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Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Danes.

Pierre Danes
Image illustrative de l’article Pierre Danes
Statue de Pierre Danes au Collège de France
Biographie
Naissance
Paris
Décès
abbaye de Saint-Germain-des-Prés
Évêque de l’Église catholique
Consécration épiscopale
par Louis Guillart
Évêque de Lavaur
Autres fonctions
Fonction laïque
Professeur au Collège de France
(en) Notice sur www.catholic-hierarchy.org

Pierre Danes[1], né en 1497 à Paris, et mort le à l'abbaye de Saint-Germain-des-Prés[2], est le premier professeur de langue grecque au Collège Royal sous François Ier, puis évêque de Lavaur.

Sommaire

BiographieModifier

Issus d'une illustre famille, il fut mis dans sa jeunesse au collège de Navarre, où il obtint les plus grands succès dans la connaissance des langues latine, grecque, hébraïque. Sa réputation s'accrut rapidement, et devint telle qu'en 1530, François Ier, qui venait de fonder le collège de France, en nomma Danes le premier professeur en langue grecque. Ce dernier ne tarda pas à justifier le choix du monarque par les savantes observations qu'il publia sur plusieurs auteurs anciens, et, dans le peu de temps qu'il occupa cette chaire, il compta les élèves les plus distingués, tels qu'Amyot, de Billy, Brisson, Daurat, Cinq-Arbres.

Au bout de cinq ans, tourmenté du désir de voir l'Italie, il obtint la permission, de quitter le collège de France, et suivit Georges de Selve, son ami, qui venait d'être nommé ambassadeur à Venise. Après avoir fait, dans cette patrie des lettres, une ample moisson de connaissances, il revint à Paris. En 1543, il fut un des juges qui condamnèrent l'infortuné Ramus, et ce trait n'est pas sans doute le plus beau de son histoire.

Deux ans après, François Ier le nomma ambassadeur de France au concile de Trente, avec Claude d'Urfé et Jacques de Ligneris. La harangue qu'il y prononça à son arrivée fut très applaudie. Danes y soutint dignement l'honneur de son pays. Tous ses biographes ont rapporté le mot heureux qui lui échappa dans une des séances du concile. Comme un orateur français déclamait fortement contre les mœurs relâchées des ecclésiastiques d'Italie, Sebastiano Vanzi (Sébastien Vance), évêque d'Orvieto, dit avec mépris : Gallus cantat. - Utinam, répliqua vivement Danes, ad galli cantum Petrus resipisceret. Après la mort de François Ier, Henri II, son successeur, nomma Danes précepteur du dauphin, futur François II.

Il devint même confesseur de ce prince, et obtint, en 1557, l'évêché de Lavaur. Il avait été précédemment, dès 1523[3], curé de l'église Saint-Josse[4] à Paris.

DécèsModifier

Danes mourut octogénaire à abbaye de Saint-Germain-des-Prés le , où l'avaient appelé les affaires de son diocèse, et fut enterré dans le sanctuaire de la chapelle de Saint-Casimir, près du grand autel.

Il avait vu quatre rois.

Ce fut un des hommes les plus savants de son temps. Guidé dans l'étude des langues par Lascaris et Guillaume Budé, il ne démentit point de si habiles maîtres ; et, s'il a laissé peu d'écrits, il n'en rendit pas moins de grands services aux lettres. On a fait sur ces mots : Petrus Danesius, une anagramme d'autant plus heureuse, qu'elle est exacte : De superis natus.

En 1731, Pierre-Hilaire Danes, de la même famille, docteur de Sorbonne et conseiller-clerc au parlement de Paris (Il mourut à Paris, le 1er janvier 1732, dans sa soixante-sixième année.), publia la Vie, éloges et opuscules de Pierre Danes, Paris, in-4°, avec le portrait de l'auteur.

