Parasites du livre

Les parasites du livre aussi nommés vers du livre ou poux du livre, désignent tout insecte dont la forme larvaire ou adulte endommage des livres en rongeant la reliure ou en perçant les pages par des petits trous. On y inclut également certains champignons, rats et souris.

Contrairement à leur nom ils ne sont ni des vers, ni des poux, mais divers types d’insectes ou de champignons. Aucune espèce spécifique ne peut être appelée « ver ou pou de livre », car il existe de nombreux insectes d'espèces différentes qui se nourrissent des constituants du cuir et du papier et ainsi endommagent des livres. Parmi les plus communs des insectes bibliophages on trouve : la vrillette, le poisson d'argent, le psoque, la termite et le cafard. Aux yeux des profanes, ces insectes ressemblent à des vers ou des poux.

Un risque d'infestation pour les bibliothèques, musées et archives par ces insectes est permanent et grave : toute une collection de livres rares peut être détruite rapidement. Les utilisateurs eux-mêmes peuvent être vecteurs de l'introduction des nuisibles (en particulier les punaises des lits) dans une bibliothèque[1].

La prévention de la biodégradation des documents et les moyens d'éradication des insectes sont très coûteux et leur mise en œuvre difficile.

Ver du livre (Tineola bisselliella).
Pou du livre (Phthiraptera).

Dégâts provoqués par les vers du livreModifier

Nombreux sont ceux qui, au fil des siècles, ont observé l'existence d'insectes nuisibles aux livres et documents de bibliothèque et en ont parlé dans leurs ouvrages. Il y a 2 300 ans, Aristote, dans son Histoire des animaux, écrivait : « Dans les livres aussi, il y a des animalcules, certains semblables aux larves que l'on trouve dans les vêtements, d'autres à des scorpions sans queue, mais très petit. »[2] Son scorpion sans queue était probablement le scorpion des livres Chelifer cancroides.

La plupart des insectes non-larvaires se nourrissent du cuir ou des reliures en tissu du livre, de la colle utilisée dans le processus de reliure, mordillant les bords du papier ou mangeant les champignons qui se sont développés sur le livre. D'autres, comme les termites, les fourmis charpentières et les coléoptères xylophages infectent les étagères sur lesquelles se trouvent les livres et peuvent s'en nourrir.

Les espèces d'insectes bibliophages ne sont pas forcément les mêmes partout dans le monde, mais d'une manière générale leurs habitudes, leur cycle de vie et les dommages qu'ils provoquent peuvent être repérés et décrits en dépit de différences mineures.

Au XXe siècle les matériaux de reliure modernes ont permis de contrecarrer une grande partie des dommages causés aux livres par divers types d'insectes adultes. Mais le problème posé par les larves demeure.

Espèces nuisibles pour les livresModifier

Il y a des milliers d'espèces d'insectes qui sont capables d'endommager ou détruire des livres. Ci-dessous se trouve une courte liste des espèces que l'on observe fréquemment dans les bibliothèques, musées et archives des zones géographiques tempérées.

IdiotismeModifier

Idiotismes : Le rat de bibliothèque, bookworm, Büchwürm, etc.

Traitements pour l’éradication des vers du livreModifier

La lutte contre les bibliophages est permanente et les tentatives d'éradication des espèces qui ont survécu plusieurs millions d'années sans encombre sont nécessairement de portée limitée et provisoires. Au XIXe siècle des pesticides étaient utilisés pour protéger les livres de ces insectes. Les produits chimiques qu'elles contenaient, par exemple :

sont toxiques et des précautions doivent être prises lors de la manipulation des volumes anciens, en particulier s'ils présentent des décolorations ou des taches pouvant être l'indice d'un traitement appliqué antérieurement. Fort heureusement, certaines préparations anciennes — à base d'huiles diverses, de camphre, de kérosène, de formaline, de créosote, de poudre de pyrèthre, de thymol et de térébenthine — se seront déjà dissipées. Toutefois, quelques produits chimiques parmi les plus toxiques, tels que l'arsenic, le chlorure mercurique, le fluorure de sodium, le fluosilicate de sodium et la strychnine, peuvent demeurer à l'état de dépôts sur les objets.

