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Pierre Bureau

Page d'aide sur l'homonymie Pour les articles homonymes, voir Bureau.
Pierre Bureau
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Religion

Pierre Bureau, (né à Dreux - mort en 1723), est un ecclésiastique français.

Sommaire

BiographieModifier

EducateurModifier

Il est l'éducateur, comme précepteur ecclésiastique du jeune Michel Chamillart[1]. On connait le rôle de Bureau uniquement par rapport aux liens qu'il entretenait avec son ancien élève. En 1707, il écrit au contrôleur général pour lui rappeler sa promesse d'un petit bénéfice ; entre les lignes de cette lettre[2] Chamillart rédige un mot à l'attention du Père François d'Aix de La Chaise : Je vous supplie de bien faire vouloir souvenir le roy de la très humble prière que j'ay faite à Sa Majesté en faveur du Sieur Bureau, curé et doien rural de Laval, qui a esté mon précepteur....

Problème de la double cureModifier

Il est nommé curé de la Trinité de Laval en 1674. Il songe aussitôt à faire cesser l'abus de la double cure qui existait alors. Des démêlés avaient déjà eu lieu entre ses deux prédécesseurs. Ils recommencent avec lui.

Ses sollicitations déterminent l'autorité ecclésiastique à reprendre sérieusement une question plusieurs fois sans doute abordée, puis abandonnée sans solution car difficile à trancher. L'évêque n'avait point la présentation des deux parties de la cure ; ce droit appartenait par moitié à l'abbé de la Couture du Mans et au chapitre de la cathédrale du Mans. Il fallait les amener tous deux à consentir à une diminution de leurs prérogatives ou les indemniser en leur offrant un privilège équivalent.

L'évêque obtint d'abord, en cour de Rome, un décret d'union des deux portions du bénéfice. Il avait la présentation de la cure d'Ahuillé il y nomme M. Pouteau, l'un des titulaires de la Trinité (1687). Ensuite, il décréta que désormais cette dernière paroisse n'aurait plus qu'un curé; il abandonna au chapitre de la cathédrale son droit de présentation à la cure d'Ahuillé et convint avec l'abbé de la Couture que la présentation à celle de la Trinité leur appartiendrait alternativement.

Problème de la Fête-DieuModifier

M. Bureau demeure dès lors seul curé; mais il eut encore à lutter. Il est pénétré de l'idée que les privilèges et prééminences du chapitre de Saint-Tugal n'étaient que des usurpations sur le clergé de la Trinité; il entreprit de rendre à celui-ci le rang qu'il croyait lui être dû. Dans ce but il fait changer en 1689 l'ordre de la procession de la Fête-Dieu, réglé par un concordat de 1597 et fait reprendre l'ancien usage de se rendre sous les Halles pour y entendre le sermon. La poupulation aimait beaucoup cet usage; mais le chapitre, on ne sait pourquoi, n'était pas du même avis.

Pierre Bureau se résolut aussi de ne plus assister avec le chapitre à d'autres processions que celles de la Fête-Dieu et des Hameaux, tant qu'on ne donnerait pas à son clergé une place plus honorable. Le chapitre alors voulut cesser de se trouver à la procession de la Fête-Dieu; mais le curé de la Trinité obtient une ordonnance qui lui enjoignit d'y aller comme par le passé (1691). Il y eut aussi des difficultés au sujet de l'enterrement des nobles.

Saint-Tugal prétendait que le droit de les inhumer lui appartenait en vertu d'une charte[3] et qui lui attribuait en effet ce privilège pour les chevaliers; mais M. Bureau soutenait qu'il n'y avait plus de chevaliers dans le sens de l'acte de 1255; nouveau procès.

Ces débats durèrent jusqu'à la mort de M. Bureau et ne reçurent jamais de solution définitive. Pour Couanier de Launay, le récit détaillé de ces démêlés ne présentent aujourd'hui aucun intérêt. Il indique reprenant une remarque d'Isidore Boullier que Que nos lecteurs, dit-il, ne se scandalisent pas de ces querelles. Il ne faut pas les juger d'après les idées de notre siècle, mais d'après les manières de voir des temps où elles avaient lieu. On attachait alors une extrême importance aux droits honorifiques.

FactumModifier

Au cours de ses démêlés avec Saint-Tugal et pour le soutien de sa thèse M. Bureau écrivit un volumineux factum pour lequel il s'était livré à de grandes recherches et qui contenait des renseignements importants sur l'histoire religieuse de Laval. Charles Maucourt de Bourjolly avait pu le consulter et lui fait de précieux emprunts. Bourjolly y indique que le docteur M. Pierre Bureau, curé de la Trinité, a prétendu prouver par un factum qu'il fit imprimer contre le curé de Saint-Tugal, lors du décès de l'écuyer Christophe de Coypel[4], que la cure de Prits et celle de la Trinité n'estaient anciennement qu'une même chose.....

Isidore Boullier indique que l'on voit à la marge du manuscrit la date de 1696. La sépulture de Christophe de Couespel est l'occasion d'un procès dans lequel le curé de la Trinité et le chapitre de Saint-Tugal reprirent toutes les contestations qui les avaient divisés à diverses époques, et dans lequel intervinrent le chapitre de Saint-Michel et les paroisses de Saint-Vénérand, d'Avenières et de Grenoux. Ce procès fut pendant au parlement et à l'officialité durant plus de 30 ans. Il n'a même jamais été terminé, car aucun jugement délinilif ne fut rendu sur le fond. Il y eut seulement des arrêts provisoires auxquels on s'en tint.