Notes et référencesModifier

  1. Et non Danès, bien que l' e soit ouvert.
  2. Abrégé de la vie du célèbre Pierre Danes Par Pierre-Hilaire Danes, 1731
  3. Bibliothèque sacrée, ou Dictionnaire universel historique des sciences ecclésiastiques Par Charles-Louis Richard - vol. 9, 1822 - Page 27
  4. Angle des rues Aubry le Boucher et Quincampoix : église reconstruite en 1679 et démolie en 1791 (Source)

PublicationsModifier

On y remarque :

  1. une Lettre latine à Jacques Colin sur son futur voyage d'Italie ;
  2. la Préface d'une édition de Pline   qu'il donna à Paris, 1532, in-fol., sous le nom de Petrus Bellocirius (la Belletière), son domestique ;
  3. une Lettre apologétique, en latin, pour François Ier, contre Charles Quint ; sa Harangue au conçue de Trente ;
  4. un écrit sur Aristote, intitulé : De substantia et modis ejus ;
  5. une Instruction, en français, pour MM. de Lansac et de Lisle, ambassadeurs à Rome et au concile. On a prétendu que le livre intitulé : De ritibus Ecclesiœ catholicœ libri très, publié sous le nom de Jean-Estienne Duranti, Rome, 1591, in-8°, était tout entier de la composition de Danes, et qu'à sa mort, le président Duranti, ayant acheté sa bibliothèque et ses papiers, s'était approprié le manuscrit de l'ouvrage, et l'avait fait imprimer sous son nom. Dupin (Journal des savants, mai 1702) et l'abbé Tricaud, dans ses Essais de littérature du mois de juillet de la même année, se sont prononcés pour la négative. P. H. Danes leur a répondu par une dissertation insérée dans le recueil précité. Ses raisons ne sont que des présomptions, et, probablement, la question ne sera jamais parfaitement décidée. Personne, au surplus, ne s'est aperçu que Duranti lui-même cite Danes, au liv. 2, chap. 5 de ce livre. Gujus loci, dit-il, alias me admonuit Danes, Vaurensis episcopus, homo doctrina atque optimarum artium studiis eruditus.

On a encore de Danes une édition de Justin, Florus, Sextus Rufus, Paris, 1519, in-folio, et quelques autres pièces que l'on trouvera énoncées dans les Mémoires de Niceron.

Quelques écrivains prétendent qu'il est auteur du 10e livre de l'histoire de Paul Émile (historien) ; du moins Michel de Vascosan disait en avoir reçu de sa main le manuscrit. Il corrigea le texte des Physica scholia d'Alexandre d'Aphrodise, imprimés à Venise par Trincavel, 1536, in folio, et il aida beaucoup Georges de Selve dans sa Traduction de Plutarque. L'abbé Nicolas Lenglet Du Fresnoy lui attribue deux Apologies pour Henri II, contra Cœsarianos ; mais il les a peut-être confondues avec celle de François Ier.

La vie de Danes, par son parent, se trouve, comme nous l'avons dit, en tête de ses opuscules, ainsi que son oraison funèbre prononcée par Genebrard, un de ses disciples, et plusieurs épitaphes faites en son honneur. L'auteur y a joint tous les témoignages en faveur de l'évêque de Lavaur, et une dissertation particulière sur la famille de Danes.

Niceron, t. 19 de ses Mémoires, et l'abbé Goujet dans ceux qu'il a donnes sur le collège de France, n'ont presque fait que copier la vie que nous venons d'indiquer : Launoy (Hist. Gymnas. Navarr., p. 720) a consacré aussi un article à Danes.

Voir aussiModifier

BibliographieModifier

  • Abrégé de la vie du célèbre Pierre Danes, ambassadeur du roy François I. au concile de Trente, évesque de Lavaur, précepteur & confesseur de François II &c. Mort le 23 avril 1577. Avec deux mémoires sur les principales actions de Jacques Danes, parent du premier, évêque de Toulon, Maître de l'oratoire du roy, conseiller d'état ordinaire, &c, décédé à Paris en odeur de sainteté le 5 juin 1663 (1662), chez Quillau, Paris, 1731 (lire en ligne)
  • Compte-rendu de Abrégé de la vie du célèbre Pierre Danes, ambassadeur du roy François I. au concile de Trente, évesque de Lavaur, dans Journal des Sçavans, mars 1732, p. 136-141 (lire en ligne)
  • Olivier Reverdin, Les premiers cours de grec au Collège de France, ou, L'enseignement de Pierre Danès d'après un document inédit, Presses universitaires de France, Paris, 1984 (ISBN 978-2-13038156-3)

Articles connexesModifier

Liens externesModifier