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Référendum constitutionnel uruguayen de 2019

Référendum constitutionnel uruguayen de 2019
Amendement sécuritaire
Pour
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Contre ou neutre
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Un référendum constitutionnel a lieu le 27 octobre 2019 en Uruguay en même temps que les élections législatives et présidentielle. La population est amenée à se prononcer sur une initiative populaire portant sur un amendement constitutionnel introduisant plusieurs mesures d'ordre sécuritaire. Sont ainsi prévus la création d'une garde nationale, l'interdiction des libérations anticipées pour certains crimes graves, la légalisation de la prison a vie et celle des raids de police la nuit.

Sommaire

ContexteModifier

Le thème de la hausse de l'insécurité occupe une place importante de la vie politique uruguayenne depuis les élections législatives et présidentielle de 2009. Le gouvernement dirigé par le Front large fait l'objet de nombreuses critiques de la part des partis National et Colorado, dans l'opposition depuis 2004[1]. En 2014, un référendum est ainsi organisé sur un amendement constitutionnel abaissant la majorité pénale de dix huit à seize ans. La proposition est cependant rejetée dans les urnes, seuls 46,81 % des électeurs votant en faveur[2].

Mise en oeuvreModifier

Article détaillé : Référendums en Uruguay.

Courant 2019, un projet d'amendement constitutionnel est porté par un groupe de collecte de signatures formé suite à l'appel du sénateur Jorge Larrañaga, candidat malheureux du Parti national à la présidentielle de 2004. Sous le slogan « Vivre sans peur », le groupe parvient ainsi à collecter suffisamment de signatures pour soumettre au vote l'inscription dans la constitution d'un ensemble de mesures à visée sécuritaire[3]. Les référendums d'initiative populaire sont en effet possibles en Uruguay, dont la constitution organise le cadre légal de cette forme de démocratie directe[2].

Les propositions populaires peuvent ainsi concerner des modifications de la constitution[4]. En accord avec l'article 331 de cette dernière, les signatures d'au moins 10 % de l'ensemble des électeurs inscrits sur les listes électorales doivent pour cela être réunies. Soit en 2019 un total de près de 275 000 signatures. Les pétitionnaires peuvent alors soumettre leurs projet au parlement, qui peut éventuellement proposer un contre projet qui sera soumis au vote en même temps que la proposition populaire[5].

Les signatures sont soumises au tribunal électoral, qui en valide plus de 400 000. Le quorum ayant été atteint, le référendum est organisée en même temps que les prochaines élections[2].

Bien que légalement contraignant, le projet doit pour être considéré valide recueillir la majorité absolue ainsi qu'un nombre de votes en sa faveur au minimum égal à 35 % du total des inscrits[4],[6]

ContenuModifier

L'amendement constitutionnel porte sur un ensemble de quatre propositions : la création d'une garde nationale, l'interdiction des libérations anticipées pour certains crimes graves, la légalisation de la prison a vie et celle des raids de police la nuit[3].

Création d'une Garde NationaleModifier

La principale proposition vise à la création d'une Garde Nationale, composée d'un maximum de 2 000 militaires et chargée de missions de maintien de l'ordre en coordination avec la police[3].

La garde serait ainsi chargée de « veiller au respect de la constitution et des lois », « protéger les individus dans l'exercice de leurs droits individuels susceptibles d'être violés par un comportement criminel » et « Prendre toutes les mesures nécessaires pour lutter contre le trafic de drogue et autre manifestation du crime organisé ». La garde se voit également confiée la mission de « Participer aux actions préventives, dissuasives et répressives tendant à prévenir la commission d'infractions, de délits ou d'infractions, en particulier dans les régions du pays où un taux de criminalité élevé est enregistré, ainsi que de toutes les tâches tendant au maintien de de l'ordre et de la tranquillité publique que lui confie le pouvoir exécutif. ». Sa gestion est confiée au ministère de la défense, en coordination avec le ministère de l'intérieur pour les actions opérationnelles[3].

Interdiction de l'allégement de certaines peinesModifier

L'amendement prévoit « l'application effective des peines » des crimes graves, en rendant impossible leur allégement. Sont ainsi interdit les libération anticipée pour les individus condamnés pour viol, abus sexuel, vol qualifié, extorsion, enlèvement, homicide aggravé, traite d'être humain ou trafic de drogue[3].

Les libertés surveillés sont également interdits, ainsi que tout autre substitut à la privation de liberté, la peine prévue devant dans tout les cas être respectée[3].

Emprisonnement à perpétuitéModifier

 
  • Pays autorisant les peines de prison à vie
  • Pays autorisant les peines de prison à vie pour les hommes uniquement
  • Pays n'autorisant pas les peines de prison à vie
  • Situation inconnue
Article détaillé : Emprisonnement à perpétuité.

L'amendement propose que la peine de prison a vie soit rendu possible pour les crimes de viol ou abus sexuel ou homicide de mineurs ainsi que pour les homicides aggravés d'adultes. Il est notamment précisé que les peines ne peuvent être réexaminée si le prisonnier est jugé réhabilité qu'après un minimum de 30 ans de prison. La réhabilitation est prononcée par la Cour suprême de justice, sur avis d'un dossier constitué par organe consultatif que l’exécutif est chargé de créer[3].

Raids nocturnesModifier

La constitution uruguayenne n'autorise les raids des forces de police que lorsqu'il fait encore jour. L'amendement vise à les autoriser en les conditionnant à la suspicion bien fondée qu'un crime est en train de se produire[3].

CampagneModifier

La collecte de signatures ayant été organisée au moment des primaires de l'ensemble des partis uruguayens pour le choix de leurs candidats à la présidentielle d'octobre, la révision constitutionnelle proposée provoque de vifs débats parmi les candidats, plusieurs d'entre eux s'y déclarant totalement opposés[3].

RésultatsModifier

Le scrutin est organisé simultanément aux élections législatives et présidentielle. Les électeurs participant à ces élections ont ainsi la possibilité de prendre un bulletin en faveur de l'amendement proposé, et de le joindre à leurs bulletins de vote dans leurs enveloppe, ou de ne pas le faire. Seule la présence ou non du bulletin Oui en tant que vote favorable étant comptabilisé, les votes blancs ou nuls ne sont pas possibles. Le total des inscrits sur les listes électorales utilisé pour les calculs du taux de participation du référendum peuvent différer du total des inscrits pour les élections organisées le même jour, en raison de la possibilité pour les étrangers établit de longue date dans le pays de voter aux élections, mais pas au référendum[2].

Résultats nationaux[2]
Choix Votants Inscrits
Voix % % Quorum
Pour 35 %
Contre ou neutre
Total des votants 100,00
Abstentions
Inscrits 100,00

RéférencesModifier