Puan Maharani

femme politique indonésienne

Puan Maharani
Illustration.
Portrait officiel de Puan Maharani, en 2019.
Fonctions
Présidente du Conseil représentatif du peuple
En fonction depuis le
(2 ans, 10 mois et 17 jours)
Prédécesseur Bambang Soesatyo (en)
Ministre coordinatrice du Développement humain et des Affaires culturelles

(4 ans, 11 mois et 4 jours)
Président Joko Widodo
Gouvernement Cabinet de Travail
Prédécesseur Agung Laksono (en)
Successeur Muhadjir Effendy
Membre du Conseil représentatif du peuple

(5 ans et 24 jours)
Circonscription 5e de Java central
Président SBY
Joko Widodo
Biographie
Nom de naissance Puan Maharani Nakshatra Kusyala
Date de naissance (48 ans)
Lieu de naissance Jakarta, Indonésie
Nationalité Indonésienne
Parti politique PDIP
Père Taufiq Kiemas
Mère Megawati Sukarnoputri
Famille Soekarno (grand-père)
Fatmawati (grand-mère)
Diplômée de Université d'Indonésie

Puan Maharani, née le à Jakarta, est une femme d’État indonésienne. Membre du Parti démocratique indonésien de lutte (PDIP), elle est présidente du Conseil représentatif du peuple, chambre basse du parlement indonésien, depuis .

D'abord membre de ce Conseil de 2009 à 2014, elle est aussi présidente du groupe parlementaire PDIP de 2012 jusqu'à sa nomination au Cabinet de Travail du président Joko Widodo, en 2014, en tant que ministre coordinatrice du Développement humain et des Affaires culturelles, poste qu'elle occupe jusqu'en 2019.

Elle est la fille de Megawati Sukarnoputri, ancienne présidente de la République (2001-2004) et actuelle dirigeante du PDIP, et de Taufiq Kiemas, ancien président du parlement, l'Assemblée délibérative du peuple (2009-2013). Elle est aussi la petite-fille de Sukarno, premier président de la République (1945-1967).

Famille et vie personnelleModifier

 
Puan Maharani, entourée de ses frères et de ses parents.

JeunesseModifier

En 1970, le premier mari de Megawati Sukarnoputri - avec qui elle a deux fils - meurt dans un accident d'avion[1]. Après un bref second mariage, Megawati épouse en troisièmes noces Taufiq Kiemas. Puan Maharani Nakshatra Kusyala, naît de cette union le , à Jakarta[2]. Son grand-père, le président Sukarno, a été renversé par Suharto huit ans plus tôt, pour installer un régime dictatorial. Son père est ainsi incarcéré plusieurs années en tant que prisonnier politique, ce qui limite les interactions économiques et sociales de la famille[3].

ÉducationModifier

Elle va à l'école à Cikini (Jakarta) puis entre à l'Université d'Indonésie en 1991 pour étudier la communication de masse. Elle y obtient son diplôme en 1997[4].

FamilleModifier

Puan Maharani est mariée à l'homme d'affaires Hapsoro 'Happy' Sukmonohadi, avec qui elle a deux enfants[5]. Ils se seraient mariés un mois avant la démission de Suharto en [6]. À cette époque, Megawati est la principale figure d'opposition du pays dans un régime qui ne tolérait pas une opposition critique[7], ce qui a compliqué la tenue de ce mariage. Aucun responsable de l’État n'y assiste[6].

Parcours politiqueModifier

Après la chute de Suharto en 1998, Puan Maharani s'est impliquée dans la vie politique, suivant sa mère qui était l'un des principaux acteurs de la scène politique nationale. Lorsqu'elle accède à la présidence de la République, Puan Maharani l'accompagne lors de ses visites officielles[8].

En 2008, Megawati présente Puan Maharani, alors à la tête de la section du PDIP consacré à l'autonomisation des femmes et du public, comme sa successeuse lors de la campagne pour les élections gouvernatoriales de Java oriental de 2008[9].

Élue au Conseil représentatif du peupleModifier

Après cela, Puan Maharani participe aux élections législatives de 2009 dans le district électoral 5 de Java central et recueille 242 504 voix, soit le deuxième plus grand nombre de suffrages de tous les candidats au parlement du pays[10]. Au cours de son premier mandat, elle dirige la faction PDIP à partir de 2012, en remplacement de Tjahjo Kumolo (devenu plus tard ministre de l'Intérieur)[11]. Elle est affectée à la 6ème commission du Conseil représentatif du peuple (DPR), chargée des investissements et des PME[10]. Au cours de cette période, elle s'est opposée à une politique de hausse du prix du carburant en 2013[12].

Plus tard, elle a été brièvement présentée comme la candidate potentielle du PDIP pour l'élection présidentielle de 2014, puis comme possible candidate à la vice-présidence de Joko Widodo. Aux élections législatives de 2014, elle obtient 326 927 voix, une fois de plus le deuxième plus grand nombre de suffrages du pays[10],[13].

