.

Un indicateur d'angle mort est possible sur des rétroviseurs extérieurs par le truchement d'un capteur de position (capteur identique à ceux du radar de recul mais en position latérale). Si ce système est le plus souvent proposé par les constructeurs d'automobiles en première monte, des systèmes peuvent aussi être proposés en équipement complémentaire.

LégislationModifier

Depuis un décret émis le 20 novembre 1969, la France a longtemps imposé la présence de deux rétroviseurs, visibles par le conducteur sur sa gauche et sa droite, sur la plupart des véhicules à moteur[4]. Les nouveaux moyens de mobilité apparus dans les années 2000, telles que les trottinettes électriques, en sont exempts. Début 2016, toutes les conventions internationales et les codes de la route de tous les pays appliquent une législation similaire.

L'arrivée de systèmes mêlant radars et écrans intérieurs conduit progressivement les gouvernements à assouplir leur législation. Suivant les recommandations du forum international pour l'harmonisation des réglementations des véhicules (WP29), le Japon autorise dès 2016 le remplacement des rétroviseurs par un système électronique adapté. L'Europe lui emboîte le pas début 2018[5].

GalerieModifier

Notes et référencesModifier

AnnexesModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier