Poignée de main

Une poignée de main est un geste de communication[1] effectué le plus souvent en guise de salutation mais qui peut également être une signification de remerciement ou d'accord.

Poignée de main.

HistoireModifier

 
Adieu d'un soldat américain pendant la Première Guerre mondiale.

Plusieurs indices archéologiques antiques (dessins sur poterie, bas-reliefs) prouvent que l'introduction du geste est bien antérieure au Moyen Âge[2] ou au Christ. La poignée de main est en effet attestée dès la Grèce antique. C'est au XIXe siècle qu'elle devient dans le monde anglo-saxon un geste de salutation virile, après qu'au XVIIe siècles les Quakers l'aient adoptée pour signifier l'amitié et l'égalité. Elle se diffuse ensuite dans le reste du monde : en Chine par exemple, en 1914, elle est enseignée dans les écoles, dans une volonté de rupture avec les anciennes salutations devant marquer la hiérarchie sociale. Désormais, la poignée de main symbolise un idéal démocratique égalitaire, que veut promouvoir la jeune République de Chine. En France, après la Première Guerre mondiale, alors que l'américanisation des mœurs et l'union sacrée des classes sociales ont gagné le pays, ce geste s'impose dans la vie quotidienne. Au XXe siècle, la poignée de main s'installe aussi dans le champ médiatique, notamment lors des rencontres entre chefs d'État et des évènements sportifs, matérialisant ainsi une égalité de principe entre chaque pays[3].

Beaucoup de ces poignées de mains sont droitières.

Deux hypothèses, assez similaires toutefois, proposent par exemple une explication quant à l'origine de cette pratique :

  • Selon la première hypothèse, qui remonte au temps des chevaliers, tendre la main droite (car tous les chevaliers étaient formés pour être droitiers), indiquait que l'on n'avait pas l'intention de dégainer son épée pour s'en servir contre la personne d'en face.
  • Selon la seconde hypothèse, la poignée de main permettait aux interlocuteurs de montrer qu'ils venaient sans arme qui aurait pu être cachée dans le poing ou la manche[4],[3].

Des poignées de main particulières servent aussi de signe de ralliement à une communauté : les francs-maçons ont ainsi une poignée de main particulière entre eux[5]. Parfois, la poignée de main est remplacée par une séquence plus ou moins longue ou élaborée de gestes comme se taper dans la main à plat avant de se taper les poings fermés et de se taper la poitrine à l'emplacement du cœur. Certains gestes sont parfois difficiles à accomplir, comme claquer des doigts simultanément tout en se serrant la main en claquant son pouce sur la main de l'autre.

 
Les poignées de main de la main gauche sont plus rares.

HygièneModifier

Lorsque la poignée de main lève des considérations d'hygiène, comme durant une épidémie, des alternatives peuvent être utilisées comme la salutation par le coude.

Au cours de la pandémie de Covid-19 (2020), la poignée de main, au même titre que les autres contacts physiques, est déconseillée et s'est raréfiée, par mesure d'hygiène[3].

HéraldiqueModifier

 
D'azur à la foi d'or, accompagnée en pointe d'une coquille d'argent.

La foi est la représentation d'une poignée de main en héraldique. La foi est normalement posée en fasce (ce qui n'est pas blasonné), mais peut également être en bande ou en barre. Elle est dite parée lorsque les poignets sont couverts de bracelets ou de manche. À l'origine, elles représentent l'allégeance.

 
Poignée de main antérieure sur une stèle grecque.
 
Poignée de main effectuée avec les mains droites, tandis que la gauche transmet un certificat.

Notes et référencesModifier

  1. Encyclopædia Universalis, « COMMUNICATION », sur Encyclopædia Universalis (consulté le 20 février 2017)
  2. Busterson, Philip A. Social Rituals of the British.
  3. a b et c Clément Fabre, « La fin de la poignée de main ? », L'Histoire no 475, septembre 2020, p. 58-61.
  4. Libre.be, « La poignée de main: bien plus qu’un simple geste ! », sur www.lalibre.be,
  5. Francis Mercury, « Attouchements », in Le Petit Retz de la franc-maçonnerie : Fraternité, grades, grands architecte, humanité, pouvoir mondial, symboles, etc., 1989, p. 19-20 (ISBN 9782725660035)

Voir aussiModifier

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BibliographieModifier

  • A. K. Baïbourine et A. L. Toporkov, « La poignée de main », in Aux sources de l'étiquette : études ethnographiques (trad. par Janine Neboit-Mombet), Presses universitaires Blaise Pascal, Clermont-Ferrand, 2004, p. 62-76 (ISBN 2-84516-235-9)
  • J. Briod et G. Basterrechea, « La poignée de main », ... il est difficile de bien réussir une poignéee de main, Editions Signaux, 2013, (ISBN 978-2-8399-1185-6)

Articles connexesModifier