Résidu d'un produit phytopharmaceutique

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Un résidu d'un produit phytopharmaceutique est défini par la directive communautaire 91/414/CEE du , comme suit : « une ou plusieurs substances présentes dans ou sur des végétaux ou produits d'origine végétale, des produits comestibles d'origine animale, ou ailleurs dans l'environnement, et constituant le reliquat de l'emploi d'un produit phytopharmaceutique, y compris leurs métabolites et produits issus de la dégradation ou de la réaction ».

Éléments de définitionModifier

Les substances sont définies comme les éléments chimiques et leurs composés tels qu'ils se présentent à l'état naturel ou tels que produits par l'industrie, incluant toute impureté résultant inévitablement du procédé de fabrication.

Les végétaux sont les plantes vivantes et les parties vivantes de plantes, y compris les fruits frais et les semences.

Méthodes, protocolesModifier

Pour certains produits, des contrôles aléatoires ou périodiques sont obligatoires, faits en France sous l'égide de la DGCCRF par exemple pour les céréales[1].

La méthode analytique fait en général appel à la chromatographie couplée à la spectrométrie de masse, sur la base de protocoles standardisés à échelle européenne. Des méthodes dites "multirésidues" « permettent de doser de 10 à près de 100 composés avec une seule technique »[2].

En 2013, l'AFNOR a publié une norme expérimentale (norme XP T 90-223[3]) relative au dosage de résidus (de médicaments et de pesticides notamment) dans l’eau de consommation par chromatographie. Les molécules utilisées par les producteurs et utilisateurs de pesticides étant très changeantes, en perpétuelle mutation elle doit être testée par les acteurs socio-économiques et usagers soumis à la Directive-cadre sur l'eau (DCE) durant 3 ans au plus, avant que la commission de normalisation de l'AFNOR décide d'éventuellement la réviser, d’en prolonger une fois la période de tets ou de l’homologuer en la transformant en une norme NF ou éventuellement de la supprimer. Cette norme a notamment associé la « Direction Générale de la santé, ANSES, INERIS, ONEMA, Eau de Paris, Suez Environnement, Veolia, Nestlé Water management, Sanofi, l’Ifremer, l’Université d’Angers... »[3].

État des lieuxModifier

Le pain, les céréales, les viandes, poissons, boissons, fruits et légumes peuvent contenir diverses traces, métabolites ou résidus de pesticides.

En Europe, l'EFSA produit désormais un rapport annuel sur la présence de pesticides dans les aliments vendus et consommés (pour les aliments Bio et non-bio).
Ce rapport est réalisé en compilant les analyses fournies par les États membres de l'Union européenne, pour des produits et conditions comparables entre pays[4].

Selon le 3e rapport annuel, publié en 2011 (mais basé sur des analyses faites sur des échantillons prélevés en 2009) :

  • pour la production issue de l'Agriculture bio, les contaminations de fruits et légumes sont rares ( Ex : 2 % des échantillons de produits bios analysés par la France contenaient des traces de pesticides, toujours sous les Limites Maximales en Résidus et probablement souvent issues de retombées de champs voisins) ; Pour les végétaux dans l'UE-25, les taux de dépassement de la norme résidu était de 3,4 % pour les légumes « conventionnels » contre 0,5 % pour les légumes bio[4] ;
  • pour la production issue de l'Agriculture conventionnelle, 37,74 % des fruits et légumes analysés en 2009 contenaient des résidus de pesticides (chiffre proche des 38,1 % mesurés en 2008). Et dans ce lot, plus de 3,1 % des analyses dépassaient les Limites maximales de résidus (LMR), contre 3,8 % en 2008[4] ;
  • Plus de 25 % des échantillons à échelle communautaire, contre 16 % en France contiennent plusieurs résidus (de 2 à 26 molécules de pesticides dans un même échantillon). Les trois produits analysés contenant le plus souvent plusieurs résidus étaient les citrons non-bio (56,6 % contenaient plus de deux pesticides), le raisins de table(55,5 %) et les fraises (53,8 %).
    Plusieurs résidus de pesticides ont été trouvés dans plus de 75 % des échantillons contenant au moins un pesticide ; 58 % des raisins échantillonnés en 2009 contenaient de 2 à 23 résidus différents de pesticides[4] ;
  • Tous légumes et fruits confondus et en moyenne ; 97,4 % des échantillons analysés en 2009 ne dépassaient pas les limites maximales de résidus (LMR) autorisées, soit 1 % de mieux qu'en 2008. Par rapport à 2006, la dernière année durant laquelle les mêmes aliments d’origine végétale avaient été analysés dans le cadre du programme coordonné par l’UE, le taux de dépassement des LMR est passé de 4,4 % à 1,4 %. Selon l’EFSA, on pourrait en partie imputer cette diminution à l'harmonisation des LMR, en vigueur depuis , mais d’autres facteurs – tels qu’une utilisation plus efficace de la législation obligeant les producteurs et d’autres acteurs de l’industrie à mettre en œuvre des systèmes de sécurité, ainsi que des changements en matière de pratiques d’utilisation des pesticides en Europe – pourraient avoir contribué à cette amélioration.
    pour 138 pesticides recherchés, des résidus à des taux mesurables ont été retrouvés pour 111 de ces pesticides[4].

François Veillerette faisait en 2011 remarquer une prolongation de la tendance de certains États (dont la France) à diminuer le nombre d'analyse « le nombre total d’échantillons analysés a encore diminué cette année pour la France par rapport à 2008 (4953 contre 5063 en 2008). Il avait déjà diminué lors de la campagne d’analyse 2008. Cela ne va pas dans le sens d’une meilleure surveillance de la contamination de notre alimentation par les résidus de pesticides »), ainsi que le retard d'application du Règlement 396/2005 CE, lequel impose aux régulateurs de prendre en compte les cocktails de résidus.

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

RéférencesModifier

  1. DGCCRF - Présentation « Dosage des Résidus de Pesticides dans les Céréales »(ArchiveWikiwixArchive.isGoogleQue faire ?)
  2. Les techniques d'analyse (Observatoire des résidus de pesticides).
  3. a et b AFNOR (2013), Substances et résidus dans l’eau : une norme AFNOR permet de mieux les détecter Communiqué du 29/04/2013, consulté 2013-05-11
  4. a b c d et e [1], Scientific Report of EFSA ; approuvé le 26 octobre 2011 et publié le 08 novembre 2011 ; 529 pages. Et Résumé