Pedro de Ribadeneyra

Pedro de Ribadeneyra
Description de cette image, également commentée ci-après
Portrait de Ribadeneyra (par Théodore Galle)
Nom de naissance Pedro Ortiz de Cisneros
Naissance
Tolède Drapeau de l'Espagne Espagne
Décès
Madrid Drapeau de l'Espagne Espagne
Nationalité espagnole
Pays de résidence Espagne, Rome
Profession
Activité principale
Enseignant, prédicateur, écrivain
Autres activités
Commissaire aupès des autorités civiles
Formation
Lettres, philosophie et théologie

Compléments

Ribadeneyra fut un des plus proches collaborateurs de saint Ignace de Loyola

Pedro de Ribadeneyra (né Pedro Ortiz de Cisneros), né le à Tolède, Espagne et décédé le , Madrid était un prêtre jésuite espagnol, proche collaborateur de saint Ignace de Loyola, sans cependant appartenir au groupe des fondateurs de la Compagnie de Jésus. Célèbre pour sa Vie de Loyola (1572), il est envoyé à Rome dans son enfance, et admis à l'âge de quatorze ans dans la Compagnie de Jésus.

BiographieModifier

Page dans la suite du cardinal Alexandre Farnèse qui l'emmène de Tolède à Rome, le jeune Pedro prend la fuite et se réfugie dans la maison des premiers compagnons jésuites, à Rome. Le , quelques semaines avant l'approbation officielle de la Compagnie de Jésus par le pape Paul III, il est admis comme novice. Sa formation spirituelle et académique le conduit à Louvain (1542-1543), Rome (1543-1545) et Padoue (1545-1549). Pendant trois ans - à partir de 1549 - il enseigne la rhétorique au collège de Palerme. A la fin de se études de théologie à Rome il y est ordonné prêtre le .

En 1555, Ignace de Loyola, Supérieur général, l'envoie dans les Pays-Bas méridionaux, alors sous domination espagnole, où il introduit le nouvel ordre religieux (les Jésuites) auprès des autorités. Après ce séjour, il part pour l'Angleterre (1558) après un court intermède à Rome (1557) et en Flandres. À l'occasion de cette pérégrination, il assiste à la mort de la reine Marie Tudor et écrit Historia Ecdesiastica del scisma del Reyno de Inglaterra (1588–1594), rééditée à de multiples reprises. Il fut envoyé par saint Ignace aux Pays-Bas méridionaux pour y « déclarer » les Constitutions jésuites et contribua, grâce à ses contacts à la cour d'Espagne, à obtenir la reconnaissance des jésuites dans les pays du Nord. Après le décès de saint Ignace (en 1556) il fut un de ses premiers biographes, et historien des premières années de la Compagnie de Jésus.

Ribadeneyra est alors nommé provincial des jésuites en Toscane (1560), puis transféré en Sicile (1563) et de nouveau en Flandres. Après l'élection d'Everard Mercurian en tant que 4e supérieur général de la Compagnie de Jésus, il est contraint de retourner en Espagne, ce qu'il accepte avec réticences. Il ne cesse de demander sa réaffectation en Italie, ce qui lui est refusé, et s'installe finalement à Madrid en 1574, où il demeure jusqu'à sa mort le .

ÉcritsModifier

  • Ribadeneyra écrit une Vie de Loyola en 1572, en latin, la traduisant en espagnol en 1583. Utilisant largement le Récit du pèlerin autobiographique du saint fondateur des Jésuites, cette œuvre fut rapidement traduite dans d'autres langues européennes.
  • le Tratado de la religión y virtudes que debe tener el príncipe cristiano para gobernar y conservar sus Estados. Contra lo que Nicolás Machiavelo y los políticos de este tiempo enseñan (Madrid, 1595)[1],
  • Les Fleurs des vies des saints
  • une Vie de Lainez,
  • une Vie de S. François Borgia
  • une Vie de Salmeron,
  • la Bibliothèque des écrivains jésuites (en latin), (Lyon, 1609).

NoteModifier

  1. Ce traité fait de Ribadeneyra un des premiers représentants hispaniques de la littérature anti-machiavélienne, s'opposant à des auteurs du baroque espagnol tels que notamment le plus tardif Baltasar Gracián, lui aussi jésuite. Sa dénonciation de la raison d'État machiavélienne est cependant plus équivoque qu'elle n'y paraît, puisque, s'il refuse au Prince le droit de mentir, il ajoute immédiatement après qu'un certain nombre de propos équivoques sont permis dans certains cas et ne doivent pas être considérés comme du mensonge. D'une certaine façon, il préfigure ainsi le développement de la casuistique jésuite, dénoncée un demi-siècle plus tard par Pascal dans Les Provinciales (1656-1657).

Liens externesModifier