Tempête de 1701Modifier

En 1701, la tempête de vent du 2 février abat 40 pieds de la haute charpente de la nef de son église. Une partie s'écroule sur la voûte, l'autre sur une maison voisine[5]. La voûte de la Trinité ne s'écroule pas[6]. On retrouve la relation[7] de cet évènement dans l'ouvrage d'Isidore Boullier, Recherches historiques sur l’église et la paroisse de la Trinité de Laval, Laval, 1845, p. 310-313. Des actes de décès concernent trois femmes[8] tuées lors du mouvement de panique de la foule. Il est probable que d’autres personnes encore sont décédées plus ou moins longtemps après cette journée, des suites de leurs blessures.

SuccessionModifier

Mgr de Tressan appréciant le mérite de son prêtre le nomma vicaire général pour Laval, en 1711. Mgr du Crévy ne le maintint pas dans ces fonctions. Devenu infirme en 1720, Pierre Bureau songea à se donner un digne successeur. Il appela près de lui en qualité de vicaire, François-Ambroise Fréard, curé de Grenoux; et plus tard il résigna sa cure en sa faveur.

BibliographieModifier

  • Mémoire pour Me Pierre Bureau,... curé de la Trinité de Laval et doyen dudit Laval,... contre les habitants et marguilliers de la même paroisse de la Trinité de Laval... Douan, 1707[9].
  • Factum pour les directeurs de l'hôpital général et administrateurs de l'Hôtel-Dieu de Laval, demandeurs en délivrance de legs,... contre Sébastien Frin, sieur du Coudray, et autres héritiers de Robert Frin, sieur des Touches, décédé en Espagne,... et Me Pierre Bureau, curé de la paroisse de la Trinité de Laval, intervenant, Arrault.

Notes et référencesModifier

  1. Faveur et pouvoir au tournant du grand siècle: Michel Chamillart, ministre de Emmanuel Pénicaut. Bureau était sans doute lié aux grands oncles de Chamillart.
  2. Archives nationales G 527, lettre de l'abbé Bureau à Chamillart, le 7 août 1707.
  3. Décret de Geoffroy Freslon.
  4. Il s'agit de Christophe de Couespel, qui était un gentilhomme d'extraction, mais très-pauvre. Il mourut en 1692.
  5. Tous les habitants de la paroisse étaient en ce moment à la grand'messe que célébrait le curé Pierre Bureau. Ils s'épouvantèrent ; 3 000 personnes se lèvent, se poussent, se précipitent pour sortir de l'église, persuadées qu'elle va s'écrouler. Le prêtre cependant, toujours à l'autel, tantôt s'efforçait de rassurer la multitude ou de l'engager du moins à ne sortir qu'avec ordre, tantôt se prosternait devant le Saint-Sacrement et le suppliait de détourner les malheurs réels qu'allait causer la précipitation insensée de la foule, en voulant fuir un péril imaginaire. On ne commande pas à la peur. Les paroissiens parvinrent à quitter l'église; mais pendant que le courageux pasteur achevait le Saint-Sacrifice, on releva trois cadavres écrasés. Beaucoup de personnes furent grièvement blessées, deux moururent dans l'après-midi. Quelques-unes succombèrent les jours suivants.
  6. On ne s'aperçoit même pas d'abord qu'elle est endommagée, mais un peu plus tard on découvre une fissure le long de l'arc doubleau transversal de la travée du milieu. Il faut le solidifier par deux fois. La réparation des dégâts coûte 3 000 livres aux paroissiens.
  7. Le deuxième jour de février mil sept cent et un jour de la Purification de la Sainte Vierge il s'est elevé dans l'air un furieux orage venant du costé de la Bretagne, passa par Rennes, Victré, cette ville de Laval, Le Mans, Paris jusques à Strasbourg et dans l'Allemagne ; sa force se fit ressentir à Rennes sur les dix heures du matin, à Laval sur les dix heures et demie qui coupa environ quarante piedz de couverture et la charpente de cette église au-dessus de la voûte du bas de l'église et des fonds, le pignon resista à la violence et retint huit à dix pieds de la couverture et de la charpente qui y estoient attachés. Une partie tomba sur la voûte qui y résista et l'autre sur une maison voisine. L'église estoit alors remplie de monde pour la solennité du jour. Me Pierre Bureau docteur de Sorbonne et curé disoit la grande messe, sur le point de chanter la Preface, lorsque le bruit de la chute de la couverture jetta l'epouvante dans toutte la nef et chascun courant à la grande porte pour se sauver la foulle empescha de l'ouvrir et elle fut si grande à la petite porte de la grande que plusieurs personnes y furent foulés aux piedz ; trois y perdirent la vie et d'autres fort incommodés. M. le curé ne quitta point l'autel ; tantost il elevoit la voix pour rassurer le monde tantôt il se prosternoit devant le Saint Sacrement, prioit à l’exemple de Moyse et ensuitte il continua la sainte messe.
  8. [1]
  9. [2]

Sources partiellesModifier