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Nicole Elgrissy
Description de cette image, également commentée ci-après
Nicole Elgrissy lors d'une soirée sur le thème de son livre La Renaicendre.
Naissance
Casablanca (Drapeau du Maroc Maroc)
Activité principale
Auteur
Langue d’écriture Français

Œuvres principales

  • La Renaicendre (mémoires, 2010)
  • Dames de cœur sur le carreau (roman, 2015)
  • Si c'était à refaire... (roman, 2016)

Nicole Elgrissy Banon, née le 23 septembre 1958 à Casablanca (Maroc), est une écrivaine et militante marocaine.

Sommaire

Enfance et carrière antérieureModifier

Nicole Elgrissy est née au Maroc, à Casablanca, dans une famille juive séfarade originaire d’Essaouira. Son nom patronymique vient de Oued El Ghriss, un fleuve du Maroc saharien qui prend sa source dans le Haut Atlas oriental, et une rue porte son nom à Essaouira. Son père, Robert Elgrissy, est un employé de la CTM[1] titulaire du Wissam alaouite, tandis que sa mère, Simone Cohen, est femme au foyer. Élevée dans une famille marocaine traditionnelle et patriote, son enfance paisible au sein de l'école Le Nid est marquée par la guerre des Six Jours, l’exode massif de la communauté juive marocaine et le départ de tous les siens. Face au refus catégorique de son père de quitter le Maroc, Nicole poursuit ses études au sein du lycée Lyautey dont elle ressortira diplômée d'un baccalauréat G3 en techniques de commercialisation. Elle poursuit ses études en France, à l'université Paris Nord et obtient un DUT en gestion des entreprises et des administrations en 1978.[réf. nécessaire]

Après avoir reçu son diplôme, elle revient vivre au Maroc et entame une carrière dans le domaine du marketing, de la communication et de l'événementiel de 1979 à 2008. Nicole est souvent marquée par les multiples hillouloths (moussems ou pèlerinages) tenues au Maroc, pendant lesquelles elle observe de près ces Juifs marocains expatriés aux quatre coins du monde, revenir au Maroc pour renouer avec leurs racines. "La culture des pèlerinages de saints ou tsadikkims est profondément ancrée dans l’enfance de chaque juif né au Maroc" dit-elle, "le Maroc étant le seul pays au monde dans lequel sont enterrés près de 700 saints juifs, surveillés toute l’année par des gardiens musulmans."[réf. nécessaire]

Nicole est également confrontée à l’ingénuité d’une partie de la jeunesse marocaine musulmane qui semble tout ignorer de la présence millénaire des Juifs en Afrique du Nord, ayant leur vision complètement modelée par le conflit israélo-palestinien. La question de cette immigration massive |qui a littéralement changé la société marocaine et ses conséquences forge sa future carrière littéraire[2].

Carrière littéraireModifier

Ce n’est qu’a l’âge de cinquante ans, alors qu’elle était alitée à la suite d'une maladie, que son amie, la poétesse Fatima Chahid, l'encourage à se mettre a l’écriture, afin qu’elle puisse partager avec la jeunesse de son pays son histoire[3]. Consciente d'être dépositaire d'une mémoire qui risque de disparaitre, elle rédige, comme sous une situation d'urgence, son premier livre, La Renaicendre ou Mémoires d’une Marocaine juive et patriote[4]. Dans un style qui lui est propre, tantôt sarcastique, tantôt amer[1], elle y relate son enfance, marquée par un patriotisme et un amour profond pour les rois alaouites, la joie de vivre et la symbiose entre les juifs et les musulmans, la création de l’État d’Israël, la montée du sionisme et du panarabisme qui ont sonné le glas de cette communauté[4],[5]. Elle ne ménage pas ses mots pour décrire la déchirure de l’exil et la disparition de la communauté juive du Maroc, ainsi que l’éternel questionnement des musulmans marocains sur les raisons de ce départ. Elle distille les spécificités culturelles des Marocains, leur attachement aux traditions et à leur culture, l’importance primordiale de la famille et les relations familiales et maritales. Mais elle analyse également le désarroi, le déracinement et l’éternel retour aux sources de personnages juifs et musulmans vivant dans la diaspora inspirés de ses propres connaissances[6].

Son livre est publié aux Éditions Afrique Orient et est distribué au Maroc en 2010. La sortie de son livre s'inscrit dans un contexte où le monde académique et cinématographique marocain connait un élan d'intérêt pour le judaïsme marocain, en particulier avec la création d'une association d'étudiants de l'université Al Akhawayn, appelée Association Mimouna, dédiée à préserver l'héritage judéo-marocain, et la sortie des films relatant la question de l'exode des juifs dans les années 1960, Adieu mères de Mohamed Ismaïl , Où vas-tu Moshé? de Hassane Benjelloun[7], Tinghir-Jérusalem : les échos du Mellah de Kamal Hachkar[8] , etc. Si le témoignage de Juifs marocains concernant cette période ne manquent pas, c'est la première fois que ce sujet est débattu aussi ouvertement sur la scène marocaine par une personne issue de cette communauté. Malgré un litige avec sa maison d'édition, elle lance un nouvel opus, La Renaicendre, 6 ans plus tard en format ebook sur Amazon Kindle. En 2015, elle est interviewée lors d'un documentaire produit par Al Jazeera intitulé Return to Morocco, discutant des juifs marocains qui n'ont jamais quitté le Maroc ainsi de ceux qui sont revenus[9]. Elle écrit également plusieurs romans abordant le thème des femmes marocaines juives et musulmanes, dont Si c'était à refaire... en 2016[10].

BibliographieModifier

  • La Renaicendre (mémoires, 2010)
  • Dames de cœur sur le carreau (roman, 2015)
  • Si c'était à refaire... (roman, 2016)

RéférencesModifier

  1. a et b http://www1.alliancefr.com/uncategorized/renaicendre-l-histoire-d-une-marocaine-juive-et-patriote-509790
  2. https://www.youtube.com/watch?v=UGQuIxR0kiI&t=5s
  3. Amine Harmach, « Nicole Elgrissy Banon, une Juive marocaine qui livre ses mémoires », Aujourd'hui le Maroc,‎ (lire en ligne)
  4. a et b « “La Renaicendre” Mémoires d’une Marocaine juive et patriote de Nicole Elgrissy Banon », La Nouvelle Tribune,‎ (lire en ligne)
  5. « La Renaicendre ou mémoires d'une Juive marocaine et patriote », Le Matin,‎ (lire en ligne)
  6. « Premier ouvrage de Nicole Banon : «La Renaicendre : Mémoires d’une Marocaine, juive et patriote» », Libération,‎ (lire en ligne)
  7. « Le Maroc confronte son passé juif à travers le cinéma », Dafina.net,‎ (lire en ligne)
  8. Christelle Marot, « Un film sur le départ des juifs marocains vers Israël fait polémique », La Croix,‎ (lire en ligne)
  9. « Al Jazeera World - Return to Morocco », sur YouTube (consulté le 13 janvier 2017)
  10. « Si c’était à refaire”, nouveau roman de Nicole Elgrissy », LeSiteInfo,‎ (lire en ligne)

Voir aussiModifier