Pars pro toto

Pars pro toto, expression latine désignant « une partie pour le tout », est une figure de style dans laquelle le nom d'une partie d'un objet, d'un lieu ou d'un concept représente son intégralité. Il est distinct d'un mérisme (en) qui est la division d’un sujet, d’un point à traiter en ses diverses parties ; de la métonymie qui remplace un concept par un autre avec lequel il est en rapport par un lien logique (pars pro parte, « une partie pour une autre partie »). Il s'agit d'une synecdoque particularisante[1] pour laquelle la relation entre le terme donné et le terme évoqué constitue une inclusion ou une dépendance matérielle ou conceptuelle.

En archéologie, l'amputation de fragments d'artéfacts s'interprète parfois comme une pars pro toto, prélèvement permettant de s'approprier symboliquement l'objet[2].

ExemplesModifier

Les proues de Marine désignent des navires. La Hollande fait référence aux Pays-Bas alors qu'elle est seulement une partie du Pays-Bas. Cent têtes de bétail signifient un troupeau de cent animaux.

D'après l'évangile selon saint Luc[3] relatant la Nativité, Jésus est né dans une étable, terme qui ne se traduit pas[4] par « hôtellerie », « auberge » ou « relais de caravansérail » mais désigne plus probablement la chambre prévue pour les hôtes, ce qui suggère que la Sainte Famille logeait chez des proches[5],[6]. L'évangile utilise le terme grec φάτνῃ, « phatnê », traduit en latin dans la Vulgate par praesepium[7] qui désigne l'étable à l'étage inférieur d'une maison israélite ou en plein air dans sa cour (une famille de condition moyenne y abritant la nuit un âne, une vache ou quelques moutons), mais aussi la stalle d'une étable, le râtelier ou la mangeoire selon le principe du pars pro toto.

Notes et référencesModifier

  1. Une synecdoque consiste à exprimer le tout pour la partie (inclusive, généralisante) ou la partie pour le tout (restrictive, particularisante).
  2. L'Archéologie funéraire, Éditions Errance, , p. 94
  3. Lc 2,8-20
  4. L'évangile utilise le terme de pandocheion pour désigner cet établissement commercial. Source : (en) Kenneth E. Bailey, Jesus Through Middle Eastern Eyes : Cultural Studies in the Gospels, InterVarsity Press, , p. 32.
  5. René Laurentin, Les évangiles de l'enfance du Christ. Vérité de Noël au-delà des mythes : exégèse et sémiotique, historicité et théologie, Desclée, , p. 225
  6. (en) Gerald L. Borchert, Jesus of Nazareth. Background, Witnesses, and Significance, Mercer University Press, , p. 124
  7. Du latin prae, « devant » et saepire, « ceindre », ce terme désigne originellement l’enclos pour les animaux.