Les musées et les universités qui souhaitent préserver leurs archives sans utiliser de pesticides se tournent souvent vers le contrôle de la température[6],[7]. Les livres peuvent être conservés à basse température pour empêcher les œufs de couver ou placés dans un congélateur pour tuer les larves et les adultes. L'idée a été empruntée aux pratiques commerciales de stockage des aliments, car il s'agit souvent des mêmes organismes nuisibles.

Les moyens de prévention élémentaires sont :

  • La limitation des sources de nourriture dans le bâtiment : interdiction pour les usagers de consommer sur place ; s'il y a un lieu de restauration, il doit être totalement à l'écart de la zone « livres ».
  • La limitation des possibilités d'introduction d'insectes par l'arrivée de nouveaux livres ; carton d'emballage écarté (poisson d'argent).
  • Le contrôle de l'humidité.
  • Le contrôle de la température.
  • Le filtrage de l'air pour éliminer les spores.

Notes et référencesModifier

NotesModifier

  1. Ptine sur Wiktionnaire.

RéférencesModifier

  1. Clément Solym, « Les punaises de lit envahissent la bibliothèque Alcazar de Marseille », sur Actu Litté : les univers du livre, .
  2. Aristote, « Histoire des animaux », sur L'antiquité grecque et latine du moyen âge.
  3. (en) Richard E. White, « The Mexican Book Beetle, Catorama herbarium, Established in the United States (Coleoptera: Anobiidae) », Annals of the Entomological Society of America, vol. 56, no 3,‎ , p. 280-285.
  4. Alain Fravel, « Les Psocoptères », Insectes, no 149,‎ , p. 27-30 (lire en ligne).
  5. Flieder et Duchein 1974, p. 226.
  6. Strang, « A Review of Published Temperatures for the Control of Pest Insects in Museums », p. 3
  7. (en) Kenneth Nesheim, « The Yale Non-toxic Method of Eradicating Book-eating Insects by Deep-freezing », Restaurator : International Journal for the Preservation of Library and Archival Material, vol. 6, nos 3-4,‎ , p. 147-164 (e-ISSN 1865-8431, présentation en ligne).

BibliographieModifier

  : document utilisé comme source pour la rédaction de cet article.

  • Jules Cousin, L'organisation et l'administration des bibliothèques publiques et privées : Manuel théorique et pratique du bibliothécaire, Paris, A. Durand et Pedone-Lauriel, , 392 p. (lire en ligne).
  • (en) John Francis Xavier O'Conor, Facts About Bookworms : Their History In Literature And Work In Libraries, New York, F.P. Harper, , 99 p. (disponible sur Internet Archive).
  • Françoise Flieder et Michel Duchein, « La désinfection des documents d'archives attaqués par les microorganismes et les insectes », La Gazette des archives, no 87,‎ , p. 225-237 (DOI https://doi.org/10.3406/gazar.1974.2397).  .
  • Thomas A. Parker, Lutte intégrée contre les agents de détérioration biologique dans les bibliothèques et les archives, Paris, UNESCO, , 62 p. (lire en ligne).  .
  • Jean-Paul Oddos (dir.), La Conservation : Principes et réalités, Éditions du cercle de la librairie, coll. « bibliothèques », , 405 p. (ISBN 978-2-7654-0592-4).
  • (en) David Pinniger, Pest management in museums, archives and historic houses, Londres, Archetype, , 115 p. (ISBN 1-873132-86-7).
  • Raphaële Mouren (dir.), Manuel du patrimoine en bibliothèque, Paris, Éditions du cercle de la librairie, coll. « bibliothèques », , 416 p. (ISBN 978-2-7654-0949-6).
  • (en) « Restaurator : International Journal for the Preservation of Library and Archival Material », sur De Gruyter

Voir aussiModifier

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Articles connexesModifier

Liens externesModifier