Ministère de coordination du Développement humain et des Affaires culturellesModifier

 
Puan Maharani, en 2015.

À la suite de la victoire électorale de Joko Widodo face à Prabowo Subianto, elle est nommée ministre coordinatrice du Développement humain et des Affaires culturelles au sein du Cabinet de Travail. Sa nomination est critiquée[Par qui ?] pour son expérience, jugée insuffisante, et pour l'influence politique supposée de sa mère dans cette décision[10]. A ce poste, elle coordonne l'action de huit ministères : Santé, Affaires sociales, Affaires religieuses, Empouvoirement des Femmes et Protection des enfants, Villages, Régions sous-développées et Transmigration, Jeunesse et Sports, Éducation et Culture ainsi que Recherche, Technologies et Éducation supérieure.

En 2017, après trois ans à ce ministère de coordination, elle met en avant les effets de sa politique, soulignant l'augmentation de l'indice de développement humain (IDH) ainsi que les statistiques relatives à la réduction de la pauvreté et au coefficient de Gini évaluant les inégalités[14]. Celles-ci sont alors particulièrement élevées, l’Indonésie étant classée au sixième rang des pays les plus inégalitaires : quatre hommes y possèdent davantage que les 100 millions de personnes les plus pauvres (soit 40 % de la population)[15]. A la fin du quinquennat, les inégalités mesurées par le coefficient de Gini ont baissé de près de 0,2 point, une diminution sans précédent[15].

Elle est la seule ministre coordinatrice à être restée en poste tout au long du premier mandat de Joko Widodo, malgré plusieurs remaniements, ce qui a amené certains médias à la qualifier d'« intouchable »[16],[17].

Présidence du Conseil représentatif du PeupleModifier

À la suite des élections législatives d'avril 2019, à l'issue desquelles le PDIP reçoit le plus grand nombre de voix, Puan Maharani est pressentie à la présidence du Conseil représentatif du Peuple pour la législature 2019-2024[18],[19]. Elle indique également qu'elle pourrait se présenter à la présidence de la République en 2024[20]. Elle est effectivement élue à la présidence de la chambre basse du Parlement le 1er , devenant la première femme à occuper ce poste[21].

RéférencesModifier

  1. (id) « Mega Ditinggal Suami », sur majalah.tempo.co, (consulté le )
  2. (en-US) « Megawati Rises Above Stormy Clouds of Suharto Era », Los Angeles Times,‎ (ISSN 0458-3035, lire en ligne, consulté le )
  3. (id) « Mengintip Kisah Cinta Taufiq Kiemas dan Megawati Soekarnoputri », sur news.detik.com, (consulté le )
  4. (id) « Sosok Puan Maharani, Salah Satu Menteri Koordinator di Kabinet Jokowi », sur nasional.kompas.com, (consulté le )
  5. (id) « Profil Puan Maharani », sur viva.co.id, (consulté le )
  6. a et b (id) « Kenangan Menko Puan Jadi Juru Masak Saat Reformasi 1998 », sur liputan6.com, (consulté le )
  7. (en) Donald J. Porter, Managing Politics and Islam in Indonesia, Routledge, , 264 p. (ISBN 978-1-136-55285-4, lire en ligne), p. 169
  8. (id) « Puan Maharani », sur profil.merdeka.com (consulté le )
  9. (id) « Megawati Perkenalkan Penerusnya Puan Maharani », sur antaranews.com, (consulté le )
  10. a b c et d (id) « Puan Maharani, Calon Menko Pembangunan Manusia », sur nasional.tempo.co, (consulté le )
  11. (id) « Puan Gantikan Tjahjo sebagai Ketua Fraksi PDIP », sur nasional.tempo.co, (consulté le )
  12. (id) « Tolak Kenaikan BBM, Puan: Program Balsem Tak Jelas », sur news.detik.com, (consulté le )
  13. « Puan still eyes VP position », The Jakarta Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  14. « Govt announces progress in human development, cultural affairs », The Jakarta Post,‎ (lire en ligne, consulté le )
  15. a et b Rémy Madinier, « L’Indonésie choisit la démocratie », sur Le Monde diplomatique, (consulté le )
  16. (en) « New Economics, Trade Chiefs as Jokowi Reshuffles Cabinet », sur amcham.or.id, American Chamber of Commerce in Indonesia, (consulté le )
  17. (id) « Menteri-menteri "Untouchable" yang Aman dari "Reshuffle" Halaman all », sur nasional.kompas.com, (consulté le )
  18. (id) « Posisi Ketua DPR, PDIP Sebut Puan Paling Berpeluang tapi Tunggu Keputusan Megawati », sur merdeka.com, (consulté le )
  19. (en) « House speaker endorses Puan Maharani as successor », sur thejakartapost.com, (consulté le )
  20. (id) « Puan Maharani Beri Sinyal Maju Pilpres 2024, Siapa yang Pantas Mendampingi & Bagaimana Peluangnya? », sur makassar.tribunnews.com,
  21. (en) « House gets first female speaker », sur thejakartapost.com, (consulté le )

Liens externesModifier

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